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ÉconomieUnion européenne

L'Allemagne accepte de sauver les banques espagnoles

Marc Meillassoux, à Berlin

Publié le 19 juillet 2012 à 17:37 - Mis à jour le 19 juillet 2012 à 17:59

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Le parlement allemand a voté jeudi le plan d'aide européen de 100 milliards d'euros aux banques espagnoles. Mais des députés de tous bords ont également exprimé leur ras-le-bol.

Une large majorité mais de nombreuses questions. Le Bundestag a une fois de plus donné son aval à un plan d'aide européen en validant à 473 voix sur 583 le plan de sauvetage des banques espagnoles. Si le résultat du vote n'est pas surprenant - les partis de gouvernement et de coalitions avaient donné leur accord au préalable -, de nombreux élus ont exprimé dans les médias leur résignation ou leur colère.

Le chef de file des députés du SPD, Frank-Walter Steinmeier, a ainsi rappelé à la chancelière qu'elle ne devait le soutien de l'opposition qu'à "la survie de l'Europe", et indiqué que "beaucoup dans (son) groupe parlementaire ne sont pas du tout convaincus de ce que nous faisons". Dans les rangs des grands partis, de nombreux députés se sont résignés à voter le texte par crainte des conséquences « catastrophiques » qu'occasionnerait une faillite de la quatrième économie européenne.

La veille du vote, le socialiste Carsten Schneider (SPD) expliquait au journal populaire Bild qu'il restait tout à fait indécis. Ce spécialiste des questions budgétaires se disait « prêt à voter pour une aide à l'Espagne mais pas pour le sauvetage des bad-banks ». Pour le député libéral Volker Missing (FDP), l'environnement macroéconomique ne laisse guère d'alternatives : « La situation est tellement fragile, que l'on ne peut risquer un effondrement du système financier espagnol. »

Des contreparties exigées

Les députés ont toutefois exigé des contreparties en retour. Parmi celles-ci, le démantèlement des banques dont la situation sera jugée trop critique après les stress-tests, prévus pour septembre prochain. Autre revendication, que les pertes du secteur financier espagnol ne pèsent pas uniquement sur les contribuables mais que les créanciers et les actionnaires partagent les pertes.

Pas question non plus que les banques puissent se refinancer directement auprès du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), elles devront passer par l'Etat espagnol. Enfin, dans le quotidien économique Handelsblatt, le député conservateur Gerda Hasselfeldt (CSU) attend « un contrôle efficace des aides financières dans le cadre de la restructuration du secteur bancaire ».

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« L'Espagne est garante »

Des revendications que le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, jure avoir entendues : « C'est l'Espagne qui emprunte, c'est l'Espagne qui reçoit l'argent, et c'est l'Espagne qui est garante », a-t-il déclaré devant l'assemblée. Quant à l'accès direct des banques espagnoles au fonds : il a jugé que la proposition « n'(était) pas sérieuse ».

Par ailleurs, parmi les 100 milliards d'euros mis à disposition de l'Espagne, seulement 30 seront disponibles avant la fin du mois du juillet pour les banques en grosses difficultés, le reste ne sera mobilisable qu'en fonction des stress-tests et du risque systémique que représente les banques.

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Un danger auquel ne crois pas le député eurosceptique Frank Schäffler (FDP), qui a voté contre le texte. « Il s'agit de sauver des caisses locales et régionales dont l'insolvabilité n'a pas d'influence sur le système bancaire européen. Ce sont aux investisseurs de payer, pas aux contribuables. Un nombre croissant de députés reconnaissent que nous allons dans la mauvaise direction», explique-t-il à la Tribune. Après le vote, le site du Handelsblatt titrait « un parlement impuissant » en référence à son poids dans la politique européenne.

Marc Meillassoux, à Berlin

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