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François Hollande au Mali : vers un début de retrait des forces françaises ?

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Publié le 02 février 2013 à 09:48 - Mis à jour le 02 février 2013 à 09:50

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Lors de sa visite éclair au Mali, François Hollande pourrait annoncer un début de désengagement français. Plus de 3.500 soldats français sont déployés sur le terrain après trois semaines d'opérations contre les groupes islamistes armés.

Le président François Hollande est arrivé samedi à Tombouctou, où il a été accueilli par des soldats français et maliens qui ont récemment repris cette ville emblématique du nord du Mali aux groupes islamistes armés qui l'occupaient. Le président français, accompagné du président malien par intérim Dioncounda Traoré, doit notamment visiter une mosquée historique, le centre de conservation de précieux manuscrits anciens et rencontrer la foule. Pour cette visite éclair au Mali, François Hollande est accompagné de trois ministres, Laurent Fabius (Affaires étrangères), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Pascal Canfin (Développement). Après avoir atterri à Sévaré, où il a été accueilli à l'aéroport par le président par intérim Dioncounda Traoré, et Tombouctou, il doit se rendre ensuite à Bamako. Sur la place principale de Tombouctou, des centaines de personnes sont déjà rassemblées pour "dire merci" à la France. La ville a été placée sous très haute surveillance.

3.500 soldats français au Mali

Le président appellera les pays africains à prendre le relais de la France auprès de l'armée malienne, après trois semaines d'opération contre les groupes armés islamistes. "Je vais au Mali (...) pour dire à nos soldats tout notre soutien, tous nos encouragements, toute notre fierté, (...) pour permettre que les Africains viennent le plus vite possible nous rejoindre et leur dire que nous avons besoin d'eux pour cette force internationale", a déclaré François Hollande. Le président français, qui espère capitaliser sur ses succès militaires et devrait recevoir un accueil triomphal au Mali, pourrait aussi annoncer un début de désengagement français. Plus de 3.500 soldats français sont déployés sur le terrain après trois semaines d'opérations contre les groupes islamistes armés. "Je vais au Mali aussi pour qu'il y ait un dialogue politique qui puisse permettre que le Mali, après avoir chassé les terroristes, puisse retrouver la stabilité et l'esprit de concorde", a ajouté François Hollande en allusion à la crise née du coup d'Etat de mars 2012 et aux divisions de la société malienne autour de la question touareg. A Bamako, Fançois Hollande aura justement un déjeuner de travail.

"Rumeurs nuisibles"

L'intervention française avait débuté le 11 janvier au lendemain d'une offensive en direction du sud du Mali menée par les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui occupaient le Nord depuis dix mois. La veille, ils avaient pris la ville de Konna (centre). Les événements se sont accélérés le week-end dernier avec la reprise, coup sur coup, de Gao et Tombouctou et l'arrivée mardi soir de soldats français à l'aéroport de Kidal, ville tenue par des rebelles touareg et des islamistes dissidents s'affirmant "modérés". La France a progressé militairement au Mali "plus rapidement" que ne l'avaient anticipé les Etats-Unis, a affirmé vendredi le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, en soulignant que le défi était désormais d'assurer la sécurité de cette région dans la durée.

Vendredi soir, l'ONU a appelé l'armée malienne à "protéger l'ensemble des populations" après des informations faisant état de "représailles contre les civils de souche touareg et arabe", notamment "des exécutions sommaires et des disparitions" imputées aux forces maliennes. Deux ONG avaient un peu plus tôt dénoncé des exactions. Amnesty International affirme que l'armée malienne a arrêté et exécuté plus d'une vingtaine de civils dans le nord du pays, et réclame une enquête sur la mort de civils, qui pourrait être liée à un raid aérien au premier jour de l'intervention française. Amnesty fait aussi état d'"allégations d'homicides arbitraires et délibérés" par des groupes islamistes armés, notamment d'exécutions de soldats capturés et de civils. Human Rights Watch (HRW) a également accusé l'armée malienne d'avoir "exécuté sommairement au moins 13 partisans présumés des islamistes". HRW accuse par ailleurs les groupes armés islamistes à Konna d'avoir "exécuté au moins sept soldats maliens". Le porte-parole de l'armée malienne, le colonel Souleymane Maïga, a démenti les accusations des ONG. Et son adjoint, le lieutenant-colonel Souleymane Dembélé, a mis en garde contre des "rumeurs".

"Eviter l'amalgame"

Signe d'un lent retour à la normale, une première école a rouvert vendredi à Tombouctou. L'imam de la grande mosquée de la ville a appelé pour sa part à "la retenue" et à "l'arrêt des pillages", demandant aux fidèles "d'éviter l'amalgame" entre les populations arabes et touaregs, les islamistes et les rebelles. La situation est plus compliquée à Kidal, à 1.500 km au nord-est de Bamako, ville longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et passée, avant l'arrivée des soldats français, sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).

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"Un premier contingent de militaires tchadiens est arrivé à Kidal. Ils sont dans la ville et les Francais tiennent l'aéroport", a indiqué une source malienne de sécurité sans donner davantage de précisions. Kidal et sa région comprenant le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne, sont le berceau des indépendantistes touareg et, selon Paris, le lieu de détention "probable" de sept otages français. C'est aussi le dernier refuge des combattants islamistes chassés des villes du Nord.

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