Référendum sur l'euro en Grèce : Merkel dément, les Grecs dénoncent l'ingérence

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La classe politique en Grèce a vivement réagi samedi après la suggestion prêtée à la chancelière allemande Angela Merkel d'organiser un référendum en Grèce sur le maintien ou non du pays dans la zone euro, en même temps que les législatives du 17 juin.

Malgré le démenti de la chancellerie à Berlin, l'idée, prêtée à Angela Merkel, d'organiser un référendum sur l'euro a provoqué une levée de boucliers des partis politiques grecs. Ces derniers viennent d'entamer une nouvelle campagne électorale, la deuxième en moins de deux mois, après le scrutin du 6 mai qui n'a permis à aucune formation d'obtenir la majorité. Samedi, le Parlement grec a été dissous, comme prévu, après la publication du décret présidentiel annonçant formellement le déroulement des législatives le 17 juin et la constitution du nouveau Parlement le 28 juin.

"Un pays sous protectorat"

"Le peuple grec n'a pas besoin d'un référendum pour prouver son choix pour l'euro, dont il a déjà payé le coût en faisant des sacrifices", a déclaré Antonis Samaras, chef du parti de droite Nouvelle Démocratie, arrivé en tête du scrutin en mai. La suggestion d'Angela Merkel "surtout dans une période électorale, est regrettable, le peuple grec a le droit d'être respecté par ses partenaires", ajoute M. Samaras, dont le parti est de nouveau favori pour les élections en juin, selon un sondage des intentions de vote publié vendredi.
"Mme Merkel a coutume de s'adresser aux dirigeants politiques de la Grèce comme s'il s'agissait d'un pays sous protectorat", a quant à lui estimé Alexis Tsipras, dirigeant du parti de la gauche radicale Syriza, qui a créé la surprise au scrutin du 6 mai, en se plaçant en deuxième position. "Le 17 juin, les Grecs vont mettre un terme aux politiques d'austérité et de soumission et ouvriront la voie à des évolutions progressistes dans toute l'Europe", assure M. Tsipras, dont le parti arrive de nouveau deuxième derrière la droite, selon le sondage de vendredi.
Evangélos Vénizélos, chef du Pasok, parti socialiste, a affirmé de son côté que "la question en Grèce n'était pas son maintien ou non dans l'euro, mais la sortie définitive de la crise". "Le référendum relève de la seule compétence du gouvernement et du Parlement grec et non pas de l'Union européenne ou des gouvernements d'autres pays membres", a souligné cet ancien ministre des Finances.

Une idée évoquée au cours d'un appel téléphonique entre la chancelière et le président de la République Carolos Papoulias

La suggestion de Mme Merkel a été évoquée vendredi soir dans un appel téléphonique entre la chancelière et le président de la République Carolos Papoulias, selon un communiqué du gouvernement par intérim grec. L'information avait été immédiatement démentie par la chancellerie allemande, qui, dans la journée, avait dit espérer que la Grèce aurait, après les élections, un gouvernement capable d'agir.

"Intervention", "ultimatum", "bombe politique" pour les médias grecs

Samedi, les quotidiens grecs dénonçaient à la une "l'intervention" allemande. "Ultimatum de Merkel", titre Ta Néa (pro-socialiste). "Bombe Merkel pour un euro-référendum, intervention politique sans précédent", souligne Eléftheros Typos (droite). Enfin, le quotidien financier libéral Naftémporiki parle de "bombe politique".

Inquiétude des créanciers de la Grèce

Lassés par la rigueur stricte imposée depuis 2010, en échange des prêts internationaux, les Grecs ont sanctionné le 6 mai les deux partis traditionnels, droite et socialistes, tenus pour responsables de cette politique, en soutenant la montée des formations opposées à l'austérité.
D'où l'inquiétude actuelle des créanciers et des marchés, craignant un résultat similaire le 17 juin, ce qui pourrait compromettre les engagements de la Grèce vis-à-vis de ces bailleurs de fonds et alimente les craintes d'une sortie du pays de l'euro.

Un député de la CDU plaide pour une sortie du pays de la zone euro

Wolfgang Bosbach , député du parti conservateur (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel, plaide pour une sortie de la Grèce de la zone euro dans le magazine Wirtschaftswoche à paraître lundi. "Cela pourrait ouvrir la voie à de la croissance. On pourrait aussi négocier une sorte de plan Marshall européen pour la Grèce", a estimé dans cet entretien le député de l'aile droite du parti de Mme Merkel, qui avait déjà voté contre le deuxième plan d'aide à la Grèce au parlement allemand (Bundestag) en février.Un troisième plan d'aide ne rendrait que "la chose plus coûteuse, pas meilleure" a-t-il encore estimé. L'opinion de M. Bosbach est cependant très minoritaire dans son camp comme au sein du Bundestag.

Dans un entretien dans l'édition de samedi du quotidien International Herald Tribune, Alexis Tsipras, le dirigeant du parti de la gauche radicale Syriza, a estimé qu'une sortie forcée de la Grèce de la zone euro "allait mettre l'Europe en très grand danger".

 

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a écrit le 20/05/2012 à 23:04 :
La Grèce doit sortir de la zone Euro car il y en a marre de payer pour la connerie des socialistes grecs si en 1998 Mr Jospin n'avait pas fait pression sur la BCE pour que la Grèce rentre dans la zone euro en 2002 on s'en serait pas la aujourd'hui merci Jospin-Aubry
a écrit le 20/05/2012 à 20:39 :
Alexis Tsipras n'a visiblement pas compris que depuis plusieurs mois, l'UE s'efforce de creuser des tranchées et ériger des murs pour se protéger des effets néfastes d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Et aujourd'hui, tout le monde envisage ce qui était vu encore hier comme impossible!
Personne ne veut forcer la Grèce, mais on ne peut plus négocier, et il n'y a que 2 options possibles: 1) la Grèce continue ses réformes et à restructurer son économie, contre l'argent du FMI, UE..., et 2) la Grèce fait défaut mais sort de l'UE. Une sortie de l'UE serait avant tout une catastrophe pour la Grèce: sans l'aide du FMI etc., comment feront-ils pour payer leurs fonctionnaires, leurs retraités, leurs dépenses médicales etc.?
a écrit le 20/05/2012 à 19:59 :
On a déja manqué le coche une première foi avec dsk et sarko qui nous ont font manqué la chance de virer la grece en limitant les frais.
Résultat : l'allemagne effrayée de se faire arnaquer, refuse de soutenir les portuguais, espagnols, et italiens qui eux sont prêts à y mettre du leur pour s'en sortir, donc les taux auxquels ils doivent emprunter s'envole et donc le montant de leur dette à l'échéance de quelques années se trouve alourdi d'encore quelques dizaines de milliards.
D'ou les marchés qui spéculent sur l'insoutenabilité de l"euro, et le dollar qui ne s'effondre pas malgré la planche à billet qui tourne à plein (QE et autres )
On nous dit "il faut sauver la grèce pour sauver l'euro ", et en fait on s'apercoit que l'alternative est laisser tomber la grèce pour sauver l'euro, ou saborder l'euro pour sauver la grèce.
Après rien d'étonnant qu'obama et les marchés financiers américains s'inquiètent du manque de solidarité de l'europe avec la grèce ...
Si la grèce n'existerait pas, les USA auraient besoin de l'inventer (ce qu'ils ont quand même un peu fait, si goldman-sachs n'avait pas aidés les grecs à maquiller leurs comptes, l'euro serait beaucoup moins mal et donc le dollar beaucoup moins bien.)
a écrit le 20/05/2012 à 19:24 :
Il n'y a pas ingérence tant que personne ne les force! Il ne s'agit que d'une proposition après tout, non?
De toute facon, les Grecs ne digèrent pas leur situation de dépendence actuelle. Sans l'argent du triumvirat (UE-BCE-FMI), ils ne sont rien, ne peuvent pas survivre.
a écrit le 20/05/2012 à 19:07 :
et nous qui croyions que tout était poli à la Chancellerie: attention annonce de tangage si Berlin se retrouve isolé, comme le disent les journaux anglo-saxons, et Obama a d'autres moyens de pression...
a écrit le 20/05/2012 à 18:29 :
Il est temps qu'elle s'en aille celle-la.
Personnellement je pense qu'une sortie de l'Allemagne, non pas de l'Euro mais de l'UE permettrait une integration des pays de l'UE plus rapide.
a écrit le 20/05/2012 à 17:20 :
je ne vois pas pourquoi les grecs parlent d'ingerence dès lors que leur sortie concerne toutes l'europe d'un point de vue economique
a écrit le 20/05/2012 à 15:34 :
"Braves" mercenaires, sachez que le patriotisme n'alimentera pas votre compte en banque, sachez que le patriotisme n'a pas d'avenir, que la famille n'est plus un avenir, que vos parents et vos enfants n'ont plus d'avenir, seul compte ce que vous pouvez amasser...!

a écrit le 20/05/2012 à 15:21 :
la situation de la grèce est l'illustration évidente de ce qu'il ne faut pas faire, et la responsabilité en incombe en premier lieu à la classe politique qui s'est succédée au pouvoir depuis des dizaines d'années. L'incompétence, la démagogie collaient à la peau de ses politiciens, mais en le disant on ne peut s'empêcher de penser que les autres pays de l'euro, également en difficulté financière, le doivent également à leurs politiciens, tout aussi responsables que les grecs. On ne peut indéfiniment vivre à crédit et faire croire que tout va bien. Seule exception à la règle l'Allemagne qui a également connu des années difficiles après la réunification de la RFA et de la RDA mais qui a su courageusement prendre les bonnes décisions. Il faut dire que ces gens sont réalistes, travailleurs et disciplinés et que les corps constitués font correctement leur travail. En somme tout ce qui manque aux pays latins à commencer par la france.
a écrit le 20/05/2012 à 13:24 :
Au vu de l'article cité par dd (voir plus bas), cette "affaire" pourrait être classée dans les "enrichissements personnels" dans l'exercice de ses fonctions si ce n'était à ranger dans les affaires "people". Un petit cadeau qui ne rentre pas dans l'ISF puisqu'il l'a supprimé.
a écrit le 20/05/2012 à 10:45 :
Le véritable soucis, c'est que nous considérons l'allemagne comme un concurrent alors qu'il est préférable d'en faire un véritable allié, il faut établir de véritable partenariat avec le monde économique et financier Allemand, hélas il n'existe aucune stratégie ni tactique communes pouvant lever la croissance en UE.
a écrit le 20/05/2012 à 10:17 :
C'est toujours la même façon de faire. Dix ans avant l'Allemagne se réarme puis envahit les pays les étouffent. Leur éducation est toujours la même les autres sont des feignants des dépensiers qui ne pensent qu'à s'amuser supprimons les par tous les moyens. Et c'est reparti comme en 14.
Réponse de le 20/05/2012 à 19:39 :
En attendant, l'Allemagne ne nous coûte rien à nous, contribuables francais. Par contre, la Grèce... Alors si l'Allemagne peut nous aider à ce que les Grecs nous remboursent au moins en partie.
a écrit le 20/05/2012 à 8:45 :
merkel comme sarkosy est victime de canulars savamment orchestrés et bien relayés par ceux qui peuvent véhiculer l'information." dis du mal de quelqu'un il en restera toujours quelque chose." attention aux rumeurs qui manipulent les esprits
Réponse de le 20/05/2012 à 14:45 :
Abattement fiscal offert par Sarkozy aux investisseurs Qataris en France, juste recompense pour cet accord entre amis, l'affairisme dans toute sa splendeur.
a écrit le 20/05/2012 à 2:49 :
Quand il s'agira pour l'Allemagne, soit de "prêter" 50 Bln, ou de perdre 500 Bln, Merkel décidera de prêter encore..
C'est peut être égoïste, mais Merkel ne veut probablement pas apparaitre dans les livres d'histoire comme la chancelière qui aura mis fin a 50 ans de paix...
a écrit le 19/05/2012 à 23:11 :
Ne devrait on pas appliquer une règle proche de la liquidation d entreprises
L état grec n assume pas ses engagements et veut sortir de l euro. Les créanciers ne sont plus payés.
Les prêteurs demandent donc à la Grèce le remboursement de leurs prets selon les garanties convenues : actifs possédés par l état grec vendus ou échangés
Cela éviterait à terme qu un pays souhaite sortir de l euro sans assumer ses engagements
a écrit le 19/05/2012 à 21:21 :
"les Grecs dénoncent l'ingérence" : N'a-t-on donc pas le droit de dénoncer leur incompétence, leur paresse et leur fourberie.
a écrit le 19/05/2012 à 19:51 :
ET L'ARGENT QU'ON LEUR A PRETÉ ILS (les grecs) NOUS LE RENDRONT QUAND??????je vois que la france et l'allemagne ont fait n'importe quoi.....!!!!
a écrit le 19/05/2012 à 19:18 :
Après avoir payé 30 000 Euros par Grec, les européens ont certes leur mot à dire.
Le vrai danger serait de les garder en Europe, alors que manifestement ils veulent le beurre, la fermière et sa fille.
La "plaisanterie" a assez duré et il est temps de tirer les conclusions.

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