Bill de Blasio : New-York va-t-elle se choisir un maire qui penche fortement à gauche ?

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Le démocrate, Bill de Blasio, jugé d'extrême gauche par ses adversaire, et son épouse, la militante afro-américaine Chirlaine McCray, ont toutes les chances de se retrouver à la tête de la ville de New York (Photo : Reuters)
Le démocrate, Bill de Blasio, jugé d'extrême gauche par ses adversaire, et son épouse, la militante afro-américaine Chirlaine McCray, ont toutes les chances de se retrouver à la tête de la ville de New York (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Bill de Blasio est favori pour remporter l'élection à la mairie de New York mardi. L'homme au mœurs très libres semble en effet avoir conquis les habitants de la "Grosse Pomme" avec un programme orienté très à gauche à l'opposé de celui mené par son prédécesseur Michael Bloomberg.

"Je suis un homme de gauche qui croit en l'intervention de l'État". Quelques semaines après le "shutdown" imposé par les Républicains à Barack Obama et qui a immobilisé l'État fédéral, le discours très assumé de Bill de Blasio tranche indéniablement outre-Atlantique.

Allié à un style très à part dans le paysage politique américain, celui-ci semble en tout cas avoir convaincu les New Yorkais. Il est en effet à deux doigts de se faire élire à la tête de la "Grosse Pomme", mardi. Portrait d'un iconoclaste ambitieux de la politique américaine.

Une famille multiraciale au style décontracté : son meilleur atout médiatique

Le géant blanc de 1,95 mètres est marié à Chirlaine McCray, ancienne lesbienne de six ans son ainée. Militante de gauche de la première heure, poétesse, et icône afro-américaine, elle a géré la campagne avec lui de bout en bout.

Chargée de la stratégie et des discours importants, elle figure d'ailleurs sur les tracts du quinquagénaire hyper-actif. Né Warren Wilhelm, il a aussi préféré par la suite prendre le nom de sa mère, à consonance italienne.

Les deux enfants du couple star ont eux aussi été mis à contribution en apparaissant dans les campagnes publicitaires de l'homme politique. Bill de Blasio en effet fait le pari de mettre en avant le style de vie de sa famille multiraciale, qui vit dans une maison sans démesure dans le quartier qui monte de Brooklyn, séparé de Manhattan par les eaux de l'East River.

Bill de Blasio "n'est pas un autre mec blanc ennuyeux", assure sa fille Chiara, 18 ans, et étudiante, coiffée d'une couronne de fleurs du plus grand effet dans un spot de campagne de son père. Un exercice auquel s'est aussi prêté son fils Dante, 16 ans, qui lui arborait une coupe afro.

De fait, dans une Amérique conservatrice, il a commencé comme militant en faveur de la révolution sandiniste au Nicaragua, s'opposant à Ronald Reagan, qui finançait alors l'autre partie. Il s'est lancé dans la politique en 1989 et a depuis occupé divers postes dans l'administration Clinton.

Hausse des impôts et de la dépense : un discours au service de l'interventionnisme d'État

Comme ses prises de paroles l'indiquent, le très probable futur maire de New York a aussi un programme qui détonne au pays du dollar. Bill de Blasio souhaite en effet, parmi ses propositions phares, augmenter les impôts des riches pour financer l'école à partir de quatre ans, rendre les cantines scolaires gratuites, mettre fin aux contrôles de police qui visent systématiquement les noirs et les latinos, construire des logements sociaux par dizaine de milliers et... octroyer deux jours de congés scolaires supplémentaires pour les fêtes musulmanes.

Bref, pour lui, le salut réside dans les impôts sur les hauts revenus, la dépense publique et la libération des mœurs.

Ce style iconoclaste et le discours ancré à gauche marquent un changement de cap radical pour les New Yorkais, habitués au bien plus policé Michael Bloomberg, qui, lui, est un ardent défenseur de Wall Street.

Même si l'homme d'affaires à la tête de la ville depuis 2002, avait lui aussi marqué son temps en étant d'abord démocrate, puis républicain à partir de 2001 avant de se déclarer indépendant. Lassés par leur ancien souverain, les habitants de la ville semblent avoir choisi leur camp. Il faudra toutefois attendre mardi pour avoir confirmation de l'élection de Bill de Blasio face au peu charismatique candidat républicain Joe Lhota, son plus important adversaire.

VIDEO Dante, le fils de 16 ans Bill de Blasio, dans un spot de pub pour son père

Source : New Yorkers for de Blasio (équipe de campagne de Bill de Blasio)

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Commentaires
a écrit le 05/11/2013 à 14:43 :
Encore une fois on tente de nous faire croire qu'il y aurait une gauche et une droite, ce qui évite le plus souvent d'aborder d'autres questions et surtout les programmes. de glissement en glissement la dérive devient l'ordinaire que l'on semble désapprouver par la suite comme si l'on n'y était pour rien. Les américains sont un peuple en perdition qu'il convient de ne pas imiter, malheureusement la folie destructrice fait son oeuvre, elle a des relais....
a écrit le 05/11/2013 à 12:59 :
les journalistes français passent leur temps à nous faire prendre des vessies pour des lanternes...les très démocrate président du pays est celui qui laisse espionner le monde entier par ses services et dont la campagne a été financé par les multinationales et wall street, alors nous dire que le candidat démocrate est de gauche, c'est se moquer du monde, les démocrates dans ce pays, c'est du bayrou ou du borloo...c'est une vrai plaisanterie. ceci dit cela ne m'étonne guère de professionnels qui bien au chaud à paris n'ont jamais pour la grande majorité d'entre eux mis un pied dans le pays dont ils traitent...
a écrit le 04/11/2013 à 14:07 :
Ce que vous appelez la "gauche" c' est à dire le parti démocrate, est plus à droite et libéral que la droite de l' ump en France !!!
a écrit le 04/11/2013 à 13:34 :
Pourquoi pas avec le socialo Obama les US sont en plein socialisme.Il faut se tourner vers la Chine qui avec grands succes est devenu le rempart anti socialo.
a écrit le 04/11/2013 à 11:54 :
"Ancienne lesbienne" ? Ça veut dire quoi concrètement ?? Qu"on peut être lesbienne un jour et ne plus l'être le lendemain ? ALors que tant de jeunes femmes et hommes ont du mal à s'assumer, vous n'aidez pas beaucoup à la compréhension de l'homosexualité avec de pareilles approximations...
Réponse de le 04/11/2013 à 14:10 :
mauvaise langue, va !
Réponse de le 04/11/2013 à 16:39 :
en matière de sexe aussi on peut évoluer. Le changement c'est maintenant!
a écrit le 04/11/2013 à 11:46 :
"Ancienne lesbienne" ? Ça veut dire quoi concrètement ?? Qu"on peut être lesbienne un jour et ne plus l'être le lendemain ? ALors que tant de jeunes femmes et hommes ont du mal à s'assumer, vous n'aidez pas beaucoup à la compréhension de l'homosexualité avec de pareilles approximations...
a écrit le 04/11/2013 à 11:16 :
Il n'y a pas de parti de "gauche" aux Etats Unis. Les américains sont lucides, le mot "socialiste" est une insulte la bas. Les démocrates c'est notre droite, et les républicains n'ont pas d'équivalent en France (+ à droite, mais économiquement compétents)
Réponse de le 04/11/2013 à 13:31 :
Un programme qui ressemble à celui de FH !!! Croire que le PS est un parti socialiste c'est être naïf !!! Le PS n'est qu'un parti libéral au sens anglo-saxon. Le socialisme fait partie de l'histoire mais on aime se faire peur en France avec les mots "socialiste" ou "communiste".
Réponse de le 04/11/2013 à 13:32 :
Un programme qui ressemble à celui de FH !!! Croire que le PS est un parti socialiste c'est être naïf !!! Le PS n'est qu'un parti libéral au sens anglo-saxon. Le socialisme fait partie de l'histoire mais on aime se faire peur en France avec les mots "socialiste" ou "communiste".
a écrit le 04/11/2013 à 11:00 :
Voila pourquoi les medias Francais et les Francais n'ont pas vu et ont pas compris la victoire de Barack Obama deux fois de suite.

La lecture des elections americaines n'est vu que d'un angle raciale et centré sur la vision de la france. Comme en france il y a du racisme en politique et dans les media on veut lire la politique americaine sous le meme angle. La famille joue toujours un role en politique au USA et le fait que sa femme soit noire n'est ni un apriori positif ou negatif contrairement l'image qu'on se fait en france les americains sont plus ouverts que nous et bien moins conservateur que l'on pense. Le fait que la Femme de Blasio soit investi dans le social dans la communauté par contre au USA c'est toujours vu de maniere tres positif bref il y a tous un tas de petit details et d'histoires comme ca qui font de Blasio un personnage apprecié ca n'a rien a voir avec le fait que sa femme soit noir ou qu'il soit de "gauche" d'ailleurs aux USA personnes ne parle de ca il n'y a qu'en france qu'on met cela en avant.

De plus être a gauche au USA ce n'est pas être a gauche comme en france la gauche reste profondément libérale mais être a gauche veut dire intervenir en cas de crise et" faire un peu de social" car le social au USA est très limité.
a écrit le 04/11/2013 à 10:46 :
pour rappel : un républicain est de droite et un démocrate est du centre et vu que ce sont les deux partis représentatifs de la vie politique américaine il n'y a pas de parti de gauche et encore moins d'extrême gauche.
Réponse de le 04/11/2013 à 16:09 :
Non, un democrate est de droite, et un republicain est un liberal.
Réponse de le 04/11/2013 à 16:09 :
Non, un democrate est de droite, et un republicain est un liberal.
a écrit le 04/11/2013 à 10:39 :
et voila NY va devenir Musulmane, Dangereuse et Pauvre ... A ben tiens mais c'est comme la France. Les New Yorkais sont idiots la ville était devenus super sécuritaire maintenant ca va redevenir Bagdad ils vont payer masse d'impots et envahis d'arabes... si c leurs choix... pourtant après le 11 septembre je croiais qu'ils avaient compris
a écrit le 04/11/2013 à 10:27 :
Je suis heureux d´avoir abandonné l´idee d´aller s´installer a New-York. Le lac de Come c´est beaucoup mieux,..... pour le moment.

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