Les violences en Ukraine font au moins 25 morts

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C'est une violation criante de la loi et les coupables comparaîtront devant la justice, a réagi le préident ukrainien Viktor Ianoukovitch aux violences qui ont fait 16 morts mercredi. (Photo : Reuters)
"C'est une violation criante de la loi et les coupables comparaîtront devant la justice", a réagi le préident ukrainien Viktor Ianoukovitch aux violences qui ont fait 16 morts mercredi. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Les violences de mercredi ont fait au moins 25 morts en Ukraine. Viktor Ianoukovitch a persisté sur sa ligne et promis des sanctions aux chefs de l'opposition.

La situation est devenue explosive mercredi en Ukraine. Les troupes antiémeute ukrainiennes ont en effet lancé un nouvel assaut mercredi au petit matin contre les manifestants réunis sur la place centrale de Kiev occupée depuis trois mois, dans une recrudescence des violences qui ont fait au moins 25 morts, selon le ministère de la Santé ukrainien.

Les policiers ont avancé et pris position autour du monument qui se trouve au milieu du Maïdan, peu après 04H00 du matin heures locales après une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes, a constaté mercredi un journaliste de l'AFP. Les tentes situées autour du monument ont pris feu les unes après les autres. Les manifestants ripostaient en jetant des pavés.

Mur de feu

Pour se protéger des forces de l'ordre, les contestataires ont dressé un mur de feu. Derrière ce rideau de flammes, des opposants, casqués, équipés de gourdins et de boucliers en métal semblables à ceux des policiers, formaient une première ligne de défense.

"Le centre de Kiev, le coeur de l'Ukraine est en flammes! Arrêtez-vous", a lancé un opposant aux policiers depuis la scène dressée sur le Maïdan, haut lieu de la contestation née de la volte-face pro-russe des autorités fin novembre au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne et qui s'est transformée en un rejet du régime du président Viktor Ianoukovitch.

Viktor Ianoukovitch persiste et signe

Malgré les condamnations qui se sont multipliées sur la scène internationale, le président Viktor Ianoukovitch a refusé d'arrêter l'assaut et exigé que les manifestants évacuent la place du Maïdan, ont déclaré les leaders de l'opposition après l'avoir rencontré mardi soir.

"Les leaders de l'opposition ont négligé le principe de la démocratie selon lequel on obtient le pouvoir à l'issue des élections et non dans la rue (...) Ils ont franchi les limites en appelant les gens à prendre des armes", a déclaré le président dans une adresse à la nation, alors que l'assaut était en cours contre les manifestants dans le centre de Kiev. "C'est une violation criante de la loi et les coupables comparaîtront devant la justice", a-t-il poursuivi.

Les soutiens au président s'effritent

Même des soutiens traditionnels du régime, comme l'oligarque Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine et le principal parrain du parti de Viktor Ianoukovitch, ont critiqué les événements en cours.

"Les victimes humaines du côté des manifestants et des forces de l'ordre sont un prix inacceptable pour des erreurs politiques", a déclaré  l'oligarque dans un communiqué, appelant à "cesser l'effusion de sang".

L'un des civils tués est un employé du Parti des régions du président Ianoukovitch, dont le corps a été retrouvé au siège de cette formation politique, pris d'assaut et brièvement contrôlé par les contestataires, qui l'ont partiellement incendié.

Menace de généralisation du conflit

Les violences menaçaient de s'étendre au reste de l'Ukraine. A Lviv, un bastion de la contestation dans l'ouest, les manifestants ont pris d'assaut les sièges de l'administration régionale et de la police, ainsi que de bâtiments militaires. A l'issue d'affrontements, quelque 5.000 manifestants ont pris le contrôle des dépôts d'armes.

Le procureur général Viktor Pchonka a promis mardi soir "les peines les plus sévères" pour les responsables et les instigateurs des violences. Le pouvoir a aussi imposé une sorte d'état d'urgence qui ne dit pas son nom: le métro de Kiev a été fermé et les autorités ont annoncé que le trafic routier en direction de la capitale serait "limité" à partir de minuit, afin d'éviter "l'escalade des violences".

Inquiétude en occident

La Russie a aussitôt condamné ce regain de violences, qu'elle a attribué à la politique des Occidentaux, qui "ferment les yeux sur les actes agressifs des forces radicales en Ukraine".

Après avoir poussé Kiev à renoncer à un accord d'association avec l'UE, Moscou a octroyé à Kiev en décembre un crédit de 15 milliards de dollars dont elle a déjà versé 3 milliards et un rabais sur le prix du gaz. Elle a promis "cette semaine" une nouvelle tranche de 2 milliards de dollars à l'Ukraine au bord d'un défaut de paiements.

De son côté, le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a appelé Viktor Ianoukovitch à retirer les forces de l'ordre des rues de Kiev et "à faire preuve de la plus grande retenue", soulignant "l'urgence d'un dialogue immédiat" avec les dirigeants de l'opposition. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit lui "extrêmement inquiet". Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a brandi la menace de "sanctions" de l'Union européenne contre des dirigeants ukrainiens.

Le département d'Etat américain a par ailleurs déconseillé mardi soir aux citoyens américains de voyager en Ukraine et a recommandé à ceux qui sont sur place d'éviter de s'approcher des lieux de manifestation.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2014 à 20:24 :
Encore un passager clandestin de l'Europe en devenir? Si l'Europe prend Kiev, c'est pour augmenter le chômage en Europe? Pourtant l'électeur se dit aussi sceptique qu'une fosse. Si Mr Poutine est jugé bon président, la facture de gaz risque d'être salée! Pourtant c'est bien en France que la contestation des institutions est forte! On entend parler de la survie de la zone dans le siècle, c'est plutôt inquiétant. L'Europe sème le chaos en Ukraine? Pourtant le pays a l'air bien divisé. On fait des travailleurs détachés? Et Raspoutine anti économique, c'est du bon travail?
a écrit le 19/02/2014 à 20:52 :
super dramatique, triste à dire d'en arriver là, mais ces mecs là ont des c....lles, c'est clair !quand on a plus rien à perdre.......
a écrit le 19/02/2014 à 20:52 :
super dramatique, triste à dire d'en arriver là, mais ces mecs là ont des c....lles, c'est clair !quand on a plus rien à perdre.......
a écrit le 19/02/2014 à 19:17 :
Bouh, le méchant gouvernement ukrainien est soutenu par le méchant Poutine. Heureusement que les gentils occidentaux (l'UE et les USA) sont là pour dénoncer tout ce petit monde avec l'aide de nos supers médias qui font leur travail sans parti pris.
a écrit le 19/02/2014 à 18:54 :
Tout cela a-t-il un rapport avec la façon dont la Russie a bloqué les velléités américaines et de leurs alliés européens dans le dossier syrien?
Et merci aux modérateurs de bien vouloir publier ce commentaire déjà "ignoré" 3 fois et dont on se demande vraiment ce qu'il peut contenir pour justifier une censure quelconque.
Réponse de le 19/02/2014 à 20:09 :
Et Poutine heberge Snowden qui regulierement dynamite la diplomatie americaine avec ses revelations. Grace a Snowden, la presidente du Bresil a annule sa tournee aux USA recemment, Obama se transforme alors en Bush
a écrit le 19/02/2014 à 12:29 :
Cher media pro europeen, merci d'indiquer que sur les 25 morts, la moitie sont des policiers, ca evitera de penser que seuls les manifestants sont decedes, et puis merci de vous interesser, si la C I A vous autorise bien sur, a parler du parti d'extreme droite ukrainien Svoboda qui arme les manifestants de pistolets et fusils et promeut ainsi la violence. Un peu de deontologie svp.
a écrit le 19/02/2014 à 10:42 :
on voulait l'ukraine en europe mais on va avoir les ukrainiens en europe
Réponse de le 19/02/2014 à 18:35 :
Ce que le monde entier voit en Ukraine,c'est la restauration brutale d l' "Ordre établi"
façon stalinienne,nostalgie de l'ex-URSS interventionniste...Poutine fait tout et n'impor
te quoi pour garder l'Ukraine dans son influence...A mon avis,il se met toute l'Europe
à dos...Mais c'est un nouvel Hitler qui cherche à construire un nouvel empire autour
de la Russie,cette fois...
Réponse de le 19/02/2014 à 18:45 :
L'Ukraine peut devenir le 2è pays le + industrialisé d'Europe...Ce n'est pas rien...Pou
tine et ses "sbires" le savent bien...Et il ne faut pas perdre de vue que l'Ukraine a le
port le + important pour le trafic maritime russe,outre le fait qu'une certaine partie de
la marine de guerre stationne encore en Mer Noire...Voilà ce qui rend Poutine nerveux
...!!On peut le comprendre...!!
Réponse de le 19/02/2014 à 18:53 :
Si ça continue,avec le "pilotage" de l'UE en Europe centrale,certains pays de l'ex-
URSS,comme la Bulgarie pourrait bien retourner dans le giron de la Russie...En Ru
ssie,c'est la France seule qui a obtenu la modernisation intégrale des chemins de
fer.6 entreprises françaises de 1er plan y contribuent,dont Bouygues,Eiffage,Vinci,
Alsthom;alors qu'initialement,c'était l'Allemagne qui était sur le coup...Alors,on
ne fait que protester énergiquement...
a écrit le 19/02/2014 à 10:06 :
L'Union européenne peut-elle aligner elle aussi 15 milliards? Non, et elle ne souhaite pas non plus des rapports trop forts avec ce pays dont l'objectif est d'intégrer l'UE. Cette éventualité qui réduirait de fait l'influence russe accroîtrait encore les tensions entre l'UE et la Russie. Nous n'y avons pas intérêt. L'Ukraine pratiquement en faillite restera dans le giron de Moscou et devrait progressivement glisser vers la guerre civile, sous nos yeux et avec des conséquences qui nous éclabousseront.
Réponse de le 19/02/2014 à 18:41 :
Le scénario ukrainien est typiquement celui qu'ont du affronter la Hongrie en 1956 et la Tchécoslovaquie en 1968...A l'exception près,c'est que Poutine hésitera à 2 fois
avant d'intervenir;pour la bonne raison,qu'il ne voudrait pas que l'UE abandonne le gaz russe pour du gaz qatari,australien,congolais,par exemple...En attendant,il fait tout
pour mettre Ianoukovitch au pas...Et l'UE attend que ça se passe...
Réponse de le 19/02/2014 à 20:11 :
Gaz australien ? Congolais ? Qatari alors que les gazoducs sont propriete de la Russie, un acheminement du gaz par bateau des ces pays lointains ne serait absolument pas rentable. Bouh les mechants russes et les gentils mignons bisounours philanthropes americains qui font de l'ingerence partout pour le bien etre de l'humanite (Chili, Irak, Nicaragua ...)
Réponse de le 19/02/2014 à 23:17 :
Vous oubliez de préciser que sans le blé d'Ukraine, la Russie ne peut pas prétendre à l'autosuffisance alimentaire en cas de grande crise. Elle perdrait ,en cas de découplage totale de l'Ukraine, toute possibilité d'être une puissance globale du niveau des Etats-Unis...
Réponse de le 20/02/2014 à 5:40 :
La Russie diversifie son approvisionnement en blé, d'où les investissements agricoles dans les grandes plaines du Kazakhstan. Pour info, 10% des terres ukrainiennes ont été louées aux chinois l'année derniere, ca aussi les Americains n'aiment pas voir les Chinois avoir de l'influence en Europe, les Chinois produisent des voitures en Ukraine, les Chinois (alliés des Russes) sont de plus en plus présents en Ukraine et ca fait pas plaisir a Barack Bush Junior

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