Les impôts pourraient augmenter... en Suisse

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Confrontés à des difficultés budgétaires, de nombreux cantons suisses pourraient décider d'augmenter les impôts. Des élus de Neuchâtel espèrent même faire voter une taxe pour les fortunes supérieures à 1 millions de francs (830.000 euros).

Une première barrière à l'exil fiscal en Suisse? Une majorité de cantons affichent des comptes dans le rouge pour leur budget 2013. Genève accuse un déficit de 278 millions de francs (230 millions d'euros), le Tessin de 198,5 millions, Zurich de 150 millions, Berne de 100 millions. De quoi faire réfléchir les parlements locaux de la confédération qui ont le pouvoir de déterminer le barème et l'assiette de l'impôt dans la limite de la constitution fédérale.

"Les bonnes années sont passées"

"Les bonnes années sont passées", confiait fin octobre Christian Wanner (parti libéral radical), le président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances, à l'agence d'information suisse ats. "La décennie d'opulence budgétaire des cantons est bel et bien révolue", confirmait de son côté Alfred Rey, ex-délégué aux questions financières cantonales de l'Administration fédérale des finances, contacté lui aussi par l'agence ats. Même pour le canton de Vaud, qui fait partie des exceptions avec un excédent de 4 millions de francs pour 2013, l'avenir n'est pas tout à fait rose. Vaud, qui profite pourtant du dynamisme du lac Léman, prévoit un endettement après 2013. En outre, si deux autres cantons s'en sortent plutôt bien, Fribourg et le Valais, le système de péréquation qui vise à transférer une partie des ressources des cantons "modèles" en matière de budget vers les plus en difficultés, ne suffirait pas à compenser.

La Suisse affectée par la crise de l'euro

En cause : les effets de la crise de l'euro qui ont fait grimper en flèche la valeur du franc suisse. Pour maintenir son taux plancher de 1,20 franc, la Banque nationale (BNS) a réduit son soutien aux budgets locaux le faisant passer de 1 milliard (environ 830 millions d'euros) à 667 millions de francs (soit 553 millions d'euros). Dans le même temps, les dépenses ont augmenté avec de nouvelles charges dévolues aux cantons notamment dans le financement de la santé et de la justice.

Préférence à la réduction des coûts...

Et dans cette situation, la première solution envisagée par les parlements des différents cantons, ce sont plutôt les réductions des dépenses. "Si nous ne nous préparons pas à réduire les prestations, alors nous aurons partout des hausses d'impôts aussi bien dans les cantons que dans les communes", estime ainsi le conseiller d'Etat soleurois Christian Wanner. Déjà, certains ont prévu des économies budgétaires. C'est le cas par exemple du Tessin qui souhaite économiser 94 millions de francs en réduisant les salaires des fonctionnaires. Mais des hausses d'impôts sont envisagées dans certains cantons. Le canton de Saint-Gall, par exemple, outre un plan d'économies de 210 millions de francs, augmentera ses impôts de 10%.

Vers une taxe sur les riches à Neuchâtel ?

Autre exemple, qui rappelle à une toute autre échelle, la situation française, celui de Neuchâtel où des élus de la gauche radicale souhaitent faire voter une loi imposant un impôt supplémentaires aux plus riches. Le projet prévoit de taxer les fortunes supérieures à 1 millions de francs (830 millions d'euros). La première tranche serait taxée à...0,1% et le taux irait jusqu'à 1% pour les fortunes supérieures à 2 millions de francs. Une mesure symbolique qui a bien peu de chances d'être retenue lors du vote au Grand Conseil qui doit avoir lieu le 25 novembre, puisqu'elle fait l'objet d'une opposition au sein même de la gauche.

Quels impôts augmenter?

Les législateurs suisses pourraient également opter pour une augmentation des impôts déjà existants. Parmi eux: l'impôt sur le revenu bien sûr, prélevé "à la source" par l'employeur puis reversé à l'administration fiscale locale, mais aussi la TVA, ou bien la taxe automobile, et pourquoi pas celle sur les chiens... La fiscalité de l'entreprise pose davantage de questions. Côté fédéral, la présidente de la Confédération pour 2012, Eveline Widmer-Schlumpf, a appelé à un débat national sur le sujet, alors que l'Union européenne presse la Suisse de mettre un terme à la fiscalité avantageuse accordée dans le pays aux holdings d'entreprises étrangères situées dans le pays. Prenant les devants, Genève par exemple souhaite un taux unique à 13% contre les 24,2% qui leur serait imposé en cas de suppression de ces "statuts fiscaux" priviliégiés.

>> Crise de nerfs à l'européenne dans les cantons suisses

Les "riches" étrangers en ligne de mire

Enfin, un autre des symboles de la fiscalité suisse, le "forfait fiscal" est remis en question. Pour abolir cet avantage accordé aux quelque 5.000 étrangers résidants en Suisse et n'ayant pas d'activité lucrative créé en 1862, "initiative" (proposition) de modification de la loi a ainsi été déposée par des élus de gauche à la Chancellerie le 19 octobre. Cinq cantons ont même pris les devants en votant la fin de ce privilège. Berne, de son côté, ne s'y est pas résolue.

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a écrit le 07/12/2012 à 17:47 :
Et voilà le résultat une fois de plus des « géniales » idées, de nos dirigeants, celle d?indexer le franc suisse, qui était une monnaie forte et refuge depuis des décennies, sur cet euro surévalué et qui, fatalement allait chuter !!!
Il ne fallait pas être un génie économique pour le savoir. Seulement, messieurs les politiques n?ont, une fois de plus, pas regardés plus loin que le bout de leur petits nez !! oui bien sur, il y avait la pression des industriels qui se lamentaient de ne plus atteindre leurs chiffres d?exportations d?hantant?seront-ce eux qui vont maintenant combler les déficits ?? une fois de plus, ce sera le peuple qui déjà a vu son niveau de vie chuter va le voir, cette fois, s?effondrer.
Si le peuple suisse ne consomme plus, ou moins, cela entrainera fatalement une chute de notre économie. C?est ce que l?on appel l?effet « boule de neige » ou « domino », peut importe le terme, le résultat sera le même. À savoir une détérioration des conditions de vie de notre pays qui pourtant figurait parmi les meilleurs du monde. S?en suivra une hausse de la délinquance et de la criminalité, bref la chute irrémédiable d?un état qui pourtant avait tout pour conserver un bon équilibre.
Encore bravo et merci messieurs les politiques, qui avez fait de hautes études? hautes études de quoi, ça, nous sommes en droit de nous poser la question.
N?oubliez point le veille adage du sieur Alfred Laffer, (1940- et toujours en vie, à ma connaissance) « l?impôt tue l?impôt » ce n?est pas si vieux que diable, 1970, et cette idée a été avant lui différemment énoncé par des économistes tel que Adam Smith (1723 1790) ou Jean Baptiste Say (1767-1832)
Si nous avons pu mettre notre monnaie sous le joug de l?euro, nous pouvons, et il serait temps, de s?en défaire. La suisse a depuis plus de 700 ans lutter pour sa liberté, ne pas être sous le joug de qui que se soit. Le serment du Grütli n?est pas, à mes yeux qu?un hymne patriotique. Il est une réalité historique et économique, qui fait de notre nation un pays différents. Nos ancêtres se sont battus pour ces droits, à nous de les préserver et de ne pas lâcher prise face à l?adversaire, quel qu?il soit.
Un pour tous, tous pour un telle est la devise commune de notre patrie, faisons en sorte qu?elle ne devienne pas comme le disait Coluche « un pour tous, tous pourris? »
Philippe Hurzeler, citoyen suisse, originaire de Laconnex (Genève) âgé de 47 ans.
a écrit le 07/12/2012 à 14:55 :
Chimere pure et dure, de la poudre aux yeux, vous croyez vraiment qu ils vont laisser filer les riches et s appauvrir , il faut s appeler idiot pour croire ca, je rejoins pilou dans sa reflexion, les occidentaux et les usa essayent d appliquer une politique democratique, s engagent hors de leur frontiere pour faire respecter les droits de l homme, se ruinent aussi avec la guerre, leur systeme de protection pendant que dautres etats voyous s enrichissent par l hypocisie fiscale et ou de la corruption.
la suisse fait pale figure avec sa croix crouge a cote et etc..................
a écrit le 10/11/2012 à 12:44 :
Les avantages lié au système du "paradis fiscal" s'échappants petit à petit avec le temps (listes d'exilés de fraudeurs qui s'échangent , accord entre US et Suisses pour lutter contre l'exil fiscal, etc ...), donc ils se retrouvent avec des problèmes de pays "normaux" . Fini le rêve !
Réponse de le 10/11/2012 à 16:00 :
Quel rêve? Celui des pays occidentaux comme les USA ou la France qui se prennent toujours pour les gendarmes du monde alors que leur pays se transforment en ruine sociale et économique?
a écrit le 10/11/2012 à 9:01 :
Les Suisses paient des impots, ils ne sont pas épargnés.
Par contre la ministre de l'économie a voulue moraliser, résultat ce pays va devenir l'égal de l'Autriche.
Les états Europeens n'ont pas a se méler des avantages fiscaux que font les Cantons.
La repentance est un vilain défaut.
a écrit le 09/11/2012 à 21:15 :
Où va le monde ????????? Si mêmes les Suisses se mettent à l'impôt...
a écrit le 09/11/2012 à 20:18 :
Augmentation des impôts en France, au Portugal, aux Etats unis et maintenant en Suisse. J'espère qu'il vont pas faire la même chose en Belgique !
Réponse de le 10/11/2012 à 12:37 :
En Belgique les charges sur le travail sont déjà supérieures à la France, ce sont les revenus du capital qui sont exonérés. Bref un système qui récompense les riches ... faignants.
a écrit le 09/11/2012 à 19:53 :
La seule différence c'est qu'en Suisse, c'est le peuple qui décide, et j'ai des doutes qu'ils suivent les incompétents qui dirigent, un instit à Genève gagne 100'000 francs suisse par année comme le flic de base qui sont en plus incompétents. Ensuite, les cantons alémaniques sont toujours les meilleurs de classe, les romands des français de Suisse, les grecs de la Suisse, c'est un peu comme en France, du reste ils sont entrés dans la confédération entre 1803 et 1815, vous savez pourquoi, ils ont compris la domination de Napoléon le premier, ils ont eu peur !
Réponse de le 13/11/2012 à 21:25 :
Que faites vous comme job pour traiter les gens d'incompétents?
a écrit le 09/11/2012 à 19:11 :
?La Suisse affectée par la crise?
Compte dessus et boi de l'eau...
Nicht vergessen in der Schweiz, Wer haben kein problemen gleich Frankreich?
Réponse de le 09/11/2012 à 22:56 :
C'est vrai que cela conduirait les exiles a s'interroger et les questions c'est pas toujours bon
Réponse de le 10/11/2012 à 13:53 :
Bravo pour ton allemand. Tu as dû faire des années d'étude.
a écrit le 09/11/2012 à 17:54 :
Eh oui les memes causes produisent les memes effets. Ce qui est intereesant c'est ce fabuleux jet d'eau sur la photo, preuve s'il en etait besoin que l'argent public est bien gere en Suisse... un jet d'eau c'est qd meme un truc indispensable heureusement que l'on sait que le plus haut d'europe se trouve a Istres chez nous, dans une ville ou la dette est aussi tres haute...
a écrit le 09/11/2012 à 17:12 :
tous les cantons suisses mettent à disposition, gratuitement sur leurs sites, un programme pour remplir sa déclaration d'impôt et connaître le calcul exact par rapport à son revenu et à sa fortune.
il suffit donc de télécharger un programme ( par exemple canton de Vaud = Vaudtax ), saisir les données et calculer les impôts à payer ( confédération, canton, commune, religion ).
Pour les cotisations à la caisse maladie obligatoire il y a une réduction de prime qui se calcule par rapport au revenu pour les adultes et les enfants. Il faut gagner plus de CHF 40'000 par an pour un célibataire pour ne pas avoir droit à la réduction, cette franchise augmente pour les couples et avec des enfants à charge.
A titre indicatif, un couple avec 2 enfants qui gagne CHF 150'000 par an et qui est imposable sur un revenu de CHF 100'000 paie au total entre CHF 12'000 et 20'000 ou 12 à 20% selon le canton et commune.
L'impôt retenu à la source est en général un peu plus élevé que celui déclaré individuellement. Donc, il faut solliciter l'octroi du permis "C" le plus rapidement possible pour ne plus être imposé à la source.
a écrit le 09/11/2012 à 14:57 :
Ils sont toujours loin des 75%.
Réponse de le 09/11/2012 à 15:31 :
Parce que vous pensez réellement que les personnes soumises à cet impôt n'ont pas les moyens de le contourner?
@eolivier
Signé un Français qui en proportion de son salaire paye davantage d'impôts que vous et ne s'en plaint pas
a écrit le 09/11/2012 à 14:24 :
Mouai, un ton un peu trop alarmiste à mon goût alors que l'imposition en Suisse est bien plus clémente qu'en France. Sur un revenu salarié de 100 on paie environ 25 de cotisations sociales + impôt sur le revenu : autant dire qu'on est loin du bulldozer français qui ponctionne à plus de 50% et gaspille par derrière de surcroît.
Signé : un français vivant dans le canton de Vaud.
@SOny : la Suisse n'est pas du tout un enfer fiscal, c'est la France en mieux (lisibilité, simplicité et faible poids de l'impôt, service public de qualité etc..)
Réponse de le 09/11/2012 à 14:47 :
Par curiosité, puisque vous vivez là bas, est ce que les cotisations sociales comprennent une assurance maladie pour toute la famille? Si non est ce que cela coûte cher d'avoir une assurance privée?
signé : un français qui pense déménager.
Réponse de le 09/11/2012 à 14:53 :
Je serais curieux de savoir dans quelle commune vous vivez car impôt fédéral/cantonal/communal + cotisations sociales = 25% c'est vraiment très bas. Vous oubliez par ailleurs de mentionner que contrairement à ce qui se passe en France notre sécurité sociale est en grande partie privée donc qu'il faut déduire en plus de ce qui vous est prélevé à la source, le coût de votre assurance privée. Enfin, je vous rappelle que les Vaudois les plus fortunés (hors forfait fiscal) peuvent être imposés jusqu'à 60% ce qui est plus élevé que le bouclier fiscal qui existait en France sous N. Sarkozy.
Je trouve vraiment dommageable qu'une personne vivant en Suisse participe au cliché de paradis fiscal que l'on véhicule au sujet de notre pays alors que nous payons en réalité pas mal d'impôts.
Réponse de le 09/11/2012 à 15:26 :
@Sony @eolivier et @petitssoldatsdelarméedecoblence en général qu'entendez vous exactement par "enfer fiscal"? Je veux une réponse claire et argumentée. Puisque vous vivez hors solidarité nationale, il serait également intéressant de dresser un tableau comparatif de l'imposition réelle versée à l'Etat français quand vous aviez le malheur de vivre dans ce pays soviétique et ce que l'Etat français serez en droit de vous réclamer quant à sa contribution à votre actuelle bonne fortune ( santé, éducation, protection et j'en passe).
Réponse de le 09/11/2012 à 15:29 :
On ne parle pas de paradis fiscal mais simplement de bon sens, de lisibilité, et d'equité...
a écrit le 09/11/2012 à 14:21 :
Le budget de Genève a été refusé et il doit être refait avec moins de déficit. Il faut aussi rappeler que c'est le 1er budget négatif depuis quelques années et que Genève a terminé ces dernières années avec un exédent.
En Suisse les cantons s'inquiètent avant de faire les déficits et non pas après.
a écrit le 09/11/2012 à 13:50 :
Riches Français, dormez tranquilles, vous ne serez pas concernés. Seuls les citoyens suisses de la classe moyenne passeront à la caisse!
a écrit le 09/11/2012 à 13:43 :
Afin de mettre les situations en relief, il aurait été bon d'indiquer les taux d'endettement relatifs aux Budgets locaux: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/18/01/key/01.html
Réponse de le 09/11/2012 à 15:17 :
Bravo
a écrit le 09/11/2012 à 13:14 :
La Suisse deviendra-t-elle aussi un enfer fiscal comme les autres pays européens ? Faudra donc s'installer à Singapour ou Dubaï. D'autres l'ont fait.
Réponse de le 09/11/2012 à 13:57 :
Elle est entrée dans l'euro avec le soutien du frs a 1.20 elle paye maintenant aussi le prix
Réponse de le 09/11/2012 à 16:42 :
opération, jusqu'à présent, largement bénéficiaire puisque les euros (achetés en masse entre 1,03 et 1,20) sont écoulés en toute petite quantité au dessus de 1,2050 ou revendus contre dollars. En cas de doute, vous pouvez jeter un ?il au bilan de la BNS.

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