Draghi défend la politique de la BCE devant les parlementaires allemands

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Le nouveau programme de rachats de titres de la Banque centrale européenne ne compromettra pas son indépendance et n'alimentera pas l'inflation, a tenté d'expliquer le président de la BCE à des parlementaires allemands peu convaincus.

Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi s'est entretenu pendant près de deux heures avec des députés du Bundestag ce mercredi. Au centre de la discussion : le rachat de dettes publiques par la BCE en soutien aux pays de la zone euro en crise, un plan d'action vivement contesté par certains élus allemands.

Une démarche inédite

Début septembre, M. Draghi avait dévoilé le programme OMT (Opérations monétaires sur titres), un nouveau plan de rachats illimités de dettes à court et moyen terme, destiné à soutenir les pays de la zone euro en difficulté. Aucune opération d'achat n'a pour l'instant été lancée. Face à la levée de boucliers suscitée par ce plan en Allemagne, il avait lui-même souhaité mi-septembre venir s'expliquer devant le Bundestag. La démarche est inédite. S'il s'exprime régulièrement devant le Parlement européen, M. Draghi n'a pas coutume de rencontrer des élus nationaux et il n'était jamais venu s'expliquer au Bundestag, même à titre informel.

Ni financement direct des Etats, ni risque inflationniste, ni menace pour l'indépendance de la BCE...

Face aux élus allemands, il a nié que ce programme soit une forme de financement indirect des Etats ou puisse alimenter un risque d'inflation, comme certains économistes et responsables politiques l'affirment en Allemagne."Les OMT (Opérations monétaires sur titres) ne conduiront pas à un financement déguisé des gouvernements [...]. Les OMT ne compromettront pas l'indépendance de la BCE", a dit Mario Draghi devant le Bundestag. "Les OMT ne feront pas peser de risques excessifs sur les contribuables de la zone euro", a-t-il ajouté.

"Les OMT ne créeront pas de l'inflation. [...] De notre point de vue, le risque principal pour la stabilité des prix est la déflation actuelle des prix dans certains pays de la zone euro", a-t-il ajouté.

Allemagne-BCE : des relations compliquées

"Cet échange est un élément important pour créer de la confiance entre ce que fait la BCE et la façon dont son action est perçue par l'opinion publique allemande", a souligné Mario Draghi devant les journalistes. De son côté, le président du Bundestag, Norbert Lammert, s'est félicité de cette initiative qui a constitué "une étape importante pour dissiper les inquiétudes des deux côtés".

L'institution de Francfort avait notamment fait l'objet de virulentes critiques de la part du président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, et de plusieurs économistes allemands. "Si ce programme conduit les Etats à repousser les réformes nécessaires, cela va de nouveau saper la confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise", avait averti M. Weidmann.

Jusqu'à présent, M. Draghi a toujours pu compter sur le soutien de la chancelière Angela Merkel et de son gouvernement. Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble l'a d'ailleurs assuré une fois de plus de son soutien mercredi, estimant que la BCE agissait "dans le cadre de son mandat", dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Die Zeit. "Soupçonner la BCE de ne pas s'intéresser à la stabilité (de l'euro, ndlr), c'est ignorer la réalité", a souligné M. Schäuble.

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Commentaires
a écrit le 24/10/2012 à 23:21 :
Tiens encore une photo de François Hollande...
a écrit le 24/10/2012 à 22:57 :
c'est un ancien de Goldman Sach qui parle... je comprends la méfiance des allemands

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