Le Parlement grec vote un nouveau budget de rigueur pour 2013

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le Parlement grec doit voter dans la nuit de dimanche à lundi un nouveau budget de rigueur pour 2013, qui sera expertisé par les experts de la troïka. Il prévoit des économies de 9,4 milliards d'euros. De nouvelles manifestations sont prévues dimanche devant le Parlement.

De nouvelles manifestations sont prévues ce dimanche après-midi à Athènes devant le Parlement grec où doit être voté tard dans la nuit le projet du budget 2013, qui prévoit la poursuite de la rigueur. A l'appel des syndicats du privé GSEE et du public Adedy, des rassemblements sont prévus à partir de 15H00 GMT dans le centre-ville au cours du débat sur le budget au parlement qui prévoit des économies de 9,4 milliards d'euros.

Le gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras rassemble une confortable majorité de 169 députés sur les 300 du Parlement, dont 126 de droite Nouvelle-Démocratie, 27 socialistes Pasok et 16 de la Gauche démocratique Dimar. Mais s'il n'y a pas d'enjeu sur l'adoption du budget 2013, le risque d'éventuelles défections des députés surtout dans les camps du Pasok ou de Dimar ne sont pas exclues comme s'est passé lors de l'adoption mercredi de la loi sur les mesures 2013-2016, adoptée avec une courte majorité de 153 députés.

En 2013, sixième année de récession

Le budget 2013 prévoit la poursuite de la récession pour la sixième année consécutive, le PIB devant chuter de 4,5 % contre une contraction de 6,5 % attendu en 2012. "L'objectif est d'atteindre, après plusieurs années, un excédent primaire en 2013, prévu à 800 millions d'euros, soit 0,5 % du PIB", a indiqué samedi au Parlement le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras.

Face à la colère des Grecs, qui vont connaître de nouvelles coupes dans leurs salaires et retraites, le ministre a reconnu "les sacrifices" des citoyens, qui ont contribué "à une baisse importante du déficit public". "Je rappelle qu'en 2009 le déficit public était 15,5 % du PIB" avant d'être progressivement réduit ces dernières années, a dit Yannis Stournaras. "Les économies votées mercredi permettent de réduire le déficit public autour de 5,5 % du PIB en 2013, soit 9,4 milliards d'euros", a-t-il ajouté. En 2012, le déficit est attendu à 6,6 % du PIB.

La rigueur contre le versement d'une aide de 31 milliards d'euros

Pour les créanciers du pays, UE et FMI, la poursuite de la rigueur est la condition nécessaire pour le versement de la tranche vitale de 31,2 milliards d'euros des prêts promis au pays et retardée depuis juin. "L'an 2013 est crucial pour le démarrage de l'économie grecque, les capitaux européens vont permettre la recapitalisation des banques et la tonification des investissements", a souligné Yannis Stournaras. "Il y a peu de temps la Grèce était un pas avant sa sortie de la zone euro. Ce n'est plus le cas maintenant", a-t-il assuré.

Environ 70.000 ont manifesté mercredi soir sur la place Syntagma devant le Parlement lors du vote des mesures 2013-2016 tandis que des incidents ont eu lieu malgré l'important dispositif policier déployé. La police sera de nouveau sur le pied de guerre dimanche dans le centre d'Athènes qui sera fermé à la circulation.

L'Allemagne surveille la Grèce

La question de savoir si et quand Athènes recevra la prochaine tranche d'aide dépend entièrement du gouvernement grec, a estimé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans un entretien à l'édition dominicale de "Die Welt". Interrogé sur le calendrier d'un éventuel feu vert européen au versement à la Grèce d'une tranche cruciale de prêts de 31,2 milliards d'euros gelée depuis juin, il a répondu : "cette question, vous devriez la poser à mes collègues grecs et pas au ministre allemand des Finances". "Personne au sein de la zone euro n'est opposé à l'idée d'accepter le paiement de la prochaine tranche d'aide - mais uniquement quand les conditions seront remplies. Et ça, c'est au gouvernement à Athènes de s'en charger", a-t-il poursuivi.

Le Parlement grec a certes adopté mercredi un nouveau train d'économies budgétaires de 18,1 milliards d'euros sur quatre ans, réclamées par l'UE et le FMI comme condition préalable, mais "ces mesures auraient dû être mises en applications avant fin juin" dernier, a-t-il rappelé. "Nous ne sommes pas responsables de l'urgence (de la situation). Toutes les parties connaissaient les échéances depuis longtemps", a-t-il encore jugé au sujet des 3,1 milliards d'euros que la Grèce doit rembourser le 16 novembre et qu'elle va devoir refinancer sur les marchés, faute d'accord avec la troïka représentant les créanciers (FMI-UE-BCE). "Nous tous, au sein de la zone euro et du FMI voulons aider la Grèce, mais nous ne nous laisserons pas mettre sous pression", a-t-il affirmé.

Le budget 2013 expertisé par la troïka

Les mesures de mercredi et le budget devront encore "être examinés" par les experts de la troïka, et "pour le moment on ne dirait donc pas qu'on aura lundi un rapport complet et achevé de la troïka", lors de la rencontre de l'Eurogroupe, a souligné Wolfgang Schäuble. Jeudi déjà, le ministre allemand avait indiqué ne pas s'attendre à un accord sur une nouvelle aide internationale à la Grèce avant "plusieurs semaines".

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Commentaires
a écrit le 12/11/2012 à 8:17 :
Comme par le passé l'Allemagne veut imposée sa loi et bien entendu cela finira mal. l'Allemagne a toujours besoin de revanche même Freud s'est barré. Et bien sûr elle finira par être détestée se croyant toujours supérieure aux autres peuples.
a écrit le 11/11/2012 à 11:42 :
il n y a de crise en Grece que pour les salaries et les pensionnés
les commercants annoncent avant que vous n arriviez" no card only cash"
pas besoin de faire l ENA pour comprendre
Réponse de le 11/11/2012 à 14:23 :
Et oui. Et là on observe une incompétence des élus pour mettre un système d'imposition en place. Je pense que cela vient de la morale et de l'éthique de cette société. Ce ne sera pas l'Euro ou autres plans d'économie qui vont sauver la grece: peut-être la prochaine génération. Je le vois comme en allemagne, la génération née avant 1989 (la chute du mur) n'est pas en ligne avec les habitudes européennes. Je ne crois pas que ce serait mieux pour les grecs. Laissons les faire doucement leur révolution culturelle et éthique tout seuls: sinon ils diront toujours dans 2 générations, les autres sont la cause de leurs problèmes (à mon avis des püroblèmes importants éxisteront toujours dans 25 ans si on les oblige à suivre une ligne ECB ou allemande).
Réponse de le 27/12/2014 à 0:18 :
Bonjour Mephisto, je voulais savoir sk vous aviez recu une lettre anonyme de gonesse car moi aussi et j aurais voulu avoir plus d infos voir vous contacter.
Merci

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