Les Occidentaux prévoiraient de boycotter le Mondial 2018, Moscou et Kiev se rapprochent

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Le conflit en Ukraine et les prises de positions qui en découlent donnent à la situation un air de guerre froide estiment des observateurs internationaux.
Le conflit en Ukraine et les prises de positions qui en découlent donnent à la situation un air de "guerre froide" estiment des observateurs internationaux. (Crédits : reuters.com)
Les présidents russe et ukrainien se sont entendu pour une "sortie" de crise par téléphone. Avant cela, de nouvelles sanctions étaient toujours en suspens. Parmi elles: un boycott possible de la Coupe du monde de la Fifa qui doit avoir lieu en Russie dans quatre ans.

Ils étaient allés à Sotchi, mais ils n'iront peut-être pas à Saint-Pétersbourg. La ville qui doit accueillir les cérémonies de lancement de la Coupe du monde de Football 2018 en Russie pourrait en effet ne pas avoir les honneurs de plusieurs pays occidentaux, s'ils décident de suivre d'appliquer une idée inscrite sur un document actuellement en circulation parmi les diplomates européens, selon le Financial Times.

Plus largement, il s'agirait de suspendre la participation aux "événement culturels, économiques et sportifs d'envergure internationale", dont les compétitions sportives comme la Coupe du monde ou bien les courses de Formule 1.

Un précédent

Par le passé, en pleine guerre froide, ce type de décision a déjà été mis en application par un pays occidental contre ce qui était alors l'URSS. En 1980, alors que le dirigeant russe Brejnev était engagé dans une guerre en Afghanistan, le président américain Jimmy Carter et à sa suite d'autres pays occidentaux avaient alors décidé de ne pas se rendre aux JO de Moscou en 1980. Quatre ans plus tard, le bloc soviétique répliquait en boycottant les Jeux de Los Angeles.

Dans le cas présent, dès le mois de juillet, alors que des rumeurs d'un possible boycott circulaient, la Fifa s'était officiellement exprimée sur le sujet écrivant dans un communiqué:

"L'histoire a montré jusqu'ici que le boycott des événements sportifs ou les politiques d'isolement ou de confrontation n'étaient pas les moyens les plus efficaces de résoudre les problèmes."

Kiev et Moscou proches d'un terrain d'entente?

Plus récemment encore, les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Petro Porochenko ont eu ce mercredi une conversation téléphonique pendant laquelle ils sont tombés "largement d'accord" sur les moyens de sortir de la crise en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin, cité par l'agence Interfax. "Les points de vue des présidents des deux pays coïncident largement sur de possibles moyens de sortir de cette grave situation de crise",a-t-il dit

Craintes de pénuries de gaz

En outre, d'après les diplomates cités par le "FT", un tel boycott ne serait toutefois pas à l'ordre du jour des sanctions qui devraient être prise d'ici la fin de la semaine.

Mardi 2 septembre, Günther Oettinger commissaire européen à l'Energie a déclaré ne pas exclure un "scénario du pire" concernant la fourniture de gaz par Moscou. Il a en outre exprimé ses craintes concernant une jonction entre les troupes d'opposants à Kiev provenant de Crimée, annexée par la Russie, et celles de Marioupol, sur la mer d'Azov

Des rencontres entre les principaux représentants des chancelleries ont lieu actuellement en Estonie qui accueille depuis mardi le président américain Barack Obama avant un sommet de l'Otan qui doit se tenir au pays de Galles en Grande-Bretagne, avant la fin de la semaine.

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Commentaires
a écrit le 03/09/2014 à 18:00 :
Point en Ukraine : Les milices russes utilisent des roquettes pour bombarder la banlieue de Lougansk, les villes de Yuvileyne, Katerynivka, Vesela Hora dans le quartier Slovyanoserbskyi et Petrivka dans le quartier Stanychno-Luhanskyi. Ces deux derniers sont pilonnés depuis le territoire de la Fédération de Russie également. Dans Alchevsk, région de Lougansk, les miliciens russes ont utilisé l'artillerie lourde pour bombarder l'avenue Lénine. Le nombre exact de victimes n'a pas encore été déterminé. Les milices russes ont interdit aux civils de quitter les zones peuplées qu‘elles contrôlent. Les ukrainiens sont conscients que les russes profitent de la situation difficile dans les régions de Donetsk et Lougansk pour essayer d'accorder le statut de réfugié au plus d’ ukrainiens que possible pour leur faire repeupler les régions défavorisées de la Sibérie dont l‘économie manque de bras à bas salaires. Aux postes-frontières entre l'Ukraine et la Russie non contrôlés par l'Ukraine, à la place d'une carte de migration ukrainiens est donné un document de demande de statut de réfugié. Ensuite les gens sont déplacés vers les régions défavorisées de la Russie. Une diminution de l'activité et du nombre de milices est observée dans les villes occupées par les forces armées russes, dû à la discorde entre la direction sur place des milices russes et le commandement militaire russe.
Réponse de le 03/09/2014 à 18:13 :
RENGAINE – La Russie niait déjà la présence de ses troupes… en Afghanistan en 1979 Moscou reste ferme : non, aucun soldat russe n'est présent sur le sol ukrainien, ceux qui le sont se sont "égarés" ou sont "en vacances". Sauf que la Russie tenait déjà ce discours en Afghanistan en 1979... Le journal en ligne russe Gazeta revient dans son éditorial sur cette stratégie de la réfutation propre au Kremlin, qui multiplie les dérobades et se défend par un florilège de bonnes excuses poussées à l'absurde. En 1979 déjà, lorsque les troupes soviétiques étaient entrées en Afghanistan, les dirigeants de l'URSS avaient commencé par nier l'existence de cette opération militaire en dépit des affirmations de la presse étrangère. Plus tard, pendant la première guerre de Tchétchénie, entre 1994 et 1996, le ministre de la défense russe Pavel Gratchev avait martelé jusqu'au bout qu'il n'y avait pas un seul soldat russe sur le territoire tchétchène. Une fois parti à le retraite, le chiffre de 6 000 pertes russes en Tchétchénie avait finalement été reconnu. Cette technique de la négation n'est donc pas nouvelle pour le Kremlin, qui poursuit une "vieille tradition du pouvoir", accuse Gazeta. DES SOLDATS "EN VACANCES" EN UKRAINE ! Le plus dommageable, selon le journal, c'est que lorsqu'ils tombent au combat, ces soldats officieux en Ukraine sont enterrés dans le plus grand secret, "leurs vies ne valant pas un clou aussi aux yeux de l'opinion publique russe". "Tant que les cercueils ne se compteront pas par milliers", le journal reste persuadé que le pouvoir russe continuera d'agir en toute impunité, sans que les affirmations éhontées du Kremlin ne soient démenties. Parmi les dernières allégations de Moscou, plusieurs militaires arrêtés par les autorités de Kiev le 25 août se seraient "perdus", ayant traversé "sans doute par accident" la frontière russo-ukrainienne. Même rengaine pour Alexandre Zakhartchenko, le chef des séparatistes de Donetsk. Si celui-ci a reconnu la présence de 3 000 à 4 000 soldats russes parmi ses troupes, il a assuré avec aplomb qu'ils étaient ici "en congés". "Plutôt que de profiter de leurs vacances sur une plage, ils sont venus rejoindre leurs frères, qui se battent pour leur liberté", a-t-il expliqué sur le site Internet de la télévision publique russe.
Réponse de le 03/09/2014 à 18:15 :
Pour Poutine, la conquête de territoire en Ukraine ne consistait pas seulement à réunifier des peuples de même ethnie russe ; tout comme lors de l’invasion de la Géorgie, cela a aussi directement à voir avec des motivations économiques. Trop de diplomates et de décideurs politiques occidentaux – en particulier ceux qui ne suivent pas régulièrement les évènements en Russie – sont très loin du compte, en ce qui concerne la perception de Poutine, quant aux besoins de la Russie.
Certes, Poutine s’est attiré des applaudissements pour avoir permis le redémarrage de la Russie, à la suite des mandats de Boris Yeltsine, mais la réalité de sa réussite économique est toute autre et essentiellement dépendante de la hausse brutale des prix du pétrole. Alors que le prix des carburants augmentait, l’économie russe est demeurée en stagnation.
Anna Borshchevskaya, de la Fondation Européenne pour la Démocratie (et, pour tout dire, l’épouse de l’auteur) a rédigé un article de toute première importance, il y a quelques années, qui jette un œil cru sur la vulnérabilité économique de la Russie, à l’aune des Printemps Arabes. En bref, l’économie russe se maintient en eaux stagnantes. Plutôt que de corriger les problèmes et de traiter celui, endémique, de la corruption, dont il bénéficie personnellement, Poutine a découvert qu’il est plus facile de souffler sur les braises de la ferveur nationaliste. Mais, à chaque fois qu’il s’accapare – l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, en 2008 et la Crimée, et peut-être bientôt l’Est de l’Ukraine en 2014 – il doit subventionner ce nouveau territoire, créant ainsi un nouveau siphonnage des ressources russes, d’autant plus qu’il doit aussi subventionner les Etats-Clients, comme le Bélarus (Biélorussie), pour les conserver bien dans la ligne.
Par conséquent, à chaque conquête de territoire qu’il réalise, la vitesse à laquelle l’économie russe se détériore, s’accroît un peu plus, poussant au besoin de réaliser de nouvelles conquêtes de territoire pour continuer de faire face au problème, ainsi généré. La situation de Poutine est analogue à celle d’un cocaïnomane qui doit constamment augmenter ses doses pour parvenir au même niveau d’extase.
Alors que les diplomates et les analystes s’interrogent pour deviner ce que sera la prochaine cible dans la ligne de mire du Président russe Vladimir Poutine, ce serait une grave erreur de ne se focaliser que sur l’Est de l’Ukraine, les pays de la Baltique et la Moldavie, parce que s’il veut, réellement renforcer son économie, il doit conserver son monopole énergétique. Sur ce point, l’Azerbaïdjan pro-occidental et pro-israélien, voisin de la Géorgie, devrait vraiment avoir de bonnes raisons de s’inquiéter. L’Azerbaïdjan -seul état musulman chi’ite qui respecte la séparation de la Mosquée et de l’Etat- est un foyer essentiel de ressources énergétiques, et l’été dernier, il a annoncé qu’il dirigerait son nouveau pipe-line vers le Sud de l’Europe, en contournant la Russie
Réponse de le 03/09/2014 à 18:17 :
Population Russie : 142,5 millions
Population OTAN : 917 millions

Mitaires actifs Russie : 845.000
Militaires actifs OTAN : 3.585.000

Réservistes Russsie : 2 millions
Réservistes OTAN : 2,4 millions

Chars Russie : 2550
Chars OTAN : 7500

Avions de combats Russie : 1456
Avions de combat OTAN : 5900

Têtes nucléaires Russie : 1800
Têtes nucléaire OTAN : 2580

Données fin 2013
a écrit le 03/09/2014 à 17:18 :
Vive le boycotte du Mondial 2018, un peu moins d’argent (quelque dizaines mlrd. d'euros) sera gaspillé en Russie! Concernant l'entente, à ce moment le cessez-le-feu ne représente pas d'intérêts pour les rebelles qui avancent.
Réponse de le 03/09/2014 à 17:26 :
Poutine se fout des économies (il est multi-milliardaire), se fout de son peuple, tant que ce parano peu flamber et rouler de mécanique, ca roule!
Réponse de le 05/09/2014 à 8:35 :
@ @Ex-Moscovite: Oui, c'est exact sauf qu'il n'est as parano.
a écrit le 03/09/2014 à 15:52 :
j'ai honte de ce monde occidental . Un ramassis d'incapable à la botte des us.
Quand le peuple occidental va se reveiller ?
Je ne veux pas de l'alternative fasciste proposé par les extremistes !!
JF
a écrit le 03/09/2014 à 14:17 :
Les occidentaux, feraient bien, EUX AUSSI , de balayer devant leur porte! toujours à filer des conseils, formuler des reproches à leurs voisins, alors qu'eux mêmes sont largement corrompus! franchement, ça en devient d'un ridicule! plus personne n'est crédible...
a écrit le 03/09/2014 à 9:29 :
envisage de ne pas aller en Russie alors que ce pays défend légitimement les droits des Ukrainiens russophonesvictimes du coup d'"état pro-européen qui a mis l'Ukraine à feu et à sang, mais elle continue son aventure qatarie. favorisant un état terroriste, qui rachète toute la france baltringue. Sans doute pour rentabiliser la corruption attachée à cette organisation qatarie.
Réponse de le 03/09/2014 à 9:45 :
Comment peut-on encore donner la parole à une institution tellement corrompue comme la FIFA ? alors qu'elle fasse sa coupe au Qatar, à Ryad.... dégoûtant.
Réponse de le 03/09/2014 à 11:37 :
Ce n'est pas la FIFA qui envisage de ne pas aller à Moscou mais les pays occidentaux.
Réponse de le 03/09/2014 à 12:04 :
Et comment peut-on encore donner la parole à des institutions tellement corrompues que les pays occidentaux ? ;))
Réponse de le 03/09/2014 à 18:12 :
Andrei Illarionov, un ancien conseiller de Poutine, a mis en garde dans une interview avec la télévision ukrainienne de l'existence d'une stratégie russe ambitieuse par rapport à l'Ukraine, dont la Crimée n'est qu'une première étape. D'après Illarionov, cette stratégie a été murie de longue date, et le Président russe a choisi un moment opportun pour la mettre à exécution. Le but de la Russie est de renforcer son controle sur l'Ukraine - cela passe par le rattachement à la Russie d'autres régions du pays, et par l'installation à Kiev d'un gouvernement fantoche pro-Russe. D'après Illarionov, le Kremlin voudrait la fédéralisation de l'Ukraine, permettant ainsi aux régions d'avoir leur propre politique extérieure et donc de se rapprocher de, voire de se rattacher à, la Russie. Poutine voudrait aussi la démilitarisation de l'Ukraine et une renonciation permanente à rejoindre l'OTAN, ce qui est parfois appelé la "finlandisation" de l'Ukraine, en référence au statut neutre de la Finlande, qui sert en quelque sorte de "tampon" entre la Russie et l'Union Européenne. D'après Le Monde, ces exigences russes sont en ce moment le sujet de négociations, et les pays occidentaux feraient pression sur l'Ukraine pour accepter les termes russes, bien que la fédéralisation aboutira à une déstabilisation du pays, et risque à terme de mener au rattachement de certaines régions de l'Est et du Sud à la Russie. Illarionov a en outre affirmé que la faible réponse de l'Occident, ne s'en tenant qu'à des mesures symboliques, est perçue au Kremlin comme un accord tacite pour cette politique. Il a dit enfin que la stratégie de " résistance pacifique " choisie par l'Ukraine a peu de chances de fonctionner, si l'on regarde l'histoire - la Finlande (après la Première Guerre mondiale) et la Géorgie en 2008 ont toutes les deux résisté, ce qui leur a permis de garder leur souveraineté. Par contre, la Tchécoslovaquie de 1938, qui ne s'est défendue que par des moyens pacifiques, a perdu beaucoup à la suite des accords de Munich. Pourquoi l'Ukraine est-elle si importante pour la Russie ? Outre la propagande que le gouvernement russe nous répète depuis des semaines sur la nécessité de protéger les " Russes ethniques " situés en dehors des frontières russes, et en dehors de la base navale russe de Crimée, il y a d'après moi trois raisons principales qui expliquent l'agression russe en Ukraine. Une de ces raisons est politique - Maidan, une révolution populaire qui a abouti au renversement d'un pouvoir oligarchique corrompu, est le mal absolu pour Poutine, car ce type de mouvement pourrait inspirer la société civile russe, surtout à un moment où l'économie russe est en berne. Maidan pourrait aussi être repris dans d'autres états de l'ex-URSS, mettant à mal l'hégémonie russe. Il faut donc l'écraser de façon impitoyable et en faire un exemple. La seconde raison est d'ordre économique et industrielle. Comme expliqué dans cet article (voir la carte), l'Ukraine est riche - il y aurait du gaz et du pétrole dans la Mer Noir (la Crimée, et l'annexion du sud de l'Ukraine donneraient les droits sur ces territoires maritimes) ainsi que dans l'Est de l'Ukraine. Le sud et l'est de l'Ukraine sont riches en charbon, magnésium, et en fer, et sont industrialisés, avec notamment des ports importants comme Odessa, des usines chimiques et métallurgiques, des centrales électriques... Enfin, le contrôle de ces régions permettrait à Poutine de contrôler les gazoducs et lui permettrait d'économiser beaucoup pour son projet de gazoduc sud (distance plus courte). La troisième raison est d'ordre stratégique et militaire. Aslund rappelle en effet que 40% des exports ukrainiens vers la Russie concernent la défense et l'équipement. D'après l'analyse de Vladimir Voronov, un journaliste russe spécialisé dans les questions militaires, la Russie est engagée dans un vaste programme de modernisation et d'armement sur 2011-2020, et la seule industrie de défense russe ne pourrait permettre d'en atteindre les objectifs ambitieux. Ce plan aurait besoin des entreprises ukrainiennes, comme Motor Sich (production de moteurs pour hélicoptères), ainsi que des chantiers navals ukrainiens comme ceux de Nikolaev. En outre, les missiles, satellites et vaisseaux spatiaux russes utilisent beaucoup de components et de technologie ukrainienne (un héritage soviétique). D'après Voronov, sans l'industrie de défense ukrainienne, le plan d'armement 2011-2020 russe a peu de chance d'aboutir. Ces entreprises ukrainiennes sont basées dans l'est et le sud, mais aussi à Kiev. Etant donné ces raisons économiques et stratégiques, pour que la stratégie de sanctions économiques de l'Occident ait des chances de fonctionner, il faudrait que les coûts infligés à la Russie soient supérieurs aux bénéfices escomptés de l'opération ukrainienne pour la Russie. On comprend donc mieux l'intérêt de Poutine pour l'Ukraine, et pourquoi Poutine ne compte sans doute pas s'arrêter à la Crimée. Les déclarations d'Illarionov sont inquiétantes, et l'Occident devrait en prendre la mesure afin d'adopter des réponses appropriées et d'endiguer la crise. Un échec en Ukraine renforcerait la Russie et encouragerait Poutine à continuer sa mission de faire renaitre l'URSS de ses cendres, aux dépends d'autres nations.
a écrit le 03/09/2014 à 9:21 :
Andrev Hilairionov, un ancien conseiller du Président Poutine, a mis en garde dans une interview avec la télévision ukrainienne de l'existence d'une stratégie américaine et otanienne ambitieuse par rapport à l'Ukraine, dont la mainmise sur les bases navales russes de la Crimée ne serai qu'une première étape. D'après Hilairionov, cette stratégie a été murie de longue date (1993) dnas les salles de Washington et de Bruxelles, et le Président Obama, pressionné par son drôle de rival McCain (en fait, ce Republicain garde un poste à son parti et un autre très actif à l’administration d’Obama !) a choisi un moment opportun pour la mettre à exécution : les JO de Sotchi en Russie. Le but de l’OTAN est de renforcer son controle sur l'Ukraine - cela passe par le détachement de la Russie d'autres régions du pays, et par l'installation à Kiev d'un gouvernement fantoche pro-Occidental.

D'après Hilairionov, le Kremlin voudrait la fédéralisation de l'Ukraine depuis longtemps, permettant ainsi aux régions d'avoir leur propre politique extérieure et donc de se rapprocher de, voire de se rattacher de forme naturelle à, la mère-Russie. Poutine voudrait aussi la démilitarisation de l'Ukraine et une renonciation permanente à rejoindre l'OTAN, ce qui est parfois appelé la "finlandisation" de l'Ukraine, en référence au statut neutre de la Finlande, qui sert en quelque sorte de "tampon" entre la Russie et l'Union Européenne. D'après le très sérieux journal Le Monde, ce paradigme d’impartialité mondialement reconnu, ces exigences russes sont en ce moment le sujet de négociations, et les pays occidentaux feraient pression sur l'Ukraine pour accepter les termes russes, puisque la fédéralisation aboutira à une stabilisation du pays, et empêche à terme de mener au rattachement de certaines régions de l'Est et du Sud à la Russie.

Hilairionov a en outre affirmé que l’injuste réponse de l'Occident, ne s'en tenant qu'à des mesures totalement tendancieuses envers la Russie, est néanmoins perçue au Kremlin comme un accord tacite pour cette politique. Il a dit enfin que la stratégie de " résistance pacifique " choisie par l'Ukraine a beaucoup de chances de fonctionner, si l'on regarde l'histoire - la Finlande (après la Première Guerre mondiale) et la Géorgie en 2008 ont toutes les deux résisté, mais cela leur a empêché de garder leur territoire original. Par contre, la Tchécoslovaquie de 1938, qui ne s'est défendue que par des moyens pacifiques, a perdu beaucoup à la suite des accords de Munich. Pourquoi l'Ukraine est-elle si importante pour la Russie ? Outre la propagande que le gouvernement occidental qui diabolise la personne de Vladimir Poutine et nous répète depuis des semaines sur la nécessité de protéger les " Russes ethniques " situés en dehors des frontières russes, et en dehors de la base navale russe de Crimée – quelle hypocrisie ! – , il y a d'après moi trois raisons principales qui expliquent l'agression de l’OTAN et de la CIA en Ukraine. Une de ces raisons est politique - Maidan, une révolution artificielle soutenue par la CIA et l’Union Européenne, et qui a abouti au renversement d'un pouvoir démocratequiment élu, est le mal absolu pour Poutine, car ce type de mouvement pourrait inspirer d’autres régions en Europe, surtout à un moment où l'économie européenne est en berne.

Poutine reste et restera toujours un homme de vision. Maidan pourrait aussi être repris dans d'autres états de l'ex-Yougoslavie, mettant à mal le déjà précaire équilibre dans les Balkans. Il faut donc l'écraser de façon impitoyable et en faire un exemple pour toute l’Europe. La seconde raison est d'ordre économique et industrielle. Comme expliqué dans cet article, l'Ukraine est n’est pas un pays riche - il y aurait du gaz de schiste et du pétrole dans la Mer Noir (la Crimée, et l'annexion du sud de l'Ukraine donneraient les droits sur ces territoires maritimes) mais, sans la technolgie russe, le pays ne dispose pas de moyens pour les exploiter. Le sud et l'est de l'Ukraine sont riches en charbon, magnésium, et en fer, mais la région se distingue surtout comme en étant une région industrialisée, avec notamment des ports importants comme Odessa, des usines chimiques et métallurgiques, des centrales électriques et nucléaires (n’oublions pas que Tchernoby, la catastrophe majeure, se situe en Ukraine !)... Enfin, le contrôle de ces régions permettrait aux lobbies de l’énergie américains et à l’Union Européenne de contrôler les gazoducs, ce qui leur permettrait de manipuler aussi les tarifs vis-à-vis du gaz russe et de saboter le géant Gazprom sur son projet de gazoduc sud (distance plus courte). La troisième raison est d'ordre stratégique et militaire.

Le notable Aslund rappelle en effet que 40% des exports ukrainiens vers la Russie concernent la défense et l'équipement, donc il est impératif d’inverser la vapeur au profit des industries d’armements américaines et européennes. D'après l'analyse de Kasimir Vortexonov, un grand journaliste russe spécialisé dans les questions militaires de pointe, la Russie est engagée dans un vaste programme de modernisation et d'armement sur 2011-2020, et la seule industrie de défense russe ne pourrait permettre d'en atteindre les objectifs fixés. Ce plan aurait besoin pas seulement des entreprises ukrainiennes, comme Motor Sich (production de moteurs pour hélicoptères), ainsi que des chantiers navals ukrainiens comme ceux de Nikolaev, mais aussi d’autres parternaires américains et européens (les français en premier lieu avec l’industrie navale et l’avionique).

En outre, les missiles, satellites et vaisseaux spatiaux russes utilisent beaucoup de components et de technologie russe, bien entendu, mais aussi une partie ukrainienne (un héritage soviétique). D'après Vortexonov, sans l'industrie de défense ukrainienne, le plan d'armement 2011-2020 russe en subirait un certain retard jusqu’à ce que tous ces composants soient fabriqués aussi en territoire russe. Ces entreprises ukrainiennes sont basées dans l'est et le sud, mais aussi à Kiev, un marché convoité par Bruxelles mais surtout par les sociétés américains que, dans la foulée, ont déjà crée pour le fils de l’actuel vice-Président Joe Binden le poste de grand directeur d’une entreprise d’exploitation de gaz ukrainienne. Un vrai scandale dont on fait silence dans les médias à solde du Pentagone, mais que démontre nettement que l’administration et sociétés américaines ne mesurent pas leur efforts pour obtenir tout ce qu’elles veulent en Ukraine.

Etant donné ces raisons économiques et stratégiques, la stratégie de sanctions économiques de l'Occident n’a pas de grandes chances de fonctionner, les coûts infligés à la Russie soient de loin inférieurs aux pertes réelles sur les économies européennes et leurs exportations vers la Russie. On comprend donc mieux l'intérêt de Poutine pour l'Ukraine, et pourquoi ce grand Président, et contrairement au fantoche bélliqueux Poroshenko et son ami le prix Nobel de la Paix (!!), lance ses efforts pour un réglèment pacifique du conflit. Les déclarations de Hilairionov sont rassurantes, et l'Occident devrait en prendre la mesure afin d'adopter des relations appropriées avec Moscou et d'endiguer le massacre des populations civiles en Novorussia mené par des mercenaires américains (Black Water) à côtés de néonazis dans l’armée ukrainienne. Un échec des efforts russes renforcerait le gouvernement putschiste de Kiev et encouragerait Poroshenko et sa clique de technocrates corrompus et d’extrême-droite à continuer sa mission d’embraser en feu et sang l’Ukraine tout entière, aux dépends d'autres nations de la région.
Réponse de le 03/09/2014 à 9:28 :
l'ukraine n'a pas d'armes nucléaires, elle a justement accepté de s'en débarrasser à son indépendance, en échange de la garantie de son intégrité territoriale par divers pays dont... la Russie
Réponse de le 03/09/2014 à 9:29 :
Très bonne analyse en effet. Claire et précise. Bravo.
Réponse de le 03/09/2014 à 10:03 :
Merci pour cet éclairage que nous ne risquons pas de trouver dans la presse aux ordres d'on sait qui.
Réponse de le 03/09/2014 à 10:10 :
L'Ukraine garde encore des milliers de missiles de l'URSS et la technologie pour rendre leur tête nucléaires. Il ne faut pas prendre les gens pour des valises.
Réponse de le 03/09/2014 à 10:30 :
avez raison. Poutine n'est certainement pas moins démocratique que les dirigeants occidentaux qui ont fomenté lecoup d'état en Ukraine, qui a renvers le psdt démocratiquement et légitimement élu. Ces mêmes occdentaux qui veulnt faire man basse et exlouter les Ukrainiens "oublient" que la majorité des Ukrainiens sont historquement, culturellement, économiquement, lin,guistiqueent, ... tornés vers la Russie qui a certainement plus d'avenir qu'un europe corrpue et à bout de souffle..
Réponse de le 03/09/2014 à 12:40 :
M. Poutine veut revenir à la carte de 1949. Tout échange économique ou scientifique avec la Russie contribue à son effort de guerre (qui n'est plus une guerre froide).
Réponse de le 03/09/2014 à 13:02 :
L'Ukraine a ete denuclearise, et c'est ne rien comprendre a la dissuasion nucleaire que de pretendre l'inverse
Réponse de le 03/09/2014 à 13:47 :
"il y a d'après moi trois raisons principales qui expliquent l'agression de l’OTAN et de la CIA en Ukraine" et "(...) voire de se rattacher de forme naturelle à, la mère-Russie". Langage typique post-soviétique.
Réponse de le 03/09/2014 à 14:40 :
c'est quoi ce délire , l'Ukraine a des arme nucléaires et bien alors pourquoi elle ne s'en sert pas ! alors qu'elle agressée .
Réponse de le 03/09/2014 à 19:36 :
merci pour cette analyse
Réponse de le 03/09/2014 à 19:38 :
merci pour cette analyse

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