Le FMI alerte le Japon sur des "risques considérables" pour son économie

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Le Fonds monétaire international a salué vendredi la politique de relance du nouveau gouvernement japonais de Shinzo Abe, mais l'a pressé d'adopter des réformes structurelles sous peine d'entraîner des "risques considérables" pour l'économie nippone.

Les "Abenomics" sont une fois de plus salués. Vendredi, le Fonds monétaire international a en effet constaté que les mesures de relance menées par Shinzo Abe, le Premier ministre conservateur japonais commençaient à porter leurs fruits. En effet, rien qu'au premier trimestre, le PIB a progressé de 0,9% par rapport au trimestre précédent. Et l'institution internationale a maintenu des prévisions de croissance qu'elle avait relevées précédemment à 1,6% en 2013 et 1,4% en 2014. "Les autorités ont lancé un ambitieux programme" pour doper l'activité de la troisième puissance économique mondiale qui "fournit une occasion d'en finir avec de longues années de déflation et de croissance faible", a souligné le FMI dans son rapport annuel sur le Japon. De fait, le taux de chômage reste à son plus bas niveau depuis 2008 à 4,1% de la population active, la consommation des ménages repart ainsi que la production industrielle.

Des risques importants pèsent sur le Japon

Mais tout n'est pas rose au Japon, et les risques d'un retournement de situation sont nombreux. Pour le FMI, ils sont même "considérables". Tout d'abord, si l'augmentation de la masse monétaire en cours par la Bank of Japan (BoJ) a eu pour effet une forte dépréciation du yen par anticipation des investisseurs, les prix à la consommation, eux, continuent leur décrue. En clair la déflation ne faiblit pas. Et, si les exportations augmentent très légèrement (+0,3% en mars), les importations, notamment d'hydrocarbures, se renchérissent.  

Le 10 mai dernier, le Japon avait d'ailleurs annoncé la fonte de 4,3% en rythme annuel de son excédent courant en mars. En 2012, le solde excédentaire des transactions courantes représentait 1,5% du PIB nippon, contre 4% en 2008. Or, c'est grâce à cet excédent courant, qui lui procure le statut d'épargnant net vis-à-vis du reste du monde, que le Japon peut faire financer sa dette par ses résidents. Mais la situation budgétaire du Japon présente des risques que souligne le FMI.  "L'absence de mesures budgétaires concrètes pour réduire la dette publique, ou un report de la hausse de la taxe sur la consommation, augmenteraient le risque d'une augmentation des taux d'intérêts des obligations d'Etat, ce qui saperait la stabilité budgétaire et financière", a averti l'institution de Washington. Lestée d'un déficit public de 9,8%, la dette du Japon pourrait atteindre 245% de son Produit intérieur brut (PIB) en 2013, d'après les estimations du Fonds.

Besoin d'une croissance saine et de la reprise mondiale

Le Japon a donc fortement intérêt à profiter de la période de croissance qui s'ouvre pour mettre de l'ordre dans ses finances publiques en espérant que son plan de relance par la dépense publique de 40 milliards de yens et la politique monétaire accomodante de la BoJ ne finissent par avoir les effets escomptés sur l'inflation et les investissements. Tokyo doit aussi attendre avec impatience la reprise mondiale, car pour l'heure, la Chine, victime des errements de la croissance européenne et principal partenaire commercial du Japon, ralentit. Les marchés ne s'y trompent d'ailleurs pas. La semaine dernière, l'annonce de la contraction de l'activité manufacturière chinoise a causé un mini krach à la Bourse de Tokyo.

Shinzo Abe, pour qui le pari est de faire de la relance le temps de refonder des bases saines pour l'économie japonaise, a promis l'annonce d'un plan de réformes structurelles en juin. Le relèvement de 5 à 10% de la taxe sur la consommation, prévu en deux étapes, avril 2014 et octobre 2015 fait partie des possibilités. Mais celle-ci aurait sans doute des effets sur la consommation, que le Premier ministre japonais cherche à relancer. Cela se fera donc si la croissance le permet. Un vrai casse-tête... japonais.

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a écrit le 01/06/2013 à 14:48 :
+1 avec balzac, il faut expliquer cela aux pros-FN, eux qui estiment que l'on vit mieux avec l'inflation.
Réponse de le 05/06/2013 à 8:15 :
Arrétez d'agiter le FN à tout bout de champ,le FN n'existe que par la volonté des socialistes et de l'Ump.il les arrange.Nous sommes dans le bi-partisme en France.Je voudrais voir la tronche des pro-euro le jour ou l'Allemagne va dire je me tire,cela risque d'arriver plutôt que prévu,le jour ou il va falloir solder les comptes des 17.Sortez vos reconnaissances de dettes que l'on rigole.
a écrit le 01/06/2013 à 11:13 :
votre article eclaire les internautes enfin j'espère ce qu'est une monnaie dévaluée , les conséquences que cela peut engendrer de malsain , d'abord la TVA chez nous elle devrait être relevée pour faire face au manque de recettes fiscale si on appliquait une dévaluation du franc , ensuite on verrait apparaitre un problème sur l'essence et donc les produits pétroliers qui couteraient plus cher vu qu'ils sont libellés en dollars et face a un franc faible au secours la TIPP , ensuite on a un autre problème qui se greffe a cela c'est qu'en france on a promotionné le GAZ comme chauffage , là aussi c'est une hausse des tarifs qui en découlerait de facto , les ménages seraient etranglés par ces hausses de cout des importations , meme les entreprises et ceux travaillant avec l'export serait lourdement sanctionnés et cela aurait un impact non négligeable sur leurs marges , comme quoi si on sortait de l'euro comme le souhaitent certains et en dévaluant voilà a ce que nous serions , pas dans le mieux a court terme , mais a moyen terme il faudra voir , quand a la dette publique japonaise vous avez raison elle est monstrueuse et la dette privée ? , la plus basse du monde , paradoxe , dire que le japon va réussir son pari , c'est risqué , la chine elle est plus en difficultés aujourd'hui et tentera t'elle aussi le cout de la dévaluation monétaire ? , je ne crois pas car ce serait un très lourd risque social a court terme
a écrit le 31/05/2013 à 14:17 :
Créer 70 milliards de monnaie supplémentaire par mois pour 1,6% de croissance, c'est loin d'être une réussite.
A comparer les USA sont à + de 2% avec 80 milliards par mois (or la taille de leur économie est plus grande). Comme pour les USA on peut se demander se que ça va donner quand la pompe à fric va s'arrêter : une bonne chute libre? Et si ils n'arrêtent jamais quel valeur aura le Yen? Quel sera le coût de leurs importations? En plus les entreprises japonaises ne semble pas exporter beaucoup plus pour le moment malgré la baisse du Yen.
a écrit le 31/05/2013 à 11:03 :
Le FMI est à NYC et n'a rien à dire des "risques considérables" de la politique monétaire que mènent les USA....
Le FMI ......le fmi....
Réponse de le 31/05/2013 à 17:47 :
le fmi est à washington! ça commence mal votre argumentaire américanophobe!
Réponse de le 31/05/2013 à 20:15 :
washington ou new York , c'est sur le sol américain que je sache ! elle a raison et c'est pas de l'américanophobie , c'est du "deux poids deux mesures"
Réponse de le 01/06/2013 à 4:52 :
On est Américanophobe quand on met en évidence le manque d impartialité du FMI où de sa localisation a quelques kilomètres prêt, On est europhobe quand on espère un autre fonctionnement des institutions européennes, on est antisémite quand on espère le respect des frontières de la Palestine établit par l' ONU .. Sérieusement a un moment vous saoulez
a écrit le 31/05/2013 à 9:48 :
Etat surendetté, déflation, etc..., tous les maux économiques s'abattent sur le Japon, et pourtant les japonais n'ont pas l'air malheureux, bien au contraire : ils vivent bien et longtemps, avec un système de santé bien financé, ont peu de chômage, très peu de délinquance, etc... Quelqu'un peut m'expliquer ?
Réponse de le 31/05/2013 à 10:07 :
une démographie catastrophique, une dépendance aux matiere premiere, une dépendance a la conjoncture international, une dette de 245% qui n'ai plus exclusivement acheté par les Japonais mais de plus en plus par les etranger (donc dependance des marchés pour se financer).

Le Japon c'est un peu le precurseur, ils ont dix ans d'avance sur nous (dette, deflation, politique economique et monnétaire mauvaise)
Réponse de le 31/05/2013 à 10:18 :
ta entendu parler de fukushima ça va sérieusement entamer leur longévité légendaire!!
Réponse de le 31/05/2013 à 10:27 :
C'est culturel chez eux de ne pas se plaindre et d'avancer.
On devrait prendre les leçons d'ailleurs
Réponse de le 31/05/2013 à 10:32 :
@ Asimon
"et pourtant les japonais n'ont pas l'air malheureux"
Un peuple qui connait l'un des plus forts taux de suicide au monde et qui ne fait plus d'enfant ne doit pas non plus respirer le bonheur.
Réponse de le 31/05/2013 à 16:34 :
Je ne vois qu'un seul avantage pour eux,c'est qu'ils contrôlent LEUR MONNAIE eux.
Avec une dette de 245% du pib à la louche qu'ils ne paieront jamais soit dit en passant.
Comme quoi l'autonomie à du bon,mais bon j'écoute aussi notre Philippe Béchade qui nous ramène toujours à la réalité,ses analyses ne manquent jamais de pertinences.

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