Au lendemain d'un jeudi sanglant, l'Ukraine dégradée par Standard & Poor's

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Un accord a été trouvé entre le pouvoir ukrainien, l'opposition, l'UE et la Russie, à l'issue de négociations marathon après un bain de sang à Kiev. (Reuters/Vasily Fedosenko)
Un accord a été trouvé entre le pouvoir ukrainien, l'opposition, l'UE et la Russie, à l'issue de négociations marathon après un bain de sang à Kiev. (Reuters/Vasily Fedosenko) (Crédits : Reuters/Vasily Fedosenko)
L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la note de la dette souveraine ukrainienne, au lendemain des violents affrontements entre manifestants anti-gouvernement et police qui ont fait au moins soixante morts jeudi à Kiev.

À la suite d'une "dégradation substantielle" de la situation en Ukraine, l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé vendredi à "CCC" la note du pays, où manifestants anti-gouvernement et policiers s'affrontent depuis plusieurs jours.

Cette note correspond à un pays proche du défaut de paiement, et est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence envisage un nouvel abaissement. L'Ukraine après les violences des derniers jours, qui risquent de remettre en cause l'aide financière russe et la solvabilité du pays.

"Compromis hors d'atteinte"

Après les affrontements de ces derniers jours, Standard & Poor's estime qu'"un compromis politique est désormais hors d'atteinte" en Ukraine :

Nous pensons que cela accentue l'incertitude concernant le soutien financier de la Russie durant l'année 2014 et pose un risque croissant pour la capacité du gouvernement à payer ses dettes.

Après le refus fin novembre des autorités ukrainiennes de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, Moscou a accordé à Kiev, au bord de la faillite, un crédit de 15 milliards de dollars et une baisse du prix du gaz importé correspondant à plusieurs milliards de dollars.

La possibilité d'un défaut

Après avoir versé trois milliards de dollars fin décembre, les autorités russes ont suspendu en janvier leur aide. Elles ont annulé à la dernière minute cette semaine le versement d'une tranche de deux milliards de dollars, expliquant attendre un retour au calme. Si la Russie revenait sur son soutien, S&P estime que l'Ukraine, qui doit rembourser pour 13 milliards de dollars de dette cette année, ferait défaut.

Elle souligne que l'opposition actuelle est "moins soudée" que lors de la Révolution orange de 2004 qui avait porté des pro-occidentaux au pouvoir et "ne dispose pas de chef de file évident". Les autorités ukrainiennes ont dépensé des milliards de dollars pour soutenir leur monnaie tout au long de l'année passé, alors que le pays était en récession, et les réserves de devises ont atteint un niveau dangereusement faible.

Déchaînement de violence

La pression s'est accentuée avec la crise politique et la banque centrale a introduit des restrictions sur les mouvements de capitaux pour enrayer la dégringolade de la hryvnia.

>> Lire : La monnaie ukrainienne, la hryvnia, entre en territoire inconnu

La violence s'est déchaînée jeudi en Ukraine avec au moins 60 morts à Kiev, selon l'opposition, alors que les efforts de trois ministres européens pour arracher un compromis se sont poursuivis toute la nuit de jeudi à vendredi, aboutissant à un accord qui doit être rendu public vers midi, heure française, selon la présidence ukrainienne. 

Accord annoncé vers midi

Quelques heures plus tôt, l'entourage du chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait indiqué que les négociations étaient "très difficiles" et qu'il n'y avait "pas d'accord pour l'instant". Fabius a par la suite quitté Kiev pour Pékin en raison d'engagements en Chine, a indiqué le Quai d'Orsay. Il demeure cependant "en permanence en liaison avec ses homologues allemand et polonais" et "pleinement mobilisé par cette négociation".

Les deux diplomates et leur homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont passé une grande partie de la journée en consultations avec le président Ianoukovitch et avec les leaders de l'opposition ukrainienne, au moment même où une nouvelle vague de violence s'abattait sur le pays.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2014 à 20:32 :
J'ai été censuré , vous avez raison , faut pas faire de peine à vos amis banquiers
a écrit le 21/02/2014 à 17:05 :
Partagés en deux blocs de pays en compétition économique sur le plan mondial.
Ils vont se réveiller en faillite et ce ne sont pas les bisous de François et d'Angela, ni les poignées de main diverses entre les élus de l'UE qui sècheront les larmes. Ne restera plus que la Russie pour tenter de relever à minima ce pays.
a écrit le 21/02/2014 à 15:55 :
Le pays fera faillite et sera divisé en 3 , l ouest sous influence de l ue ,l est et la Crimée vers la Russie et le centre avec Kiev sera la nouvelle Ukraine qui sera notre tampon avec la Russie ,cela arrange tout le monde ,rdv au cours des 2 prochaines années voir avant vu la faillite rapide qui arrive .
a écrit le 21/02/2014 à 15:50 :
Oui il ne manquait que ces blaireaux pour arranger la situation
S'il y avait une révolution à faire et couper leurs ailes c'est peut être par eux qu'il faudrait commencer
a écrit le 21/02/2014 à 13:11 :
Ces agences de notation et leurs commis les banques : " aucun patriotisme, leur objectif : le gain ( Bonaparte) " ces gens la ont des pulsions de gardiens de camp ...
a écrit le 21/02/2014 à 11:03 :
Mrs les agences de notation un peu de décence !
a écrit le 21/02/2014 à 9:26 :
et passer à tabac les manifestant anti-euro comme c'est le cas en Europe du Sud, ça rapporte quoi à niveau note sur la dette?
a écrit le 21/02/2014 à 9:06 :
Nous sommes des ultra mous! Pendant que les ukrainiens se battent pour obtenir un pouvoir moins pire que celui actuellement au pouvoir, l'Europe, comme à son habitude, gesticule. Les citoyens européens s'indignent et postent des commentaires et ces brigands des agences de notation enfoncent le pays en dégradant la note. Il serait peut-être temps de soutenir en lieu et place de tergiverser!!! Nous nous croyons à l'abri de cela dans notre Europe occidentale mais la crise a fait pas mal de dégâts dans de nombreux ménages. Le vote sanction donnera un signal qui ne sera pas entendu par nos politiciens. Ils parleront d'immaturité des votants… Comme d'habitude.

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