L'euro reste populaire, pas la BCE

Selon une étude allemande, les citoyens de la zone euro conservent largement une image positive de l'euro. Mais ils n'ont jamais été aussi défiants vis-à-vis de la BCE.
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Pas populaire l'euro ? Selon une étude de trois économistes allemands publiés sur le blog Ökonomenstimme, le soutien des citoyens de la zone euro à la monnaie unique n'a pas été sensiblement touchés par la crise de la dette européenne. Recueillant l'ensemble des données des réponses à la question «soutenez-vous l'union monétaire européenne et sa monnaie commune, l'euro?», publiées par Eurobaromètre depuis 1990, ils en ont extrait le solde et ont observé son évolution.

L'euro encore populaire

Résultat: sur l'ensemble de la zone euro, la crise entraîne certes une baisse du solde positif entre pro- et anti-euros, de 43 à 33 points, mais ce niveau est encore supérieur aux 30 points constatés en 2001 avant le lancement de l'euro fiduciaire. C'est surtout encore beaucoup plus que le niveau enregistré au milieu des années 1990 (un solde positif de 25 points entre 1992 et 1997). «Notre analyse descriptive montre clairement que les crises financière et de la dette n'ont pas fortement influencé le soutien à l'euro», expliquent les économistes.

Défiance hors de la zone euro

En revanche, l'étude met en avant le fort creusement de la défiance dans les pays de l'UE n'ayant pas adopté l'euro. Le solde entre les pro- et les anti-euros est ainsi fortement négatif et atteint un niveau record sur les 22 dernières années en Suède, en République tchèque, au Danemark et au Royaume-Uni. En d'autres termes, la crise de la dette a surtout rendu l'euro impopulaire en dehors de la zone euro.

La BCE dans la tourmente

Le point le plus intéressant de cette étude concerne sans doute l'impact de la crise sur la confiance dans les institutions de l'UE, et particulièrement dans la BCE. Au printemps 2012, les anti-BCE dépassaient de 18 points les pro-BCE dans les pays de la zone euro. C'est un recul de 47 points depuis le printemps 2008! Il est donc flagrant que les citoyens des pays de la zone euro, s'ils ne rejettent pas l'euro en tant que tel, n'ont plus aucune confiance dans les institutions attachées à cette monnaie. Une défiance qui ne peut être imputée qu'aux failles et aux errances de la gestion de la crise, notamment depuis 2010. On remarque du reste que le printemps 2010, autrement dit le début de la crise grecque, marque un net décrochement de la confiance dans la BCE, comme on le voit sur ce graphique qui compare le solde sur l'euro (ligne pleine) et celui sur la BCE (ligne fracturée) :

Paradoxe

Les auteurs de l'étude en tirent la conclusion que la monnaie commune a conservé sa popularité. En réalité, sa principale conclusion semble être un paradoxe qui peut, in fine, être fort dangereux pour la zone euro: s'il y a encore de la confiance dans l'euro lui-même, il n'y en a plus dans la principale institution garante de la monnaie commune, la BCE.

 

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Commentaires 2
à écrit le 09/10/2012 à 14:15
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Sommes-nous obligés de croire à votre propagande ? Sortez dans la rue, la vraie pas celle des quartiers d'affaires et posez la question aux passants !

à écrit le 09/10/2012 à 11:41
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Si l'euro bénéficie encore à ce point de la confiance de la population, c'est parce que le débat est tabou. Pire que ça même, il est interdit. Combien de débats sur le sujet, équilibré qui plus est ? Les rares fois où s'en sont tenus, les pourfendeur...

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