Et si Angela Merkel s'alliait finalement aux Verts ?

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Le succès de la tendance centriste au sein du parti écologique lors des primaires de ce week-end relance l'idée d'une coalition avec les conservateurs.

Angela Merkel peut à nouveau caresser son vieux rêve d?alliance avec les Verts. Samedi, lors des primaires au sein du parti écologique allemand, la gauche du parti a, en effet, subi une cuisante défaite. Sa représentante, Claudia Roth, que l?on disait favorite pour co-représenter lors des élections au Bundestag de septembre prochain (les Verts ont traditionnellement deux candidats) a fini quatrième de la course.

Victoires des «réalos»

C?est donc deux «réalos», de la tendance centriste, Jürgen Trittin et Katrin Göring-Eckhardt, qui seront les chefs de file du parti l?an prochain. Si Jürgen Trittin était attendu à ce poste et a été élu avec 72% des voix des militants appelés à s?exprimer, sa colistière est une surprise. Elle a recueilli 47% des suffrages et est actuellement présidente du synode de l?église protestante luthérienne allemande. Elle est considérée comme une modérée et est naturellement prête à une ouverture vers le centre-droit chrétien-démocrate.

Nombreuses expériences

Du coup, le message des militants écologistes semble clair : ils ne veulent pas enfermer le parti à gauche et se montrent prêts à discuter d?une coalition avec la CDU d?Angela Merkel, même si la ligne officielle demeure l?union avec les Sociaux-démocrates. Une coalition entre écologistes et conservateurs ne serait pas une nouveauté outre-Rhin, elle est fréquente au niveau local. C?est elle qui gouverne la ville de Francfort depuis 2006 et elle a été pendant sept ans au pouvoir dans le Land de Hambourg. En Sarre, une coalition Verts-CDU-Libéraux a gouverné pendant deux ans et a échoué en raison du comportement des Libéraux.

Alternative à la grande coalition

Angela Merkel qui a mené une politique de «recentrage» de la CDU espère secrètement pouvoir proposer une alliance aux Verts depuis longtemps. L?occasion en septembre prochain pourrait être idéale. Selon les derniers sondages, en effet, les Verts reprendraient leur progression et serait donné à 14-15% des voix. A l?inverse, les actuels partenaires de la chancelière, les Libéraux, sont à l?agonie et semblent ne plus pouvoir passer au-dessus des 5% nécessaires à l?entrée au Bundestag. Angela Merkel demeure en position de force, avec une CDU à plus de 37% des intentions de vote. Mais elle manque de partenaires de coalition. Si elle veut éviter une grande coalition avec le SPD, une alliance avec les Verts peut être une alternative intéressante. D'autant que si la coalition SPD-Verts n'aurait pas la majorité à ce jour, ce ne serait pas le cas de la coalition CDU-Verts.

Qu?en diront les électeurs?

Du côté des Verts, on s?ouvre de plus en plus à cette idée qui ferait du parti ce qu?était le FDP de l?Allemagne de l?ouest : un faiseur de rois. Leur position serait alors considérablement renforcée et pourrait faire valoir plus aisément ses choix que s?il reste l?éternel partenaire mineur de coalition du SPD. Reste à savoir si les électeurs écologistes suivront cette voie. Même si Angela Merkel effraie moins que par le passé, notamment en raison de son plan d?abandon du nucléaire de 2011, plusieurs de ses alliés, notamment les Bavarois de la CSU, semblent encore éloignés des positions des Verts. Mais l?électorat de cet ancien parti protestataire s?embourgeoise et se «centrise» fortement.
 

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Commentaires
a écrit le 12/11/2012 à 12:13 :
C´est l´alliance des Verts avec le SPD ( Socialistes) qui a permis de détroner la CDU du Land Bade Wuertemberg qui etait depuis sa naissance du Land "le" bastion inébranlable de la CDU !
Au niveau communal tout est possible car ce sont les personnes qui comptent en premier. Une alliance CDU + Vert pour les prochaines elections federales me semble un scenario assez irrealiste, à ce jour du moins.
a écrit le 12/11/2012 à 11:11 :
EELV devrait prendre exemple et en quelque sorte se dépolitiser au profit de grands objectifs écolos. Leurs objectifs seraient par exemple, la fiscalité verte, le développement durable, l'isolation de l'habitat...
Ainsi ils pourraient trouver des alliances aussi bien locales que nationales avec tous les autres partis. On peut meme imaginer qu'ils aient des ministres dans des gouvernements de gauche aussi bien que de droite (logement, transports, aménagement du territoire...)
Seront-ils assez futés pour mettre en oeuvre cette évidence et la faire comprendre a leur électorat, mystère.
Mon avis est que ceci est peut etre la nouvelle facon de faire de la politique: avoir la modestie de défendre quelques objectifs simples et compréhensible de tous. En effet dire que favoriser l'isolation de l'habitat fait économiser de l'energie et limite les importations de pétrole c'est un argument solide pour développer des propositions concrètes autour de ce thème (subvention des travaux, nouvelles normes de construction, diagnostique poussé lors de transactions immobilières etc...)
Réponse de le 12/11/2012 à 14:45 :
Oui, mais il y a du chemin à faire par EELV, dont la principale activité consiste à prendre des places, les garder et se faire mousser. Quant à l'isolation de l'habitat, avec les diagnostics faits qui sont trop souvent fantaisistes, les coûs ( et ce ne sont pas les subventions aux frais du contribuable, qui réduisent assez la facture), et les interrogations concernant la perennité des travaux faits, il y a de quoi être vigilant avant de s'engager, sauf cas cruciaux de logement passoire. Mais que dire de montants de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour économiser 2 ou 300 euros/an ? Cela se rapproche de l'escroquerie.

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