"Les propositions du groupe Liikanen sont un strict minimum", selon Finance Watch

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Dans sa réponse à la consultation sur le rapport Liikanen, l'organisation bruxelloise appelle à ne pas diluer les propositions de ce rapport sous la pression du lobby bancaire.

"Le diagnostic réalisé par le rapport Liikanen est bon, mais le remède risque de ne pas être suffisamment fort". Thierry Philipponnat, le secrétaire général de Finance Watch, dit tout haut ce que nombre de partisans d'une meilleure régulation des banques pensent tout bas. Et il sait se faire entendre. "Le secrétaire général de FinanceWatch sait de quoi il parle: c'est un ancien banquier de marché qui a notamment été co-fondateur d'Exane, patron d'une activité de dérivés chez BNP, UBS et Euronext", signale Christophe Nijdam chez AlphaValue.

La façon dont les banques sont structurées est un handicap pour la stabilité financière et la croissance

Dans sa réponse à la consultation sur le rapport Liikanen, l'organisation bruxelloise qui "plaide pour une prise en compte de l'intérêt général dans la régulation financière" se fait une fois de plus un plaisir de contrer les arguments du (puissant) lobby bancaire. Elle explique notamment pourquoi les arguments d'intérêt général mis en avant par l'industrie pour soutenir le modèle dit de "banque universelle" ne sont pas fondés. "L'aléa moral déforme l'essence même de la banque et l'éloigne des activités économiquement utiles. La banque d'investissement et la banque commerciale sont des activités fondamentalement différentes. Quand on autorise le processus de création monétaire, inhérent à la banque commerciale, au sein de la banque d'investissement, cela a pour conséquence de drainer des quantités importantes de monnaie nouvelle vers des activités spéculatives et de créer des bulles financières", explique Aline Fares de Finance Watch, auteure de la réponse à la consultation, dans un communiqué. Pour elle, "la façon dont les banques sont structurées aujourd'hui" est tout simplement "un handicap pour la stabilité financière et la croissance de l'UE."

Attention à ne pas diluer les propositions du rapport Liikanen

Si l'analyse de Finance Watch de l'aléa moral dans le système bancaire européen et des distorsions qu'il entraîne rejoint celle du groupe d'experts présidé par le gouverneur de la Banque de Finlande, les responsables de l'organisation craignent "que les recommandations ne suffisent pas à atteindre l'objectif fixé par le groupe : mettre en place un système bancaire stable et efficace". "Il est absolument essentiel que les décideurs politiques ne diluent pas ces propositions sous la pression du lobby bancaire. Ils doivent introduire une législation capable d'atteindre les objectifs fixés", recommande Thierry Philiponnat, qui rappelle à l'instar du FMI, de la BRI ou de la Banque d'Angleterre, qu'une approche plus ferme de la réforme de la structure des banques "profiterait aux contribuables, aux investisseurs, et à l'économie".

Référence au Glass-Steagall Act

Sans une réforme de la structure des banques, les projets d'Union Bancaire de l'Union européenne pourraient se révéler contre-productifs, explique l'organisation. Comparant les différentes mesures envisagées en Euroépe avec le Glass-Steagall Act américain mis en en oeuvre dans les années 1930 et qui "a permis plus de 60 ans de stabilité financière et de croissance aux USA", Thierry Philipponat explique que "l'Union bancaire ne comprend que deux des trois éléments du Glass-Steagall Act : un mécanisme unique pour la résolution des banques et un superviseur unique. Si le troisième élément, la réforme de la structure des banques, n'est pas parallèlement mis en place, les propositions d'Union bancaire risquent d'accroître le dommage provoqué par l'aléa moral dans le système bancaire européen."
 

Voir la réponse de Finance Watch à la consultation de la Commission européenne sur le Rapport Liikanen

Voir aussi : ces banquiers et régulateurs du monde entier qui soutiennent la séparation des activités bancaires pour des raisons d'intérêt général

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Commentaires
a écrit le 14/11/2012 à 19:44 :
Forza ! Et ne pas oublier que la finance tue ! Elle doit être mis au service des politiques et des nations, jamais le contraire. L'histoire l'enseigne.

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