Au lendemain d'un jeudi sanglant, l'Ukraine dégradée par Standard & Poor's

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À la suite d'une "dégradation substantielle" de la situation en Ukraine, l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé vendredi à "CCC" la note du pays, où manifestants anti-gouvernement et policiers s'affrontent depuis plusieurs jours.
Cette note correspond à un pays proche du défaut de paiement, et est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence envisage un nouvel abaissement. L'Ukraine après les violences des derniers jours, qui risquent de remettre en cause l'aide financière russe et la solvabilité du pays.
Après les affrontements de ces derniers jours, Standard & Poor's estime qu'"un compromis politique est désormais hors d'atteinte" en Ukraine :
Après le refus fin novembre des autorités ukrainiennes de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, Moscou a accordé à Kiev, au bord de la faillite, un crédit de 15 milliards de dollars et une baisse du prix du gaz importé correspondant à plusieurs milliards de dollars.
Après avoir versé trois milliards de dollars fin décembre, les autorités russes ont suspendu en janvier leur aide. Elles ont annulé à la dernière minute cette semaine le versement d'une tranche de deux milliards de dollars, expliquant attendre un retour au calme. Si la Russie revenait sur son soutien, S&P estime que l'Ukraine, qui doit rembourser pour 13 milliards de dollars de dette cette année, ferait défaut.
Elle souligne que l'opposition actuelle est "moins soudée" que lors de la Révolution orange de 2004 qui avait porté des pro-occidentaux au pouvoir et "ne dispose pas de chef de file évident". Les autorités ukrainiennes ont dépensé des milliards de dollars pour soutenir leur monnaie tout au long de l'année passé, alors que le pays était en récession, et les réserves de devises ont atteint un niveau dangereusement faible.
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La pression s'est accentuée avec la crise politique et la banque centrale a introduit des restrictions sur les mouvements de capitaux pour enrayer la dégringolade de la hryvnia.
La violence s'est déchaînée jeudi en Ukraine avec au moins 60 morts à Kiev, selon l'opposition, alors que les efforts de trois ministres européens pour arracher un compromis se sont poursuivis toute la nuit de jeudi à vendredi, aboutissant à un accord qui doit être rendu public vers midi, heure française, selon la présidence ukrainienne.
Quelques heures plus tôt, l'entourage du chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait indiqué que les négociations étaient "très difficiles" et qu'il n'y avait "pas d'accord pour l'instant". Fabius a par la suite quitté Kiev pour Pékin en raison d'engagements en Chine, a indiqué le Quai d'Orsay. Il demeure cependant "en permanence en liaison avec ses homologues allemand et polonais" et "pleinement mobilisé par cette négociation".
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Les deux diplomates et leur homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont passé une grande partie de la journée en consultations avec le président Ianoukovitch et avec les leaders de l'opposition ukrainienne, au moment même où une nouvelle vague de violence s'abattait sur le pays.
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