Vu de Grèce, l'aide ne changera pas grand chose à la vie quotidienne

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L'obtention d'une nouvelle aide européenne ne va pas réduire le sentiment d'humiliation qui domine au sein d'une population grecque de plus en plus ouvertement anti-allemande.

Les Grecs on vécu lundi une longue journée d'attente. Une de plus. Le seul sujet qui dominait les bulletins d'informations et les discussions portait sur la décision qui serait prise à Bruxelles ? L 'Eurogroupe allait-il enfin débloquer le fameux prêt de 130 milliards d'euros sensé éviter à court terme la faillite du pays ? Paradoxalement, ce ne sont pas tant les déclarations optimistes de leur Premier ministre Lucas Papademos et de leur ministre des Finances EvangelosVenizelos que l'ouverture en hausse des places boursières qui ont convaincu les Grecs qu'un accord serait trouvé lundi soir. Mais le sentiment qui domine dans les débats dans les journaux, dans la blogosphère ou encore sur les réseaux sociaux grecs, c'est que finalement ce prêt ne va pas changer grand chose au quotidien.

La descente aux enfers va continuer

Car si le spectre de la faillite s'éloigne, l'opinion sait que 95% de cet argent, emprunté à 3% alors que l'économie du pays accuse une récession de -7%, ira en priorité au remboursement des banques et non à des mesures de reprise ou à la création d'emplois. Bref, la descente aux enfers des Grecs va continuer. Avec en prime, ce sentiment d'humiliation qui domine depuis quelques semaines et qui se traduit par un fort ressentiment anti-allemand, risquant de s'amplifier.

La torture de la goutte d'eau

En effet, l'argent de cette aide risque de ne pas être géré par le gouvernement grec en commun avec des experts européens mais, comme l'exige le noyau dur de l'Europe - Allemagne, Autriche, Pays-Bas - ainsi désormais que la France et le Luxembourg, aille directement sur un compte hors du pays géré par des étrangers et bénéficiant à des intérêts étrangers. Avec pour corollaire, avant chaque tranche d'aide versée,  l'échange de nouvelles mesures d'austérité contre une injection financière. La torture de la goutte d'eau, comme disent les Grecs.

Les syndicats appellent à la mobilisation

La zone euro sera sauvée, les messages positifs envoyés aux marchés mais pour la Grèce? Yiannis Pretenderis, éditorialiste sur la chaine privé de Mega est pessimiste : « J'ai très peur que l'Allemagne veuille nous rendre la vie tellement impossible à l'avenir que  nous décidions de notre propre initiative de sortir de la zone euro. » Et tandis que le Premier ministre grec et son ministre des Finances se montraient optimistes à leur arrivée à Bruxelles, les syndicats ont eux annoncé des mobilsations pour mardi, jour du vote au parlement grec des mesures supplémentaires d'austérité.

 

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a écrit le 21/02/2012 à 12:35 :
La cigale grecque ne veut pas devenir fourmi. C'est dur de quitter ses mauvaises habitudes. Le peuple grec n'a toujours pas compris. Seront-ils plus riches si ils quittent l'euro ? Pourront-ils acheter des voitures, des biens d'équipements, avec leur monnaie qui ne vaudra rien ? La Grèce n'a pas d'industrie. Ca sera la misère absolue, comme les pays de l'est du temps du communisme, en pire, car il n'y aura plus les moyens de financer une aide sociale. Donc la seule solution c'est de changer les mentalités, mais ça c'est très dur.
a écrit le 21/02/2012 à 12:13 :
Les grecs signent pour des décennies de supplices, ils ne comprennent pas qu'ils vont être anéantis à petit feu pour rester dans l'UE et la zone Euro.
Au lieu de s'en prendre aux allemands, ils devraient s'en prendre à leurs dirigeants et exiger illico l'organisation d'un referendum.
a écrit le 21/02/2012 à 12:11 :
ils n'ont qu'a travailler la nuit pour rembourser
a écrit le 21/02/2012 à 0:10 :
Encore heureux que cette aide n'aille pas directement aux Grecques, sans quoi elle serait immédiatement dilapider, gaspiller et volé par ces incapables!
a écrit le 20/02/2012 à 20:54 :
Je comprends tout à fait la réaction des grecs. Et dire que ceci pourrait bien nous arriver alors même que nous oublions les pauvres portugais qui commencent à connaître le même malheur....
a écrit le 20/02/2012 à 20:51 :
On fait croire aux Grecs que hors l'Europe ils sont cuits. De toutes façons, ils sont déjà rétamés. L'Europe cherche seulement à sauver ses banques. La Grèce aurait dû il y a deux ans dire qu'elle envisageait de sortir de l'Euro et se déclarer en faillite. L'Europe aurait immédiatement réagi, aurait effacé toutes les dettes et financé la Grèce en créant les Euros bonds.
Solution qui va de toutes façons s'imposer à moyen terme.Nous aimons vraiment perdre du temps, à moins que les financiers ne soient à la manoeuvre pour faire du pognon sur un cadavre.
Réponse de le 21/02/2012 à 7:40 :
Les eurobonds ne marcheront pas davantage. Seule l'Allemagne pourrait les garantir. Mais le pourrait-elle seulement ? Je pense que la meilleure solution reste une désintégration organisée de l'Euro, qui est une monnaie qui a favorisé avant tout les grands groupes financiers au détriment du reste des populations européennes.
a écrit le 20/02/2012 à 20:51 :
On fait croire aux Grecs que hors l'Europe ils sont cuits. De toutes façons, ils sont déjà rétamés. L'Europe cherche seulement à sauver ses banques. La Grèce aurait dû il y a deux ans dire qu'elle envisageait de sortir de l'Euro et se déclarer en faillite. L'Europe aurait immédiatement réagi, aurait effacé toutes les dettes et financé la Grèce en créant les Euros bonds.
Solution qui va de toutes façons s'imposer à moyen terme.Nous aimons vraiment perdre du temps, à moins que les financiers ne soient à la manoeuvre pour faire du pognon sur un cadavre.

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