Merkel et le SPD entament une dure négociation pour former une coalition

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Pause déjeuner pour Angela Merkel pendant les discussions avec la SPD.
Pause déjeuner pour Angela Merkel pendant les discussions avec la SPD. (Crédits : Reuters)
Les négociations pour conclure une "grande coalition" commencent ce vendredi. Tour d'horizon des points qui fâchent.

Dix jours après les élections fédérales du 22 septembre, sept représentants de la CDU d'Angela Merkel et sept représentants de la SPD sociale-démocrate se sont rencontrés à Berlin pour la première fois afin de trouver un terrain d'entente afin de constituer une future « grande coalition » pour gouverner l'Allemagne jusqu'en 2017.

La question fiscale

Les négociations devraient rester à huis clos, même si, évidemment, les fuites ne sont pas à exclure. La politique économique devrait occuper cependant l'essentiel des discussions. Le principal point d'achoppement demeure la politique fiscale. La SPD veut relever de 7 points le taux le plus élevé d'imposition sur le revenu de 42 % à 49 % pour financer plus d'investissements publics. Après avoir laissé entendre qu'elle pouvait l'accepter, la CDU a fait marche arrière devant le tollé provoqué par cette attitude à droite et dans les milieux économiques. Un compromis sera difficile à trouver, mais il pourrait prendre la forme d'une baisse de l'imposition pour les classes moyennes, tandis que le taux supérieur serait relevé.

Salaire minimum

Sur la question du salaire minimum, la position des deux partis semble pouvoir se concilier. Il y aura bien une limite minimale pour les salaires en Allemagne. Reste à savoir si, comme le veut la SPD, ce sera une instance indépendante qui en définira le montant ou si, comme le souhaite la CDU, ce sera les partenaires sociaux. Selon le quotidien FAZ, un compromis serait déjà trouvé sur ce point.

Assurances sociales

Sur la question de l'assurance maladie, la SPD demande une centralisation des cotisations et une réduction de la place des caisses privées. La CDU s'accroche au système actuel de cohabitation entre les deux systèmes et au financement par des hausses de cotisations salariales des besoins de financement des caisses. C'est là encore un point d'achoppement. En revanche, la CDU aurait accepté une retraite minimum de 850 euros mensuels, ce qui pourrait indiquer que la SPD accepterait la position de la CDU sur l'assurance maladie.

L'obstacle CSU

Sur la politique familiale, la SPD devra accepter le maintien de l'allocation pour les parents qui élèvent leurs enfants de moins de 3 ans à la maison. La CSU bavaroise en fait une question de principe. De même, la CSU veut instaurer un péage pour les automobilistes étrangers sur les autoroutes. CDU et SPD rejettent cette proposition quasi impossible à mettre en place dans le cadre de l'UE, mais la CSU en a fait une question de principe.

La politique européenne

Dans l'immédiat, la question européenne ne semble pas au menu des discussions. Malgré des programmes différents, les deux partis semblent implicitement d'accord pour poursuivre la politique européenne actuelle de l'Allemagne. En cas de tensions sur d'autres dossiers, la SPD pourrait vouloir revenir sur ce sujet, mais la CDU et la CSU sont peu ouvertes sur la question.

Maroquins et portefeuilles

Reste enfin le partage des maroquins ministériels qui peut être délicat. Quelle sera la place réservée à la SPD ? Quels grands dossiers aura-t-il en charge ? Avec quelles personnalités ? Tout ceci peut peser lourd dans les négociations. De même que la grogne toujours forte au sein des militants sociaux-démocrates que Sigmar Gabriel, le président du parti a juré de « consulter. » Bref, les compromis semblent possibles, mais la « grande coalition » pourrait buter surtout sur les principes.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2013 à 13:22 :
Article utile et factuel. Bon éclairage.
a écrit le 04/10/2013 à 23:10 :
Cette concession sur le salaire minimum peut dégrader la situation de l'emploi en Allemagne car ce sont bien les emplois à faible valeur ajoutée qui font la différence. L'industrie est minoritaire en nombre de travailleurs.

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