La stratégie de Mario Monti pour demeurer au pouvoir

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Le président du conseil italien pourrait décider de faire des élections un véritable «référendum sur l'euro» afin de conserver son poste en février prochain.

Mario Monti semble prendre ses marques pour entrer dans l'arène électorale. Celui qui va démissionner de son poste de président du conseil italien une fois le budget voté, vraisemblablement à la fin de la semaine, multiplie les signes d'une future candidature à sa propre réélection.

Défense de son bilan

Ce mercredi matin, devant l'association des constructeurs automobiles italiens, l'Anfia, il a défendu son bilan contre les attaques des proches de Silvio Berlusconi. «Il faut du temps pour voir se déployer leurs bénéfices», a-t-il expliqué avant de mettre en garde : «il convient d'avoir recours à la plus grande prudence avant de porter un jugement sur le fonctionnement de ces réformes.» Et de défendre la stabilisation du spread, l'écart de taux germano-italien, dont l'importance avait été mardi rabaissée par le Cavaliere. Il a enfin porté son attaque contre le gouvernement de Silvio Berlusconi qui «a laissé beaucoup à faire» à son successeur.

Soutien de Berlin

Mario Monti commence donc à déployer sa stratégie pour séduire les électeurs : il est l'homme des réformes et l'homme de la confiance internationale. Il peut, du reste, compter sur l'effort de la communauté internationale et particulièrement de Berlin. Après avoir prévenu, par la voix de son ministre étrangère Guido Westerwelle, qu'il n'accepterait pas de voir se développer en Italie «un populisme anti-allemand», le gouvernement allemand a encore appuyé son soutien à Mario Monti. A son arrivée à Bruxelles ce mercredi, Wolfgang Schäuble a ainsi insisté sur les «succès et les progrès» réalisés par le gouvernement Monti. Et de conclure : «tout le monde le sait, mais je n'aurai de cesse de répéter la différence entre le gouvernement de Mario Monti et celui de son prédécesseur.»

Feuille de route

Selon le quotidien libéral Il Foglio de ce mercredi, Mario Monti a rédigé une feuille de route, un «mémorandum» qui guidera son attitude durant la campagne et après les élections qui devraient, selon les rumeurs, se tenir le 17 février prochain. Cette ligne de conduite, dont l'usage précis serait encore discuté, s'exprimerait autour de trois axes: ne pas revenir sur les réformes des retraites et du marché du travail, la réduction de la charge fiscale sur les entreprises et le travail et enfin le maintien de certaines taxes impopulaires, mais nécessaires au budget de l'Etat. A partir de cette ligne, Mario Monti pourra développer sa stratégie électorale. Mais pour le moment, Mario Monti ne cesse de le répéter: il n'est pas encore candidat.

Position faible de Monti

Quelle sera-t-elle? Rien n'est encore décidé, mais le président du conseil démissionnaire consulte. Sa position en tant que candidat direct est assez faible. Les derniers sondages ne donnent guère plus de 10% aux partis qui se revendiquent directement de sa politique. Et il n'est pas certain que les électeurs de la droite fuient en masse Berlusconi pour Monti. Bref, on voit mal comment il pourrait peser lourd dans le résultat où le centre-gauche semble, pour l'instant, en mesure de l'emporter. La seule chance, alors, de l'actuel président du conseil serait de provoquer une division de l'aile centriste du parti démocrate autour du candidat malheureux aux primaires Matteo Renzi. Mais ceci semble très hypothétique.

«Référendum sur l'euro»?

Comme le souligne Il Foglio, «le profil que choisira Mario Monti dans les prochaines semaines ne sera pas celui du candidat qui descend en scène; mais sera plus proche de celui de se présenter en digue contre le populisme des forces anti-européennes italiennes.» Du coup, le quotidien libéral estime que le but de Mario Monti sera de transformer les élections «en un référendum sur l'Europe et l'euro». Or, si les Italiens choisissent de demeurer dans l'euro suite à une telle dramatisation de la campagne, le seul capable d'assurer ce maintien sera Mario Monti. Reste à trouver néanmoins la clé institutionnelle pour conforter cette stratégie.
 

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Commentaires
a écrit le 13/12/2012 à 8:08 :
La réalité c'est que aujourd'hui la plupart des Italiens sont contre l'euro et Monti après la hausse des impôts dans le pays de sont gouvernement, donc pas de chance de ce faire élire, mais que le pouvoir est attachant pour Monti & Berlusconi, après avoir gouté au pouvoir ils n'arrive plus à sens passer, les pauvres.
A l'UMP même histoire.
a écrit le 12/12/2012 à 19:13 :
Qui se souvient qu'il avait dit ne pas vouloir y rester et qu'il a été appelé au pouvoir après que la BCE de Draghi ait volontairement cessé d'acheter les titres du trésor italien, provoquant la crise destinée à le faire nommer?
Réponse de le 12/12/2012 à 23:19 :
j'ai en même temps lu des commentaires sur un article précédant, où nombreux étaient ceux qui reprochaient à M.Monti de ne pas avoir été soumis au suffrage populaire ! Au moins ce sera chose faite !!!

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