La cacophonie sur le budget européen majore le salaire des fonctionnaires de l'UE

 |   |  514  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Photo Reuters)
Alors que la crise économique est loin d'être résolue et que l'Union européenne doit faire des économies, les fonctionnaires européens vont avoir l'heureuse surprise de voir disparaître une taxe de 5,5% de leur bulletin de paie à compter de ce mois-ci. En cause, l'incapacité des leaders européens à trouver un accord.

Si aux Etats-Unis, les dirigeants politiques ont finalement réussi à éviter in extremis le "mur budgétaire", coté européen, les représentants des Etats membres ne sont pas parvenus à s'entendre sur un train de mesures pour réaliser des économies au niveau des instances européennes. Résultat : une taxe de solidarité prélevée sur les salaires des fonctionnaires européens et instaurée en 2004 va devenir caduque. Son taux avait évolué de 2,5% à sa mise en place, à 5,5% en 2012.

Cameron proposait -10% sur les salaires

L'accord n'a pas été possible en raison de l'opposition des différents gouvernements européens sur la question majeure du budget européen. Lors des négociations pour la période 2014-2020 cet automne, le Premier ministre britannique David Cameron avait notamment jeté un pavé dans la mare en demandant "au moins" 6 milliards d'euros de baisse de dépenses en matière de salaires et de retraites des fonctionnaires de l'Union européenne. Il proposait une réduction de 10% des salaires des 45.000 fonctionnaires européens, assortie d'un recul de l'âge de départ en retraite (à 68 ans) et une diminution de leur pension. "C'est une proposition radicale", avait alors commenté François Hollande, peu enclin à satisfaire la demande du britannique. Le budget consacré au salaire des fonctionnaires représente 3 % du budget européen.

Voyant la fin de la taxation de 5,5% poindre à la fin de l'année 2012, le commissaire en charge de ce dossier  - Maros Sefcovic - avait pourtant émis la proposition de la maintenir une année supplémentaire. Les pourparlers sur le sujet auront duré plus d'un an, en vain. Alors que la Commission avait proposé de l'augmenter de 6%, elle a tout simplement fini par être supprimée, puisqu'à l'origine instituée pour une durée limitée.

911 euros de prime mensuelle de représentation

Rappelons qu'un fonctionnaire européen touche un salaire mensuel brut minimum de 2.654,17 euros (grade1, échelon 1) et maximum de 18.370,84 euros. Leur salaire moyen est d'environ 5.000 euros. Le 5 décembre, la Commission européenne proposait de le revaloriser de 1,7% rétroactivement à compter de juillet 2012, c'est moins que l'inflation à Bruxelles, où résident la majorité des fonctionnaires concernés.

Des indemnités mensuelles exemptées d'impôts complètent cette rémunération. Les fonctionnaires ont en effet droit à une prime de 373 euros par mois et par enfant scolarisé dans une école privée, une prime de représentation de 911 euros par mois réservée à quelques hauts représentants et également à une majoration de 16% du salaire de base au titre de l'expatriation pour les personnes travaillant hors de leur pays d'origine.

Une renaissance de cette taxe reste possible

Mais les fonctionnaires européens ne doivent pas se réjouir trop tôt de ce beau cadeau de début d'année. La possibilité d'un accord n'est pas enterrée. "De manière officieuse, on nous a conseillé de ne pas toucher à ce surplus car il y a de fortes chances qu'on arrive à un accord et que la nouvelle taxe, une fois adoptée, soit rétroactive" confie un fonctionnaire européen au Figaro.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/01/2013 à 19:36 :
L'exemple doit venir d'en haut, pourqoi reduire notre pouvoir d'achat alors que de nombreux fonctionnaires se rempissent les poches, trop payés avec des primes anormalement données alors qu'en France la pauvreté et en perpetuelle croissance
a écrit le 03/01/2013 à 18:52 :
L'article de Adeline Raynal est correct. Il manque cependant de quelques précisions:
Le taux marginal de l'impôt est de 45 %. S'y ajoute les 5,5 % cités (les syndicats avaient accepté 6% + 5% de réduction des effectifs). Les Institutions utilisent également +/- 10000 Agents contractuels pour qui les salaires de départ sont inférieur au smig Luxembourgeois correspondant.
Le pouvoir d'achat, selon le règlement du Conseil, a déjà fait perdre +/- 8% depuis 2006. S'yn agoute une perte de 3,4 % du fait du refus du Conseil de mettre en oeuvre ses propres décisions en la matière; d'où recours en justice. La cotisation pension est actuellement supérieur à 11 %.
Le Conseil des Ministre ne peut s'en prenbdre qu'à lui-même s'il n'a pas été capable de prendre une décision sur des propositions proposée en 2011, avec l'accord des syndicats sur d'importantes réductions de revenus.
a écrit le 02/01/2013 à 20:49 :
Que ils montrent exemple en austerité.
a écrit le 02/01/2013 à 18:32 :
Et quid des fonctionnaires français planqués? agents d'entretien et jardiniers de l'assemblée nationale et sénat qui émargent à 2500 euros comme débutants....
a écrit le 02/01/2013 à 15:59 :
Les fonctionnaires sont trop bien payés ce qui choque beaucoup à l'heure où l'on parle de faire des économies.
Mais qu'en est-il de certains fonctionnaires français de l'Assemblée Nationale ou du Sénat? Agent d'entretien: 2400 euros pour un débutant, 3600 euros mensuels pour un "rédacteur des compte rendus" ou un "administrateur". Et on parle des salaires des débutants....A LA DIETE !!!!
a écrit le 02/01/2013 à 15:08 :
"François Hollande, peu enclin à satisfaire la demande du britannique" ben voyons, ces fonctionnaires ont leur siége soit à Strasbourg, au Luxembourg ou en Belgique.
C'est bien loin Londres tout cela, et ou coyez vous que ces fonctionnaires dépensent leur sous?
Bien vu, entre la France et l'Allemagne on se partage le gateaux!
Cet axe franco-allemand sera la cause de la création mais aussi de l'echec de l'UE.
Ainsi va la vie.
Réponse de le 03/01/2013 à 19:00 :
Il y a des fonctionnaires européens dans près de 140 pays.
La vraie question est de savoir s'il est acceptable que les Etats Membres peuvent violer les règlements qu'ils ont librement décidés.
Enfin, les syndicats ont, en 2004 puis en 2012 accepté des restrictions importantes, sans compter les charges supplémentaire qui sont à l'origine des restrictions, demain réduction, des effectifs.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :