
« Rendez-nous Fedorov » : en Ukraine, la colère gronde après l'éviction du ministre de la Défense par Zelensky
En limogeant cette semaine Mykhaïlo Fedorov, le président ukrainien a déclenché une crise politique majeure. Saura-t-il calmer la colère ?
Après 27 années de pouvoir, il a démissionné. Confronté à une contestation populaire d'une ampleur sans précédent, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a déclaré vendredi 31 octobre dans un communiqué (lu par une journaliste à la télévision privée BF1):
La France s'est félicitée de cette décision et a appelé à la "tenue rapide d'élections démocratiques":
Et après ? Dans la nuit de vendredi à samedi, le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro 2 de la garde présidentielle, s'est autoproclamé chef de l'Etat, dans un communiqué diffusé sur les ondes d'une radio burkinabé. « J'assume les responsabilités de chef de cette transition et de chef de l'Etat pour assurer la continuité de l'Etat »,affirme-t-il dans cette déclaration, où il appelle également la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et la communauté internationale « à soutenir les nouvelles autorités ».
Samedi, en début d'après-midi, l'armée a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu'elle soutient le lieutenant-colonel Zida comme président de la transition.« Le lieutenant-colonel Issac Zida a été retenu à l'unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du président Compaoré » par « la haute hiérarchie (militaire), après concertation à l'état-major des armées », selon ce communiqué signé par le chef d'état-major, le général Nabéré Honoré Traoré, qui briguait aussi le pouvoir et qui reconnaît donc la victoire de son rival.
Pourtant, quelques heures plus tôt, il avait dit qu'il assumerait le rôle de chef de l'Etat, affirmant agir « conformément aux dispositions constitutionnelles ». Dans la soirée, un groupe d'officiers emmenés par le colonel Zida lui avait disputé cette autorité, affirmant avoir « pris les choses en main ». Ils avaient annoncé la fermeture des frontières aériennes et terrestres ainsi que la suspension de la Constitution.
Dans un communiqué, le colonel Zida affirme que « l'armée nationale, à la demande pressante des forces vives de la nation, a pris ses responsabilités et a décidé d'amorcer un processus de transition démocratique ».
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« Cette transition, ajoute-t-il, sera encadrée par un organe de transition, reflétant les diverses sensibilités sociopolitiques de notre nation », sans donner davantage de détails sur le calendrier éventuel de la transition alors que, dans sa lettre de démission, Blaise Compaoré avait proposé que des élections soient organisées dans les quatre-vingt-dix jours après son départ.
Le chef de l'Etat autoproclamé assure aux manifestants qui ont défilé pendant plusieurs jours à Ouagadougou pour empêcher que Blaise Compaoré ne parvienne à modifier la Constitution afin de rester au pouvoir que leurs« aspirations au changement démocratique ne seront ni trahies ni déçues ».
Il a par ailleurs assuré que l'ancien président se trouvait à présent « dans un lieu sûr » et que son intégrité « physique et morale est assurée ». Le président burkinabé déchu se trouvait samedi à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire, où il s'est installé la veille au soir dans une résidence d'Etat pour les hôtes étrangers, selon des témoins contactés par l'AFP. La présence de Blaise Compaoré a été confirmée par une source sécuritaire de haut niveau qui a requis l'anonymat.
Des échanges de tirs nourris ont été entendus pendant plusieurs minutes près du palais présidentiel peu avant l'annonce du colonel Zida.
Comment en est-on arrivé là ? Au lendemain de violentes émeutes contre le régime et de l'annonce par les militaires qu'ils prenaient le contrôle du pays, des dizaines de milliers de manifestants sont à nouveau descendus vendredi matin dans la rue à Ouagadougou.
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C'est l'annonce d'un projet de révision constitutionnelle, qui aurait permis à Blaise Compaoré - arrivé au pouvoir lors d'un putsch en 1987, élu pour deux septennats puis deux quinquennats - de se représenter à la présidentielle en 2015, qui a jeté dans la rue des centaines de milliers de Burkinabè, refusant un "président à vie".