Ukraine : vers une présidentielle anticipée et une réforme de la Constitution

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Le président ukrainien a annoncé vendredi la tenue d'une élection présidentielle anticipée. (Reuters/Thomas Peter)
Le président ukrainien a annoncé vendredi la tenue d'une élection présidentielle anticipée. (Reuters/Thomas Peter) (Crédits : Reuters/Thomas Peter)
Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a annoncé vendredi une élection présidentielle anticipée, une réforme constitutionnelle et la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Des propositions acceptées par l'opposition.

Article publié à 11:55 le 21/02/2014, mis à jour à 15:08 le 21/02/2014 

La médiation internationale a porté ses fruits. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a consenti vendredi des concessions majeures aux demandes de l'opposition. Après une journée sanglante dans le centre de Kiev jeudi, il a annoncé vendredi une élection présidentielle anticipée, une réforme constitutionnelle et la formation d'un gouvernement d'unité nationale.

"J'annonce le lancement d'une procédure en vue d'une présidentielle anticipée", a déclaré le président dans un communiqué sans en préciser la date. "Je lance aussi le processus du retour à la Constitution de 2004" qui réduit les pouvoir présidentiels au profit du gouvernement et du Parlement ainsi que la formation d'un "gouvernement d'unité nationale". L'opposition a accepté l'ensemble de ces propositions et a signé vendredi après-midi un accord de sortie de crise avec Viktor Ianoukovitch.

Déchaînement de violences

La veille, la violence s'était déchaînée jeudi en Ukraine avec au moins 60 morts à Kiev, selon l'opposition, alors que les efforts de trois ministres européens pour arracher un compromis se sont poursuivis toute la nuit de jeudi à vendredi.

Dans la matinée de vendredi, le ministère ukrainien de l'Intérieur a accusé des manifestants d'avoir ouvert le feu sur des policiers en essayant de percer les cordons en direction du parlement. "Les tirs se poursuivent", écrit le ministère dans un communiqué, en accusant les manifestants d'avoir "violé la trêve".

Négociations "très difficiles"

Quelques heures plus tôt, l'entourage du chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait indiqué que les négociations étaient "très difficiles" et qu'il n'y avait "pas d'accord pour l'instant". Fabius a par la suite quitté Kiev pour Pékin en raison d'engagements en Chine, a indiqué le Quai d'Orsay. Il demeure cependant "en permanence en liaison avec ses homologues allemand et polonais" et "pleinement mobilisé par cette négociation".

Les deux diplomates et leur homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont passé une grande partie de la journée en consultations avec le président Ianoukovitch et avec les leaders de l'opposition ukrainienne, au moment même où une nouvelle vague de violence s'abattait sur le pays.

Dégradation économique

À la suite d'une "dégradation substantielle" de la situation en Ukraine, l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé vendredi à "CCC" la note du pays, où manifestants anti-gouvernement et policiers s'affrontent depuis plusieurs jours.

Cette note correspond à un pays proche du défaut de paiement, et est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence envisage un nouvel abaissement. L'Ukraine après les violences des derniers jours, qui risquent de remettre en cause l'aide financière russe et la solvabilité du pays.

Matières premières agricoles

Selon la société de conseil indépendante Agritel, experte sur les marchés de l'agri-industrie, les affrontements ont également affecté la commercialisation des matières premières agricoles. Son directeur général, Michel Portier, cité par communiqué, a indiqué :

L'impact des récents événements de la crise ukrainienne sur le marché local des grains est de plus en plus marqué. Notre bureau à Kiev constate les premiers retraits des agriculteurs à la vente depuis le début de la semaine.

Le communiqué précise que les prix FOB du maïs ont augmenté sur les ports de 5 $/t à 8 $/t depuis le début de la semaine et les cours s'affichent désormais à 225 $/t.

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a écrit le 22/02/2014 à 13:08 :
Que l'Ukraine commence à prospecter ses réserves de gaz de schistes comme elle le fait pour le charbon , cela sera moins dangereux que le nucléaire !
a écrit le 22/02/2014 à 12:52 :
Maintenant il faut un geste fort de l'Europe , faire entrer l'Ukraine dans un partenariat privilégier avec la zone Euros ce que demande la Pologne d'ailleurs et ne pas la couper de Moscou .
a écrit le 21/02/2014 à 20:00 :
C'est où l'UIkraine ?
Réponse de le 22/02/2014 à 12:55 :
juste à côté de Tchernobyl !
a écrit le 21/02/2014 à 19:09 :
Seule solution viable, la partition du pays. L'Est russophone annexé par la Russie, l'Ouest ukrainien tourné vers l'Europe.
a écrit le 21/02/2014 à 18:12 :
Les révoltes sont contagieuses, certains en France devraient y réfléchir.
a écrit le 21/02/2014 à 16:37 :
Il ne reste plus qu'aux Francais de faire la meme chose en France et de prendre exemple sur ce soulevement populaire et democratique ukranien !
a écrit le 21/02/2014 à 13:31 :
Nouvelle élection ! quel crédit et donc quelle légitimité accorder à cette mascarade quand on sait que l'Europe ultra libérale va largement s'impliquer dans cette opération et la téléguider dans le sens qui lui convient.
La seule issue possible pour les russophones, c'est la scission de l'Ukraine.
Réponse de le 21/02/2014 à 14:21 :
Heureusement que le ridicule ne tue pas...
Réponse de le 21/02/2014 à 14:28 :
Ce qui ne manquera pas d'exacerber le problème. Car en gros de quoi s'agit-il? Les russes produisent du gaz consommé par l'UE et principalement le glacis allemand. Poutine a en gros dit à l'Ukraine: faites en sorte de prendre un droit de péage aurpès des européens correspondant au fait que tous ces oléoducs transitent par votre pays. En échange on vous livre le gaz à des prix confortables et on ferme les yeux. Mais ne changez pas cet équilibre qui repose sur le fait de rester dans notre sphère d'influence. Tout cela date de longtemps. Ce n'est pas un hasard si Gerhard Schröder a été instrumental dans ces dossiers jusqu'à s'y reconvertir. D'où les conflits mouchetés des dernières années sur les factures non payées au russes et le refus par l'Allemagne de céder à ce chantage. D'autant plus que des gazoducs concurrents sont présents ou initiés au nord depuis le Belarus ou directement depuis St Petersbourg, avec donc l'évidente bénédiction de la Russie qui ne compte pas se limiter en termes de partenaires et d'export.

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