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ÉconomieUnion européenne

L'Europe du populisme (3/3) : l'euro n'est pas seul en cause, loin de là

Photo de Romaric Godin

Romaric Godin

Publié le 17 octobre 2013 à 15:44 - Mis à jour le 20 février 2014 à 13:06

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Les élections européennes de 2014 seront sans doute marquées par un rejet des partis traditionnels. Troisième volet de notre tour d'un Vieux continent gagné par les formations extrêmistes: la situation dans les pays du hors de la zone euro où la monnaie unique ne peut pas être prise comme bouc-émissaire.

L'Europe fait-elle face à la montée des « populismes » ? Délicat de répondre à une telle question, tant le terme de « populisme » lui-même est sujet à débats. Si l'on prend comme critère de ce mouvement la remise en cause des élites et des partis traditionnellement dominants, sans préjuger par ailleurs des solutions proposées, on doit reconnaître qu'il existe un véritable mouvement de fond sur le vieux continent. Un mouvement qui, souvent, s'appuie sur le rejet de l'euro, conçu comme un instrument imposé par l'establishment. Mais on doit aussi constater que la nature et les causes de ces « populismes » sont aussi diverses que l'Europe elle-même.

Royaume-Uni : Nigel Farage mène le bal

Dans le Royaume-Uni, le système politique traditionnel vacille également. L'obligation pour David Cameron de constituer le premier gouvernement de coalition depuis 30 ans avec les Libéraux-démocrates en 2010 l'avait déjà prouvé. Depuis deux ans, la vie politique britannique est cependant marquée par la montée en puissance du parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) mené par le très charismatique Nigel Farage.

S'appuyant sur le rejet de l'Union européenne, il mène un discours contre l'immigration, Bruxelles et « l'establishment » qui trouvent de plus en plus d'écho dans l'opinion. Les derniers sondages le créditent de 10 % des voix, soit plus que les Libéraux-démocrates, alors qu'en 2010, il avait mobilisé seulement 3 % des électeurs.

Paradoxalement, le système électoral britannique est tel que cette montée de l'UKIP pourrait profiter in fine aux partis traditionnels, Conservateurs et Labour. En revanche, lors des Européennes de l'an prochain, l'UKIP pourrait plus mobiliser. Certes, le fait n'est pas nouveau : en 2009, il a glané 16,5 % des voix lors de ce même scrutin. Mais cette fois, il pourrait obtenir plus de 20 %.

Scandinavie :le cœur du système est touché

Les partis populistes de droite ont depuis plus de dix ans pignon sur rue en Norvège et au Danemark. Ils s'appuient généralement sur un rejet de l'immigration dans des pays plutôt historiquement d'émigration, mais aussi sur l'euroscepticisme (dans le cas danois) et le nationalisme. Il n'y a guère chez eux de défense du welfare state traditionnel, domaine réservé aux partis à la gauche des sociaux-démocrates qui progressent également, quoique moins nettement.

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Cette année, les populistes de droite norvégiens du parti du progrès ont conclu un accord de coalition avec les conservateurs après les élections de début septembre. Au Danemark, les Sociaux-démocrates ont dû s'allier avec un parti de gauche et le précédent gouvernement s'appuyait sur une tolérance du parti du peuple danois, populiste de droite. En Suède, longtemps épargnée, les « Démocrates suédois » (SD), un parti très anti-européen et anti-immigration, effectue une percée. Après avoir obtenu 5 % en 2010, ils frôlent désormais les 10 % dans les sondages en vue des élections au Riksdag de 2014.

Europe de l'est : des poches de populismes

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En Europe de l'est, les mouvements populistes ont été très présents dans les années 1990. Ils reviennent parfois en force avec la crise économique. La république tchèque, qui vote ce dimanche, pourrait connaitre une alternance du centre-droit vers le parti social-démocrate, mais aussi une forte percée du très orthodoxe Parti communiste de Bohème-Moravie, donné par les sondages entre 12 et 16 % des intentions de vote. En Hongrie, la Fidesz du premier ministre Viktor Orban ne ménage pas son discours anti-européen, nationaliste et anti-élites pour contenir la percée du parti d'extrême-droite xénophobe Jobbik.

Romaric Godin

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