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ÉconomieUnion européenne

Angela Merkel profite des maladresses du SPD

Romaric Godin

Publié le 16 janvier 2013 à 13:59 - Mis à jour le 16 janvier 2013 à 14:05

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La chancelière ne mène pas campagne en vue des élections de septembre 2013, mais elle peut compter sur son rival maladroit du SPD, Peer Steinbrück pour la faire monter dans les sondages.

Angela Merkel a l?habitude de se débarrasser assez facilement de ses adversaires politiques. Qu?ils soient issus de sa propre majorité, de l?opposition ou de la politique européenne. Karl-Theodor von Guttenberg, Friedrich Merz, Frank-Walter Steimeier, Nicolas Sarkozy et François Hollande en ont fait l?amère expérience. A présent, c?est le candidat social-démocrate à la chancellerie Peer Steinbrück qui est sur le point de subir le même sort.

Mauvais sondages

Dans un sondage Forsa paru ce mercredi, la CDU et son allié bavarois CSU sont crédités de 43 % des intentions de vote pour les élections de septembre prochain. Un record depuis 7 ans. Derrière, le SPD montre des signes d?effondrement. A 23 %, il revient à son plus bas niveau depuis juin 2011 et au résultat historiquement bas qu?il avait obtenu aux élections de septembre 2009. Fin décembre, 30 % des personnes interrogées pensaient pouvoir voter pour les Sociaux-démocrates.

Ce recul sensible du SPD est lié au très mauvais début de campagne de son candidat Peer Steinbrück. Selon le même sondage Forsa, pas plus de 18 % des Allemands souhaiteraient le voir chancelier contre 59 % pour Angela Merkel. L?électorat centriste que l?ancien ministre des Finances devait attirer semble donc préférer l?original à la copie. D?autant que l?image de Peer Steinbrück se dégrade à grande vitesse.

Fautes de communication

Déjà plombé par la polémique autour de ses riches émoluments pour les conférences qu?il a données depuis 2009 et autour de ses relations avec certaines grandes entreprises, Peer Steinbrück a été incapable de formuler des propositions convaincantes. Et il multiplie les erreurs de communication.

La semaine dernière, il a lancé une campagne de discussion directe avec les citoyens, des « discussions de salon » (Wohnzimmergespräche). Le principe est simple : Peer Steinbrück se rend dans le salon d?un simple citoyen et discute à bâtons rompus, sans journalistes, des sujets qui les touche. Celui de la semaine dernière a été un succès. Sauf que la presse a découvert que la famille dans laquelle s?est rendue le candidat est liée à un responsable berlinois du SPD et que la mère de famille est membre du SPD local. L?opération s?est transformée en désastre, les ricanements des Conservateurs et de twitter ont eu raison du candidat.

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Merkel se tait

Pendant ce temps, Angela Merkel se tait. Elle ne cite jamais Peer Steinbrück, ni ses propositions, ni ses positions. Elle ne fait pas campagne et laisse son opposant s?épuiser. Une tactique qui avait déjà fonctionné en 2009. Les élections régionales de Basse-Saxe ce dimanche devraient être un moment important de la campagne. La CDU au pouvoir, longtemps donnée battue, a finalement des chances de tenir la dragée haute à l?alliance Verts-SPD et l?empêcher d?atteindre la majorité absolue. Si c?est le cas et si la CDU parvient à rester dans la future coalition au pouvoir dans ce Land du nord, Angela Merkel aura à nouveau le vent en poupe.

Espoirs pour le SPD ?

Le SPD refuse d?évoquer un changement de candidat, même si certains articles de presse en parlent. Il est vrai que tous les espoirs ne sont pas morts. Le SPD peut lancer une offensive sur la politique européenne du gouvernement avec le vote sur l?aide à Chypre. Il peut aussi compter sur la mauvaise conjoncture et la possible détérioration du marché de l?emploi.

Enfin, la CDU est désormais seule. Son allié actuel, les Libéraux du FDP, semblent mal partis pour entrer au parlement en septembre. Mais la seule façon de prendre le pouvoir pour le SPD serait de mener une impossible alliance avec les Verts et le parti de gauche. Du coup, on devrait se diriger vers une « grande coalition » CDU-SPD. La question sera alors de connaître la force relative des deux « alliés. »

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Angela Merkel a donc tout intérêt à laisser les choses aller leur train : le SPD s?affaiblit seul, elle ne l?attaque pas et ne rompt pas les ponts. Elle peut alors espérer se retrouver en position dominante à la tête de la grande coalition, sans vraie alternative pour le SPD. Ce serait une énième victoire pour la chancelière.

Romaric Godin

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