Une étude parue jeudi compile les données de 14 pays membres de l'Alliance atlantique pour 2015, pour vérifier si cela va dans le sens de l'engagement d'augmenter les dépenses de défense, pour atteindre 2% du Produit intérieur brut en 2024. Seule l'Estonie est dans les clous en 2015.
Cette étude compile des données sur le sujet rendues publiques dans 14 pays membres de l'Alliance atlantique pour 2015, pour vérifier si cela va dans le sens de l'engagement pris il y a six mois d'augmenter les dépenses de défense, pour atteindre 2% du Produit intérieur brut (PIB) en 2024.
L'Estonie, seul pays à respecter ses engagements
Mais en 2015, seule l'Estonie est dans les clous, avec un budget défense à 2,05% du PIB, selon l'ELN. Les pays baltes et la Pologne (1,95%), anciens satellites soviétiques de loin les plus inquiets en Europe des menées russes, sont les plus volontaires, tout comme la Norvège (1,6%) et la Roumanie (1,7%) dont les budgets progressent.
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Budgets en baisse chez les piliers de l'Otan
A contrario, les trois poids lourds européens, Grande-Bretagne, Allemagne et France, voient soit leur budget diminuer, soit rester stable en 2015. Outre-Manche, le budget des armées devrait atteindre 35,5 milliards de livres (48,4 milliards d'euros) en 2015/2016, à 1,88% du PIB contre 2,07% en 2014, soit le niveau le plus bas depuis 25 ans, selon les chercheurs.
L'Allemagne a établi son budget de défense à 32,26 milliards d'euros en 2015, soit 1,09% du PIB contre 1,14% en 2014 et 1,3% en 2013. "Ceci pose la question de savoir si l'Allemagne pourra contribuer aux besoins généraux de l'Otan en matière de défense", écrivent les chercheurs Denitsa Raynova et Ian Kearns, qui pointent "des problèmes techniques et un manque de personnel qualifié".
"Certains pays continuent de faire comme si de rien n'était"
Le Canada (1% du PIB) ou l'Italie qui a annoncé un milliard d'euros d'économies, mais aussi la Bulgarie et la Hongrie, vont encore plus loin dans les coupes. "Certains pays continuent de faire comme si de rien n'était (...) faisant dans certains cas exactement l'opposé de ce que l'Alliance a promis", estiment-ils.
Parmi les 14 pays passés au crible, "aucun" n'a la capacité "de pleinement moderniser ses armées" s'il continue à ce régime, selon les chercheurs qui appellent "à une plus grande coopération en matière de défense".