Les craintes sur la croissance chinoise s'amplifient

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Une intervention de la banque centrale chinoise pour relancer le crédit permettrait de soutenir l'activité et l'emploi en Chine. Mais elle risquerait dans le même temps d'accentuer les déséquilibres dont souffre l'économie du pays.
Une intervention de la banque centrale chinoise pour relancer le crédit permettrait de soutenir l'activité et l'emploi en Chine. Mais elle risquerait dans le même temps d'accentuer les déséquilibres dont souffre l'économie du pays. (Crédits : reuters.com)
Les analystes s'attendent à une forte décélération de la croissance chinoise au premier trimestre. Le resserrement monétaire et le coup de frein aux investissements publics pèsent en effet sur l'activité. Mais ils participent aussi de l’assainissement de l'économie du pays.

Pékin a beau avoir fait savoir en début d'année que le ralentissement de la croissance chinoise était entièrement assumé, les analystes sont inquiets. Il faut dire que selon leurs dernières estimations, la deuxième économie mondiale aurait sévèrement trébuché en ce début d'année.

7,3% de croissance prévus par les analystes

Son expansion n'aurait en effet pas dépassé les 7,3% en rythme annuel au premier trimestre, selon le panel interrogé par l'AFP. C'est à dire en dessous des 7,5% prévus en 2014 par le gouvernement.

Le chiffre officiel ne sera connu que mercredi prochain, mais ce qui est sûr, c'est que celui-ci devrait traduire une nette décélération, après les 7,7% enregistrés au dernier trimestre de l'an dernier.

Le rééquilibrage pèse sur la croissance

Entre renchérissement des coûts de production, resserrement monétaire et faiblesse de l'économie mondiale, en particulier en Europe, les difficultés se multiplient pour les autorités chinoises qui tentent depuis un an de mener à bien le retournement de leur modèle économique.

Au programme, libéralisation de certains secteurs, assainissement de la finance pour une meilleure allocation des capitaux et montée en gamme, avec pour objectif de passer d'un modèle de croissance à bas coûts fondé sur les exportations et la dépense publique à une croissance plus équilibrée, basée sur une demande intérieure plus forte grâce aux investissements privés et à la consommation.

>> Lire Les six maux de l'économie chinoise

Fermeté de Pékin malgré les craintes pour l'emploi

Bien que les perspectives pour le deuxième trimestre ne soient pas bonnes non plus, le Premier ministre Li Keqiang a rejeté l'idée d'un plan de soutien massif à l'économie. La croissance est pourtant un enjeu crucial pour le parti communiste chinois et le pouvoir actuel, qui craignent que leur légitimité ne soit remise en cause si le plein emploi n'est pas garanti.

Or le Premier ministre avait lui-même affirmé qu'il ne serait plus assuré en dessous d'une croissance à 7,2% l'an. C'est pourquoi la plupart des analystes s'attendent à une intervention de Pékin à un moment ou à un autre. Mais l'ampleur du stimulus devrait être limité, car les autorités sont bien conscientes que la relance monétaire et la relance par la dépense publique dont elles ont usé depuis 2008 risquent d'accentuer les déséquilibres actuels.

>> Lire Les grands enjeux de 2014 : la Chine malade de son système bancaire

Un plan de relance augmenterait les déséquilibres

Ce sont en effet les grandes entreprises publiques et les gouvernements locaux qui ont capté la majeure partie des liquidités injectées dans l'économie du pays depuis, provoquant d'importantes surcapacités, au détriment de l'investissement productif. Les entreprises privées, elles, n'ont pas accès au crédit et ont recours à un système de financement alternatif qui échappe à tout contrôle : le shadow banking, qui se nourrit lui aussi d'une politique monétaire expansionniste captée en quasi totalité par les grandes entreprises d'État. Cette finance informelle est d'ailleurs une autre source d'inquiétude en Chine.

Pékin devrait donc se contenter d'accorder des aides fiscales aux PME, après avoir déjà annoncé la création de cinq banques commerciales privées pour les financer. Un abaissement des réserves obligatoires pour les banques afin d'améliorer les chances de financement de l'économie a aussi été évoqué. Mais cela augmenterait encore les craintes que suscitent la très forte expansion du crédit dans le pays. Bref, les fondations de l'édifice chinois sont encore fragiles, et les solutions miracles semblent manquer. D'où ce choix de Pékin d'emprunter la voie du milieu.

>> Lire Le shadow banking, ou la découverte du libéralisme par les épargnants chinois

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a écrit le 15/04/2014 à 12:58 :
Voilà son premier client hors d'Europe qui se débine et qui souffre d'une croissance intérieure incapable de maintenir la croissance.... Il y a similarité entre ces deux modèles hyper productivistes, ajoutons y une démographie en berne, des investissements qui se font de plus en plus en dehors du pays.
Réponse de le 16/04/2014 à 9:49 :
Les exportations vers l'Europe ont diminuées, donc c'est normal que la croissance chinoise diminue; maintenant un taux à +/- 7,5% veut dire que la demande intérieure reste forte... de plus il faut se souvenir qu'au moment du pic de crise aux exportations, la Chine a injecté des capitaux dans les provinces pour soutenir la demande intérieure... et avec son pactole de USD, elle est bien capable de recommencer...
La Chine veut toujours réduire sa population, mais ne veut pas qu'il y ait trop peu de jeunes; l'Allemagne veut augmenter sa population de jeunes, ce sont de sacrées différences !
a écrit le 15/04/2014 à 12:12 :
Il y a déjà quelques années que la Chine a une croissance qui, de temps à autre, est annoncée en diminution; jusqu'à présent la consommation intérieure a permis de réduire quelque peu l'impact de la baisse des exportations vers Europe et USA. Mais bien sûr l'Europe en crise longue est difficile à amortir. Par contre qui connaît un peu le pays, sait qu'une grande partie de la Chine est encore en voie de développement et que la demande intérieure sera forte pendant des années si pas des décennies; donc le gouvernement continue à soutenir les investissements dans les provinces; ce faisant il agit aussi contre le chômage; et si la barre de 7,5% de croissance est atteinte, il réinjectera plus d'argent là où ce sera nécessaire.
Pour ce qui concerne les banques, le gouvernement chinois en fait ce qu'il veut, publiques comme privées - et il peut bien sûr restreindre les conditions de crédit à tout moment - donc il était bien au courant que les entreprises publiques et les gouvernements locaux profitaient plus des aides versées antérieurement que les PME....
maintenant il peut soutenir la creation de banques privées, mais il y en a déjà des tas, CCI, Bank of Shgh, Bank of Com.,.. par contre agir par la fiscalité est un moyen sûr d'aider les PME.
a écrit le 15/04/2014 à 9:40 :
ce qui est curieux c'est les indices qui sortent ici ou là genre ( tout va bien , la croissance mondiale a cru de % ) mais dans les faits c'est plus nuancé et aussi on assiste a une chute de la demande mondiale dans de nombreux secteurs d'activité , déflation mondiale ? je me pose des questions et j'ai pas les réponses a ce sujet mais quelque chose arrive c'est certain et les consommateurs européens eux boudent clairement les achats helàs
a écrit le 15/04/2014 à 8:53 :
un ' plan de relance' quand il y a 7% de croissance? je croyais qu'il n'y avait que les socialistes francais pour sortir des debilites du genre!!
Réponse de le 15/04/2014 à 20:32 :
Il faut voir aussi la difference de PIB par habitant en France et en Chine! ^^ Tout es différent chez eux!
a écrit le 14/04/2014 à 20:50 :
Sur la croissance de la Chine aujourd'hui il faut voir dans quel état cela a mis Monsieur Delamarche lui qui en parle depuis plus de 3 ans de cette fumisterie.
Le commentateur en a fait les frais.
a écrit le 14/04/2014 à 20:12 :
la croissance de la chine est liée à l'investissement et au retard qu'avait pris ce pays. Maintenant, la population est équipée, les salaires ont fortement augmenté au détriment de la compétitivité....mais il faut avouer que 7.5 % de croissance en font rêver plus d'un, même en france on rêve déjà sur un chiffre proche de 1 % alors ? tout d'abord la croissance qui nous est communiquée est-elle correctement calculée ? La dévaluation des monaies ne sert plus à rien compte tenu de la dévaluation compétitive des autres pays....reste que la crise financière n'est pas finie et il est fortement probable que les bourses corrigent, quel sera le "pétard" de cette nouvelle écatombe ? Les pays émergents, la planche à billet, les placements immobiliers ou financiers avec le retour de la titrisation ? la prudence est de mise, la roulette tourne les jeux sont faits !
Réponse de le 15/04/2014 à 13:03 :
La chine est très loin d'avoir atteint un niveau de développement suffisant et c'est là le noeud du problème. La croissance chinoise a surtout produit de l'inégalité, la classe moyenne ne suffit pas encore à entrainer le maintien de la croissance et la machine à faire des milliardaires n'est pas efficace pour sortir la moitié du pays du moyen âge.
Réponse de le 16/04/2014 à 9:41 :
Mais non la population chinoise est loin d'être équipée; il suffit de s'écarter des villes vitrines pour s'en rendre compte .
a écrit le 14/04/2014 à 20:02 :
La Chine, "communiste", est le simple révélateur de la récession de la première zone économique mondiale, soit, la Zone Euro. Tout simplement. Même les US, la GB, le Japon, et tous les autres pays qui quhitent (action de faire un "qe", mettez-vous à la page.) par la planche à billet ne peuvent pas déverser trop de billets sauf pour alimenter les pompes à fric.
a écrit le 14/04/2014 à 12:47 :
Pffff.... Les analystes! Ils n'ont pas vu arriver la crise des subprimes, ils ne voient toujours pas le nouveau krach qui se profile, ils sont réactifs mais pas pro actifs, ne comprennent finalement pas grand chose au monde qui les entoure, aveuglés qu'ils sont par leur préscience et leur pensée unique, et surtout ne prennent pas dans leurs calculs la variable humaine, pourtant si importante dans l'économie... Alors leurs craintes...

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