Crime organisé international : une facture à 713 milliards d'euros

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Ciudad Juarez, ville la plus dangereuses du Mexique, en proie aux fusillades, assassinats, a la criminalite, guerre entre gangs et cartels de narco trafiquants rivaux pour le controle du trafic de la drogue a destination des Etats Unis. Copyright Reuters
Tel est le constat fait lundi par l'Office des Nations Unis contre la drogue et le crime (UNODC), qui appelle à davantage de coopération entre les Etats.

Voilà qui fait froid dans le dos. Lundi, lors d'une conférence sur la criminalité organisée transnationale à Vienne, Yury Fedotov, à la tête de l'Office des Nations Unis contre la drogue et le crime (UNODC), a estimé que le coût du crime organisé international pèserait quelques 713 milliards d'euros (870 milliards de dollars). A titre de comparaison, cela représente 1,5% du PIB mondial.

Prostitution, exploitation forestière illégale, drogues, trafic d'armes, contrefaçon, piraterie maritime... Yury Fedotov s'est fait l'écho d'une industrie de plus en plus sophistiquée, particulièrement opportuniste, et a appelé les états à davantage de coopération pour endiguer ce fléau. Parmi les cibles privilégiées par l'UNODC figure notamment le trafic illégal de migrants. Et pour cause : d'après l'agence, ses revenus avoisineraient les 6,75 milliards de dollars par an, "rien que le long des deux routes principales utilisées pour ce trafic - respectivement de l'Afrique de l'Est, du Nord et de l'Ouest vers l'Europe et de l'Amérique du Sud vers l'Amérique du Nord".

Une industrie en pleine intégration

Si l'agence s'alarme de la sorte, c'est surtout parce qu'avec la crise, le crime organisé international a continué à prospérer. Dans leur ouvrage paru en mai 2012 (Crime, trafics et réseaux, géopolitique de l'économie parallèle, édition Ellipses), l'historien-ethnologue Michel Koutouzis et le docteur en géographie pascale Perez font ce constat : "Les crises économiques et financières à répétition ont accéléré l'intégration de ces trafics et de leurs bénéfices, créant un espace mixte d'économie et d'échanges qui rend d'autant plus difficile l'identification de ces nouveaux réseaux."

"La menace n'est pas seulement économique"

En 2010 déjà, l'ONUDOC pointait ce problème. "La criminalité est devenue mondiale, a atteint une dimension macro-économique et pose une sérieuse menace pour la paix et même pour la souveraineté des nations", soulignait à l'AFP York Antonio Maria Costa, le prédécesseur de Yury Fedotov. Car contrairement à ce qu'on pourrait croire, "la menace n'est pas seulement économique", poursuivait-il, arguant que "les profits tirés du crime et la menace d'utiliser la force, permettent aux criminels d'influencer des élections, des politiciens et même des militaires".

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a écrit le 17/10/2012 à 17:22 :
Question : avec quelles données,quelles équations évalue-t-on le poids financier du crime organisé sachant que par nature il est avant tout souterrain,clandestin?
a écrit le 16/10/2012 à 18:55 :
Seule une politique de confiscation systématique des avoirs criminels permettra d'enrayer le développement de ces marchés criminels http://www.grasco.eu
a écrit le 16/10/2012 à 15:52 :
On fait des beaux rapports sur le coût du dérèglement climatique qui est semble-t-il comparable à celui de la criminalité ceci pour justifier des mesures contraignates sur le CO² etc. Par contre contre la criminalité internationale on a l'impression qu'on se presse "lentement" serait-ce du au fait que ces mafias sont des" investisseurs" qui font vivre les paradis fiscaux les financiers et leurs valets parasites les avocats d'affaires internationaux
Réponse de le 16/10/2012 à 16:26 :
Votre remarque est judicieuse, Gabuzo. Et c'est exactement ce qui s'est passé lorsque les dirigeants sont tombés lors des révoltes du printemps arabe : les investigations bancaires ont finalement été arrêtées car les circuits étaient les mêmes que ceux utilisés par les fraudeurs "honnêtes" ayant pignon sur rue. C'est aussi pour cela que l'on participe joyeusement à du blanchiment d'argent, entre nous...
Réponse de le 16/10/2012 à 17:06 :
nous sommes tous Florence Lamblin ...
a écrit le 16/10/2012 à 12:45 :
Il va falloir choisir contre quoi on se bat. Les Etats ne peuvent plus se permettre de lutter contre tout et n'importe quoi ! La prohibition contre la drogue a eu le même effet que celle contre l'alcool dans les années 30 aux Etats-Unis : favoriser la montée de puissantes mafias. A-t-on des mafias de l'alcool en Europe ? Non, parce que c'est légal. Concentrons-nous sur les vrais enjeux du 21ème siècle : le terrorisme en est un !
a écrit le 16/10/2012 à 11:41 :
Le "nouveau Moyen Age" (?) ...

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