Grèce : la Bundesbank opposée à un effacement de la dette

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Jens Weidmann, président de la Bundesbank. Copyright Reuters
Jens Weidmann, président de la Bundesbank. Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)
Le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, s'est dit opposé à un effacement de la dette grecque par les pays créanciers, dans un entretien paru aujourd'hui au quotidien Rheinische Post.

"Un effacement de la dette seule ne résoudra rien. A qui cela servirait-il d'effacer les dettes d'Athènes si le pays se retrouve dans 10 ans au même point qu'aujourd'hui ? La Grèce doit se réformer de fond en comble", estime le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, dans un entretien paru aujourd'hui au quotidien Rheinische Post.

Il se dit en tout cas opposé à ce que la Banque centrale européenne (BCE), dont il est membre du directoire, participe à une éventuelle opération de ce type, car "cela équivaudrait à financer directement un Etat, ce qui est interdit", a-t-il rappelé.

Jens Weidmann s'est fait le champion de l'orthodoxie monétaire au sein de l'institution francfortoise, tenant publiquement tête au président de la BCE, Mario Draghi. Il a ainsi été le seul membre à voter contre et à critiquer ouvertement le programme de rachat d'obligations (programme OMT) annoncé début septembre par M. Draghi pour maintenir à un niveau supportable les taux d'emprunts des pays en crise.

Si le patron de la Bundesbank s'attend à une nouvelle aide financière à Athènes, il espère de vraies contreparties grecques. "Les dirigeants politiques ont manifestement décidé de continuer à financer la Grèce", mais cette aide "n'a de sens que si la Grèce elle-même en fait assez" pour résoudre ses problèmes", a-t-il expliqué. "Ce n'est pas seulement un signal important pour la Grèce, mais pour tous les autres pays en crise", a-t-il poursuivi. "La Grèce ne pourra éviter des coupes massives (dans ses dépenses publiques), mais sans les aides conséquentes (qu'elle reçoit) ces coupes seraient bien plus vastes encore", a-t-il encore argumenté.

Athènes tarde à finaliser avec la troïka représentant ses créanciers (UE-FMI-BCE) un accord en vue du versement d'une tranche cruciale de prêts de 31,2 milliards d'euros gelée depuis juin. Les députés grecs ont pourtant voté un nouveau train d'économies budgétaires de 18,1 milliards d'euros, réclamés par l'UE et le FMI, mercredi soir, mais un nouveau vote à risque s'annonce, puisque le budget 2013 doit être adopté dans la nuit du 11 au 12 novembre.

 

 

 

 

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a écrit le 12/11/2012 à 10:35 :
Au fait et la dette de guerre allemande pour la guerre 39-45, les Boches se la serai effacée?
a écrit le 10/11/2012 à 20:31 :
arrêtez Deutschland, vous savez très bien que les grecs ne pourront jamais rembourser!
a écrit le 10/11/2012 à 13:47 :
Déni de réalité (ou plutôt mauvaise fois) de la part de Jens Weidman, une dette grecque qui avoisine les 180 % du PIB et qui est sur une dynamique qui ne semble pas prête à être enrayée.
En effet, même si l'Etat grec parvient a ramené son budget à l'équilibre, sa dette ne ferait qu'enfler vu la sévère recession économique que connait la Grèce du fait des politiques d'austérité nécessaires qu'il me en oeuvre pour équilibrer ses finnances publiques (selon les critères en vigueur dans l'union, le niveau d'endettement correspond au rapport entre le montant de la dette et le PIB du pays. Quand celui ci s'éffondre le niveau d'endettement s'accroit mécaniquement).
Quand il s'averera qu'un défaut partiel (quel que soit sa forme) est en fin de compte nécessaire, il n'aura qu'à pointer du doigt la Grèce et mettre cet échec sur le compte de son incapacité alors que la politique qu'il défend aura créé les conditions de ce défaut (ou tout du moins d'un défaut d'un coût plus elévé pour les créanciers)

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