Les retraites privées allemandes en question

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En Allemagne, en plein débat sur les retraites, les assurances complémentaires privées sont critiquées. Les fortes incitations de l'Etat pour les mettre en avant sont à double tranchants.

D?après un sondage paru dans le très populaire Bild, quatre allemands sur dix ne pensent pas pouvoir vivre de sa future retraite. Parmi ceux-ci, 20% des Allemands gagnent plus de 3000 euros par mois. La problématique n?est pas nouvelle, le déficit démographique datant du milieu des années 70, mais les politiques peinent à trouver la bonne formule.« Depuis une dizaine d?années, l?Etat a diminué les droits liés à la retraite publique qu?il a cherché à compenser par une assurance privée viadesincitations fiscales. Aujourd?hui, la seule retraite publique suffit à peine à survivre, pour avoir une bonne retraite il faut cumuler les trois piliers : l?assurance d?Etat, celle de l?entreprise et une personnelle » explique un conseiller en assurance berlinois.


Des complémentaires retraites subventionnées


Mais voilà, en plein débat sur une réforme des retraites, ces complémentaires privées font de plus en plus débat. C?est notamment le cas de la populaire « assurance-entreprise » (Betriebsrente), qui permet à l?employeur de verser une partie du salaire brut de l?employé, exonérée d?impôt et de cotisations sociales, dans une pension de retraite. Dans les Lander de l?ouest, 20% des actifs en ont souscrit une. Or,une étude du professeur en Sciences sociales Ulrich-Arthur Birk, de l?Université de Bamberg, parue hier, conclut que « pour les actifs qui ont cotisé pour une retraite publique et qui ont signé un contrat après 2005 (date de changement de la fiscalité, ndlr) sans bénéficier d?une contribution supplémentaire de l?entreprise ?non obligatoire-, l?opération n?est pas rentable».Un placement sur un compte épargne serait, selon lui, plus avantageux.


De nombreux souscripteurs cessent leurs cotisations


Concernant, les complémentaires privées, comme la Riester-Rente (salariés) ou la Rürup-Rente (indépendants), elles donnent lieu à d?importantes dérives. Les assureurs privées qui les vendent, incitent leurs clients à cotiser un maximum pour profiter des crédits d?impôts, qui sont progressifs. Mais face aux aléas professionnels ou familiaux, de nombreux souscripteurs ne peuvent plus assumer les cotisations et les sanctions financières sont alors drastiques.«Les souscripteurs sont peu informés des risques d?un contrat Rürup, que l?on ne peut pas résilier (?) En cas de d?arrêt des cotisations, le capital accumulé est progressivement rongé par les frais d?administration, très élevés » assure Kerstin Becker-Eiselen, avocate et conseillère de l?Association des consommateurs de Bargteheide. Selon un cadre de la Confédération Syndicale d?Allemagne (DGB), « le problème de ces assurances privées, comme la Riester-Rente, c?est qu?elles sont inaccessibles pour les bas salaires, ceux qui en ont pourtant le plus besoin. Les primes d?assurances et les frais de gestions sont bien plus élevées que pour la retraite publique et les pensions versées très inférieures».D?après l?Association des consommateurs d?Hambourg, sur les 1,5 millions de polices Rürup souscrites, la moitié des bénéficiaires ne peuvent plus cotiser. Le gouvernement a promis d?imposer plus de transparence aux assureurs.
 

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Commentaires
a écrit le 26/12/2012 à 18:39 :
'agit surtout d'avoir un système individuel comme en Suède ou les travailleurs choisissent assez librement leur age de départ à la "retraite"et les modalités de celui-ci.Ils cumulent un système de pension publique calculé d'après les points accumulés et le temps passé à la retraite ( espérance de vie) et pour une part un système privé individuel par capitalisation ( contributions collectés par le trésor public pour limiter les frais de gestion et reversé au gestionnaire choisi par le travailleur).Pour les plus modestes une pension minimal universelle ( comme l ASPA en France) est prévue et alimenté par l?impôt.Donc les Suédois ont trouvé le bon dosage entre public et privé.Contrairement à l'Allemagne qui fonctionne sur une base corporatiste ( comme la France et dans un passé récent l'Italie).Ce qui fait courrir à la catastrophe.
a écrit le 01/12/2012 à 15:29 :
Une crise économique et les sommes mises sur les plans de pensions passent à la trappe. Très interessants pour les assureurs, pas vraiment pour les souscripteurs.
a écrit le 26/11/2012 à 10:14 :
Commence t'on enfin par comprendre que la retraite par répartition n'est qu'une escroquerie du type schéma de Ponzi?
a écrit le 23/11/2012 à 19:04 :
le modèle assurance comme tout autre modèle est sujet à des vautours qui veulent profiter de la manne d´argent. rien de bizarre. rien de nouveau. cela se passe partout. les banques le font aussi. le rêve francais "je cotise donc je dois recevoir" n´est pas non plus tenable: ceux qui travaillent, payent, et les retraités touchent ce qui est à disposition. il suffit qu ils se répartissent ce qui reste. Si il y a peu de payeurs, il n y a donc pas ou peu de retraite. simple.
l allemagne a essayé be boucher par une assurance retraite, le manque d´intérêt de faire des enfants. les écoles sont pleines de petits psychopathes, enfants uniques, qui n´ont jamais appris à régler des conflits dans des familles mais apportent tous leurs problèmes dans les écoles. De plus, si vous allez vous promener avec un chien dans la rue, on vous parlera plus que si vous allez vous promener avec vos enfants. A partir de 3 enfants on vous prend pour des assistés sociaux, marginaux.. débiles mentaux. ce sera intéressant de voir ce que ce pays va faire dans les prochaines années: je pense à une immigration sélective massive, avec perte du type allemand blonc grand. le pays va touner vers "basané" pour le bien de tous ceux qui y sont.
a écrit le 23/11/2012 à 12:48 :
Ca à l'air sympa le modèle par capitalisation... L'article montre bien les limites de passer par le privé, les intérêts des compagnies d'assurance et des bénéficiaires sont divergents. Après tout passe par le bluff et le mensonge. Bref un bon classique

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