"Trêve" en Ukraine avant l'arrivée de diplomates européens

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Dans la soirée de mercredi, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé la trève avec l'opposition. (Reuters/David Mdzinarishvili)
Dans la soirée de mercredi, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé la "trève" avec l'opposition. (Reuters/David Mdzinarishvili) (Crédits : Reuters/David Mdzinarishvili)
Les chefs de la diplomatie française, allemande et polonaise sont attendus jeudi à Kiev, alors que le président Ianoukovitch a annoncé une trêve après les violences qui ont fait 26 morts dans la capitale ukrainienne.

"Il faut rétablir le dialogue politique entre opposition et pouvoir", a déclaré Laurent Fabius. Le ministre français des Affaires étrangères, accompagné de ses homologues Frank-Walter Steinmeier (Allemagne) et Radoslaw Sikorski (Pologne), doit rencontrer ce jeudi matin le président ukrainien à Kiev avant une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles.

Mercredi, au lendemain de violences inédites depuis 20 ans qui ont fait 28 morts dans la capitale ukrainienne (bilan actualisé jeudi matin par le ministère ukrainien de la Santé), le pouvoir du président Ianoukovitch a annoncé des mesures "antiterroristes" contre les opposants radicaux, et Paris comme Berlin ont promis des sanctions contre les responsables de la répression.

>> Lire : Les violences en Ukraine font au moins 25 morts

Rencontre déplacée

Les violences entre manifestants et forces de l'ordre près du palais présidentiel à Kiev ont néanmoins empêché jeudi la tenue de la rencontre entre le président ukrainien et les trois ministres européens, a annoncé le chef de la diplomatie polonaise.

Sur son compte Twitter, Radoslaw Sikorski a indiqué :

Fumée noire, détonations et coups de feu autour du palais présidentiel. Rencontre déplacée à un autre endroit. Responsables pris de panique.

"Trêve" avec l'opposition

Dans la soirée de mercredi, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a de son côté annoncé la "trêve" avec l'opposition avant l'arrivée à Kiev des diplomates européens et d'un haut responsable russe.

Dans une adresse à la nation dans la nuit de mardi à mercredi alors que les policiers donnaient l'assaut contre les manifestants dans le centre de Kiev, le président s'était montré beaucoup plus dur envers l'opposition qu'il avait accusée d'avoir appelé à une "lutte armée" pour prendre le pouvoir et menacée de poursuites.

Interdictions de visas

Mercredi soir, les Etats-Unis ont annoncé avoir interdit de visas quelque 20 hauts cadres officiels ukrainiens qu'ils accusent d'être responsables de la répression meurtrière à Kiev, a indiqué un diplomate américain. L'Otan a de son côté averti l'Ukraine d'une remise en cause possible de sa coopération avec ce pays si l'armée intervenait contre les manifestants de l'opposition.

Dans le centre de la capitale ukrainienne envahi de fumée noire, un calme tendu a régné mercredi, un répit après les affrontements meurtriers de la veille. Les manifestants ont continué à brûler des pneus sur la place Maïdan, haut lieu de la contestation depuis la volte-face pro-russe du pouvoir fin novembre qui s'est transformée en un rejet total du régime.

Respecter les "aspirations de la population"

Le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, réputé nationaliste, sera également à Kiev jeudi, alors que Moscou a appelé l'UE à convaincre l'opposition ukrainienne de "coopérer avec les autorités".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé de son côté au gouvernement ukrainien de "renoncer à user d'une force excessive" contre les manifestants et de respecter "les exigences et les aspirations de la population".

[Edité à 10h09 avec annulation rencontre des diplomates]

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Commentaires
a écrit le 20/02/2014 à 22:21 :
J'espère qu'ils n'ont pas oublié leurs valises diplomatiques remplis de dollars car c'est comme cela qu'on négocie dans l'ex-URSS... De toute manière, cela ne coûtera rien aux oligarques européens seulement aux citoyens notamment français floués par leur propre gouvernement. Ce qui se passe en Ukraine c'est un avant-goût de ce qui pend aux nez de la dictature européenne mais continuons la fuite en avant de ce système pyramidal. Lorsqu'il y aura 10 millions de chômeurs en France, c'est le palais de l'Elysée qui sera pris d'assaut mais qui négociera une trêve dans ce cas précis? Actuellement cela s'agite aussi pas mal aux Balkans notamment en Bosnie.

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