Sérieux coup de frein pour l'industrie chinoise

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La production industrielle chinoise a connu sa progression la plus faible de sa production industrielle depuis avril 2009, en pleine crise financière. (Photo : Reuters)
La production industrielle chinoise a connu sa progression la plus faible de sa production industrielle depuis avril 2009, en pleine crise financière. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Sur les mois de janvier et février, la production industrielle chinoise a progressé de 8,6% par rapport à la même période de 2013, soit la plus faible hausse enregistrée depuis près de 5 ans, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

Le doute n'est désormais plus permis, la Chine traverse bel et bien une mauvaise passe. Elle a en effet enregistré en janvier et février  une hausse de sa production industrielle de 8,6%, selon le Bureau national des statistiques (BNS). Soit sa plus faible progression depuis avril 2009, au coeur de la crise financière. Les analystes de Dow Jones s'attendaient à une hausse de 9,5%.

Les ventes de détail marquent le pas

Les ventes au détail ont quant à elles progressé de 11,8% en janvier-février par rapport à la même période de l'an dernier, a également annoncé le BNS sur son site internet. Un chiffre lui aussi très inférieur aux prévisions des analystes (+13,5%), et le plus faible depuis trois ans. De leur côté, les investissements en capital fixe sur janvier-février ont gonflé de 17,9% sur un an, décevant là encore les attentes du marché.

Impact certain des vacances annuelles

Ces statistiques, publiées habituellement de façon mensuelle, couvraient exceptionnellement la période des deux premiers mois de 2014, pour tenir compte des distorsions provoquées par les congés du Nouvel an lunaire, débutés fin janvier. Durant cette période de vacances prolongées, de nombreux travailleurs migrants quittent les villes pour retourner dans leur région d'origine et de nombreuses usines cessent leur activité.

Indicateurs moroses

Cette publication intervient cependant après une série d'indicateurs moroses ayant avivé les inquiétudes sur un ralentissement de la deuxième économie mondiale. Ainsi, la production manufacturière chinoise a enregistré en février sa plus forte contraction depuis sept mois, selon l'indice publié par la banque HSBC, et le pays a affiché en février un déficit commercial inattendu de 22,98 milliards de dollars.

Ralentissement programmé

Pékin a annoncé la semaine dernière avoir reconduit pour 2014 un objectif de croissance économique de 7,5%. Ce qui serait, s'il se concrétise, le plus bas taux de croissance de la Chine depuis près d'un quart de siècle. Le pays avait enregistré 7,7% de croissance économique en 2013, un chiffre stable par rapport à 2012, année où elle avait connu sa plus faible performance en 13 ans.

Rééquilibrage de la croissance

Le gouvernement affiche son intention de "rééquilibrer" le modèle économique chinois, en dopant la consommation intérieure tout en diminuant la dépendance à l'égard des exportations et des investissements dans les infrastructures --quitte à voir la croissance se modérer sous l'effet de réformes structurelles.

>> Lire La Chine malade de son système bancaire

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Commentaires
a écrit le 13/03/2014 à 14:16 :
Si certains experts sont déçus par ces chiffres c'est qu'ils manquent de lucidité.
D'une part la croissance à deux chiffres en Chine, c'est fini. Il y a 15 ans, les investisseurs sentaient l'immense potentiel de croissance de la Chine et voyaient une main d'oeuvre ultra-compétitive. Maintenant , la main d'oeuvre n'est plus si intéressante et le marché intérieur chinois ne s'est peut etre pas developpé autant qu'il aurait fallu .
D'autre part, la Chine ultra-exportatrice est un modèle basé un cout de la main d'oeuvre bas et ce modèle touche à sa fin. La tache du gouvernement Chinois ne consiste pas à rééquilibrer le modèle économique chinois mais à le changer. Or tout le problème revient à augmenter le pouvoir d'achat des chinois sans trop entamer la compétitivité, bref c'est un défi de taille.
Enfin, la croissance reste quand même à mon avis à un niveau satisfaisant au vu des défis que rencontre la Chine.

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