Les bons chiffres de l'emploi américain désarçonnent les investisseurs

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Les marchés réagissent diversement après la publication des chiffres de l'emploi américain en juin. D'aucuns craignent qu'ils encouragent la Réserve fédérale américaine à accélérer son changement de stratégie monétaire.

L'économie américaine va-t-elle si bien que ça ? Pour l'instant, les chiffres du chômage ne répondent pas à cette question pourtant cruciale. Ceux du mois de juin publiés ce vendredi montrent en effet que les créations d'emplois sont très dynamiques. Avec 195.000 créations, l'économie américaine fait mieux que prévu par les analystes qui tablaient sur 165.000 créations seulement. Les données des mois d'avril et mai ont également été revus à la hausse. En revanche, le taux de chômage reste stable à 7,6% de la population active. Ce chiffre s'inscrit légèrement au-dessus du consensus des analystes établi à 7,5%. Le maintien du taux de chômage malgré le soutien des créations d'emploi s'explique par la progression de la population active américaine.

La Fed prête à basculer?

Pour les investisseurs, cette nouvelle est à double tranchant. L'embellie sur le front du chômage est un signal supplémentaire qui peut conduire la Réserve Fédérale à arrêter sa politique monétaire interventionniste non-conventionnelle (rachats d'actifs, taux proches de zéro...). Il y a un mois, Ben Bernanke avait déjà prévenu les marchés de son intention d'abaisser le rythme de ses rachats d'actifs dans le courant de l'année. Il n'avait pas précisé le calendrier ou l'ampleur de la baisse. Avec ces données, les investisseurs craignent que la Fed n'enclenche le processus de sortie de sa politique accommodante trop tôt et à un rythme plus élevé que prévu.

Pour basculer, la Fed a établi plusieurs critères comme le seuil des 200.000 créations d'emplois mensuelles, ou un taux de chômage inférieur à 6,5%. Avec les données du mois de juin, les investisseurs réalisent que l'économie américaine s'approche plus rapidement que prévu du premier critère.

Le "paradoxe des marchés"

Un analyste parisien a commenté la contradiction des marchés à l'agence Reuters : "Une fois de plus, on voit tout le paradoxe actuel des marchés. Lorsqu'une donnée macroéconomique est très bonne aux Etats-Unis, personne ne sait sur les marchés s'il doit s'en réjouir parce que c'est bon pour l'économie et donc pour les actions ou s'en inquiéter parce que ça accroît la perspective d'une fin rapide du QE de la Fed et un relèvement des taux longs".

Cette hésitation se ressent sur les places boursières. Wall Street reste dans le vert mais avec des trajectoires en dent de scie. En Europe, la plupart des Bourses sont dans le rouge dont le Dax qui perd 2%, ou Paris qui lâche 1%. L'euro abandonne 0,61% face au dollar à 1,28 dollar.

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Commentaires
a écrit le 12/07/2013 à 23:44 :
Où c'est que tu as vu des bons chiffres , toi ? Tu t'es renseigné en regardant la télé ?
a écrit le 08/07/2013 à 13:04 :
De plus en plus dingue. M. Draghi annonce que cela va mal et que cela va continuer ; et les bourses européennes s'envolent. Le chômage aux USA irait mieux, et cela inquiète les investisseurs ! Un monde de dingues ou bien d'intoxiqués qui ont peur qu'on leur retire leur drogue ?
a écrit le 08/07/2013 à 11:21 :
Les assistés de la FED n'ont qu'une préoccupation : continuer à fonctionner avec le QE3 ,puis le QE4 ,le QE5 etc... La croissance infinie de l'aide à l'économie , de l'assistanat ...qu'ils dénoncent chez les plus pauvres ! Quant à l'emploi point trop n'en faut sinon les rachats d'actifs (pas des actifs) , ils les auront dans le Q tout court ! O my Gode shoking !
a écrit le 06/07/2013 à 14:12 :
Avec des centaines de milliards déversés sur l'économie c'est un gag pervers et scandaleux de parler de "bons"chiffres. Il serait plus efficace de donner directement cet argent aux populations, le calcul est simple à faire, on y gagnerait de l'argent au lieu de faire confiance aux "entrepreneurs" américains. Le pays joue la cigale, l'hiver arrive.
a écrit le 06/07/2013 à 12:12 :
Notre mode de vie et notre mode 'social' ne sont pas les mêmes qu'aux Etats-Unis. Nous n'avons pas la capacité de comprendre comment marchent leurs sociétés. Il n'est pas non-plus la peine de penser que nous sommes plus 'grands' qu'eux. Leur capacité de recherche et leur analyse est beaucoup plus développé que la nôtre. Pas la peine de chercher le taux de chômage des USA. Beaucoup d'Américains travaillent à deux endroits différents le même jour. Ce qui est l'équivalent de deux jours chez nous. Leur lois de travail leur permettent de tels actions. Et si on compte ça, l'idée du chômage aux US ne devra même pas s'imposer. Et pour ceux qui sont quand même au chômage, cherchez, et vous verrez peut-être qu'ils ont eux-même décider de ne pas travailler. Cela fait partie du mode de vie Américain. Et ils ne se disputent pourtant pas à ce propos. Et aussi, si un Américain pauvre vit dans une caravane, par exemple, jamais vous ne le verrez se tourner vers la maison du riche qui se trouve juste à côté. Il n'y aura chez lui ni jalousie, ni ranc?ur. Ce n'est pas le cas chez nous. Beaucoup travaillent illégalement dans un autre métier en France ce que nous appelons 'travail noir'. Qui en sont les responsables ? Ceux qui font ce travail ou l'administration ? Je dis que c'est l'administration. Ça va peut-être vous déranger. Mais c'est la vérité. L'administration nous oblige parfois à travailler noir. C'est dans leur intérêt. On a crée une fonction qui s'appelle 'l'inspection de travail'. Je vous le dis directement, c'est cette inspection de travail qui en tire avantage. Je suis un témoin direct. J'ai travaillé, il y a longtemps, dans une société d'environ 15 personne, et j'étais aussi le SEUL à avoir mes papiers. Comment je le sais ? Un jour, je suis parti travailler et je me suis aperçus que j'étais seul, personne d'autre n'était venu travailler. J'ai demandé au patron pourquoi les 14 autres étaient absents. Il m'a répondu 'ils sont peut-être malades'. Puis vers 10 h, j'ai vu arriver les membres de l'inspection. Alors je me suis dit que les 'malades' devaient travailler illégalement ici et qu'ils avaient été avertis de l'arrivé de l'inspection ce jour-là. Sinon, comment était-il possible que 14 pers soient absentes le même jour ? Alors au lieu de chercher le taux de chômage Américains, il vaudrait mieux chercher le taux de chômage en France et trouver un moyen de le baisser. Si on pouvait juste supprimer l'inspection de travail, et si on mettait juste une personne de chaque commune pour contrôler chaque petite entreprise et pour s'assurer du bon nombre d'employés. Nous verrons que finalement le chômage est crée par l'inspection de travail. En réalité, il n'y a pas de chômage en France, tout le monde travail, mais la plupart illégalement, ceux qu'on appelle les chômeurs.
Réponse de le 06/07/2013 à 14:15 :
Changez de surnom, @Témoignage, nommez-vous "Démagogue" !
a écrit le 06/07/2013 à 11:18 :
Compte tenu de la croissance Américaine et de l'arrêt possible des achats de titres du Trésor Américain par la FED (en fonction de l'emploi), les investisseurs en Europe anticipent une remontée des taux long Européens entraînés par les taux Américains.
Cela entraîne un baisse des bourses Européennes, non tirées par la croissance contrairement celles des Etats Unis.
Réponse de le 06/07/2013 à 15:18 :
Désolé, @Lucianno, mais c'est le contraire. La BCE a confirmé ce que j'exposais depuis longtemps à savoir que les taux longs n'ont aucune raison de monter car nous sommes en situation régressive. Les taux américains sont dans la même situation bien que les banquiers c'est certain préféreraient les voir remonter par avidité. Mais l'on ne crée pas de la croissance avec des taux. Le capital ne doit pas être utilisé comme un rentier mais investi dans des entreprises dynamiques. Par ailleurs la vraie croissance aux USA, déduite des Q.Es et de l'inflation est négative! Pas de quoi faire monter la bourse si ce n'est par les perpectives du tourbillon de fusions qui s'est emparé d'elle par obligation de restructuration. Ne formons pas d'espoirs important de ce côté. Les titres de sociétés sur notre continent sont pour leur part confrontés au pillage éhonté qu'elles subissent de la part de leurs dirigeants. C'est la principale raison de leur inertie.
a écrit le 06/07/2013 à 9:39 :
Mais arrêtez avec vos chiffres bidons! Depuis quand -24k emplois à temps complet +360k à temps partiel sont-ils une bonne nouvelle? Avec Obamacare, un effet de seuil a été installé qui force les employeurs (en particulier dans les services) à réduire le temps de travail pour ne pas les rendre éligibles au dispositif. Il y a donc accroissement de cette variable d'ajustement. De fait Obama a réalisé ses propres lois Aubry par la bande. Vous vous rappelez des résultats d'icelles pour notre économie? A cela ajoutez le surcoût engendré par une assurance obligatoire sous peine d'amende de 2000$, alors même que (bien entendu) les projections initiales quant à son coût ont explosées et on verra les résultats. Il est tout de même intéressant de voir que les chiffres s'améliorent en facial quand le nombre d'heures travaillées décroit... on nous refera certainement les prochains gros titres sur l'extraordinaire bond de productivité qui en découle...
Réponse de le 06/07/2013 à 10:11 :
-240k temps complet et non -24k
a écrit le 06/07/2013 à 7:51 :
La bourse US monte, les européennes baissent, allez comprendre!
Réponse de le 06/07/2013 à 9:40 :
N'oubliez pas que la veille on a fait +3% alors qu'eux étaient fermés.
a écrit le 06/07/2013 à 6:00 :
C'est dans des cas comme celui là que l'on peut observer la déconnexion totale des marchés avec le monde réel.

Le monde de la finance donne vraiment envie de gerber !
a écrit le 05/07/2013 à 19:01 :
La spéculation n'aime pas la stabilité, mais préfère le chaos. Pour gagner beaucoup d'argent, il faut de l'incertitude. Une économie prévisible est néfaste pour les parieurs.
a écrit le 05/07/2013 à 18:49 :
L'embellie du chômage aux USA est une belle arnaque. Derrière ces chiffres de création d'emplois sur le mois de juin, il faut savoir que 360000 emplois à temps partiels ont remplacés 240000 emplois à temps partiels.
Réponse de le 06/07/2013 à 9:19 :
Il fallait comprendre que les emplois partiels ont remplaces les temps complets!
a écrit le 05/07/2013 à 18:26 :
"Les bons chiffres de l'emploi américain désarçonnent les investisseurs" ... c'était à prévoir ! Le capital et l'emploi bien qu?indissociable... ne font pas bon ménage ! Bien que les deux soient interdépendants !
a écrit le 05/07/2013 à 18:21 :
lorsque qu'une entreprise cotée en bourse annonce x suppresions d'emplois ... elle prend de la valeur en bourse ! CQFD
a écrit le 05/07/2013 à 18:18 :
ce qui reste déroutant " le fric" n'aime pas l'emploi ! (en raison des politiques des banques centrales)

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