Le succès surprise du sauvetage de Chypre

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« Nous sommes des Grecs, mais des Grecs de Chypre… » dit malicieusement lle président chypriote Nikos Anastasiadès
« Nous sommes des Grecs, mais des Grecs de Chypre… » dit malicieusement lle président chypriote Nikos Anastasiadès (Crédits : Reuters)
La troîka se rend à Chypre la semaine prochaine pour sa deuxième visite et devrait, comme précédemment, faire l'éloge du travail de Nicosie. Voici pourquoi.

 Voici enfin un pays européen où la troïka n'aura pas à raser les murs pendant sa visite. A Chypre, cinquième Etat de la zone euro à avoir demandé une aide extérieure, les inspecteurs de la Commission européenne, du FMI et de la BCE seront accueillis par un gouvernement soucieux de montrer sa détermination et sa bonne foi et par une population majoritairement résignée, mais peu encline à la révolte.

La troïka ravie par Nicosie

Cet été, la troïka avait déjà fait part de sa satisfaction et avait félicité le « travail » du gouvernement de Nicosie. « Pour la première fois, 100 % du programme prévu avait été réalisé », souligne ainsi une source proche de la troïka qui ne tarit pas d'éloges sur l'attitude « courageuse et déterminée » de Nicosie. La difficile recapitalisation du système bancaire, la réduction des dépenses publiques de 10 %, avec notamment une baisse de 15 % des salaires de la fonction publique et le gel des embauches jusqu'en 2016, ou encore les réformes engagés du système social : tout ceci avait de quoi ravir la troïka.

Des objectifs gouvernementaux encore plus ambitieux que ceux de la troïka

D'autant que le nouveau gouvernement chypriote - arrivé au pouvoir pendant la crise du mois de mars - veut encore aller plus loin pour montrer sa détermination. Dans le budget 2014 examiné au parlement cette semaine, Nicosie fait du zèle. « Le mémorandum nous demande un déficit de 4,5 % du PIB, mais nous avons inscrit un objectif de 3 % dans notre budget », se vante Harris Georgiades, le jeune ministre des Finances chypriote. Celui-ci se réclame très ouvertement de l'exemple irlandais, le premier pays qui a annoncé pouvoir se passer de l'aide européenne dès le 15 décembre prochain et qui, comme Chypre, était entrée dans la crise suite à un effondrement de son secteur bancaire.   

Comment annoncer des bonnes nouvelles, plutôt que des mauvaises

Comment expliquer le « succès » chypriote, du moins au sens du moins de la troïka, c'est-à-dire dans l'application des « programmes d'ajustement. » ? Le premier élément à souligner est la prudence des Européens. « Nous avons appris de nos erreurs passées », avoue un autre responsable de la Commission à Nicosie.

Ainsi, les prévisions de récession pour 2013 semblent avoir été bien trop pessimistes. La troïka avait promis un recul de 8,7 % du PIB. La chute sera sans doute moindre, probablement entre 5 et 6 %. Ceci facilite évidemment de façon mathématique la satisfaction des objectifs fixés au gouvernement. Autrement dit, plutôt que, comme dans les cas grecs et portugais, se montrer trop optimistes et devoir faire face à des échecs répétés, les bailleurs de fonds de Chypre ont préféré noircir un peu trop le tableau pour pouvoir ensuite se prévaloir d'un succès. « Nous faisons mieux qu'attendu », répète ainsi à l'envie Harris Georgiades aux médias européens qui repartent ainsi satisfaits de la politique menée dans l'île.  

La même logique a prévalu dans le calcul de la somme prêtée à Chypre. 10 milliards d'euros lui ont été attribués. Maintenant que la recapitalisation des banques est achevée, il reste encore 5 milliards d'euros disponibles. Le matelas de sécurité semble assez confortable pour éviter de se retrouver dans un scénario à la grecque où une restructuration de la dette ou une nouvelle demande d'aide seraient nécessaires. Bref, les Européens se sont, dans le cas de Chypre, placés dans la situation où de pouvoir annoncer surtout des bonnes nouvelles. « Mieux vaut annoncer de bonnes que de mauvaises nouvelles », commente non sans malice la même source européenne.

Un contrôle des capitaux dissuasif

La deuxième raison de cette résistance chypriote, c'est le contrôle des capitaux appliqué depuis mars dernier. Certes, ce contrôle est progressivement levé, mais il reste en place dans plusieurs domaines. Le gouvernement espère pouvoir lever l'essentiel de ce qui reste de ce contrôle avant le printemps 2014, mais, prévient Harris Georgiades, « la libération complète des transferts de fonds vers l'étranger sera la dernière restriction à être levée. »

Nicos Anastasiades, le président de la République chypriote  ne veut pas non plus s'engager : « tout dépendra de la situation », affirme-t-il. Mais à Nicosie, on est certain, dans les milieux financiers, que la  « feuille de route » gouvernementale ne sera pas respectée et que le contrôle des capitaux se maintiendra plus longtemps que prévu. Car c'est un atout essentiel de la réussite du plan.

 Ce contrôle qui a été un mouvement inédit et osé pour la zone euro, car il signifie qu' un euro chypriote n'est pas encore aujourd'hui tout à fait le même qu'un euro du reste de la zone euro a permis de réaliser, sans trop d'encombre, la difficile recapitalisation bancaire. Les dépôts de la Laïki Bank, démantelée, ont ainsi pu être, utilisés à 47 % pour être convertis en actions de la Bank of Cyprus (BoC). Actions qui ne sont pas encore cotées en Bourse et qui ne devraient pas l'être avant longtemps.  Encore aujourd'hui, il empêche une fuite massive des capitaux.

Les déposants sont bloqués à Chypre

Mais désormais, les déposants ont fort peu intérêt à quitter l'île d'Aphrodite. « Les déposants savent que s'ils retirent leurs fonds de la BoC, cette dernière s'effondrera ; alors ils restent », analyse Grigoris Savas, journaliste financier à l'Agence de Presse chypriote CNA. Car 31 % de leurs fonds sont encore gelés pour pouvoir, si nécessaire, être utilisés dans le cadre d'une nouvelle restructuration. Ils savent aussi désormais qu'à tout moment, le contrôle des capitaux peut revenir. Bref, il leur faut prendre leur mal en patience. Mal d'autant moins douloureux que les dépôts continuent à être très bien rémunérés à Chypre. BoC leur accorde encore un taux de rendement de 3 % par an, d'après un responsable de cette banque…  

Les déposants - notamment russes ou ukrainiens - se garderont sans doute à l'avenir d'utiliser à nouveau Chypre comme plate-forme financière pour leurs fonds. Mais pour ce qui y est présent, ils ne peuvent guère envisager une fuite de leurs capitaux. Du coup, le système bancaire chypriote, notamment la nouvelle BoC, peut se prévaloir « d'un retour de la confiance. » Sans compter que l'argent demeuré à Chypre à sans doute contribué à rendre la facture de la récession un peu moins salée…

Une population coopérative

Le dernier élément du succès chypriote, ce sont les Chypriotes eux-mêmes. Le pays n'a pas été secoué par des mouvements sociaux de grande ampleur. Pas de grèves, pas d'émeutes, ni même de manifestations. « Je n'ai pas à me plaindre des syndicats de la fonction publique », explique tranquillement Harris Georgiades, malgré les coupes sévères qu'il a pratiquées dans l'administration. Voici qui facilite la tâche et le courage de l'actuel gouvernement qui, à la différence de ceux d'Athènes ou de Lisbonne, ne doit pas compter avec une rue en ébullition et un électorat prêt à le sanctionner.

Une population durement touchée par la crise et le chômage

Ceci est d'autant plus remarquable que le pays est très durement frappé par la crise. Il suffit de parcourir les rues de Nicosie pour voir la multitude de magasins fermés et les soldes pratiquées par ceux qui sont encore ouverts mais qui semblent attendre désespérément les clients. La réduction des dépenses publiques, l'absence de crédit bancaire et de liquidités, une saison touristique en demi-teinte avec un recul des arrivées de 4 % attendu pour 2013 et surtout le chômage frappent durement l'économie du pays et la vie quotidienne des Chypriotes.

Le taux de chômage qui, au début des années 2000, frôlait 3 % de la population active, est désormais proche de 17 % et pourrait encore monter, si l'on en croit le ministre des Finances lui-même,  jusqu'à 22 %. « C'est un phénomène nouveau pour les Chypriotes », reconnaît-il. C'est aussi devenu leur principale préoccupation.  « Tout le monde craint de perdre son travail et de nombreux jeunes diplômés n'hésitent plus à quitter le pays », explique Dorita Giannakou, journaliste au quotidien Phileftheros. Bouli Hadjioannou, journaliste à l'hebdomadaire anglophone Cyprus Weekly, décrit, elle, la misère qui commence à gagner la société chypriote, les queues devant les soupes populaires et les associations caritatives… Du jamais vu depuis la guerre de 1974 dans une République qui, depuis, avait connu la prospérité.

Les Chypriotes sont des Grecs qui ne sont pas grecs…

Et pourtant, les protestations sont rares.  La première raison est politique. Le précédent gouvernement de gauche a été très impopulaire. La population accorde donc un certain «délai de grâce » à l'actuel gouvernement. Mais, plus profondément, les Chypriotes ne sont guère aussi enclins à la révolte que leurs cousins grecs. L'histoire des deux pays est différente, les cultures contemporaines et économiques aussi.

L'influence de l'occupation britannique est encore forte dans ce pays où l'on roule à gauche et dont le droit des affaires est inspirée par celui de Sa Majesté. Interrogé sur le contraste frappant entre la réponse des deux peuples à l'austérité, le président Nikos Anastasiadès répond : « Nous sommes des Grecs, mais des Grecs de Chypre… »

Beaucoup de résignation

Surtout, les Chypriotes en ont vu d'autres, notamment l'occupation d'un tiers de l'île par l'armée turque en 1974, avec son flot de réfugiés. Ils ont alors reconstruit une économie prospère. Beaucoup se disent donc que ce n'est qu'une « mauvaise passe. » « Il y a beaucoup de résignation, c'est pourquoi la colère ne s'exprime pas », résume Stelios, un chauffeur de taxi de Nicosie, qui avoue avoir perdu la moitié de sa clientèle en un an, mais qui se dit certain que la reprise viendra vite.

L'euro, plus qu'une monnaie, une défense contre la Turquie

« Que peut-on faire à part attendre ? » est l'expression qui revient le plus dans la bouche des chypriotes lorsqu'on les interroge sur  la crise. Mais une chose est sûre : aucun Chypriote ne semble prêt à quitter l'euro ou l'UE. Vlassios tient une boutique pour touristes dans le centre de Nicosie. C'est un réfugié de Famagouste, ville occupée par les Turcs depuis 1974. Il n'est pas sans nostalgie quand il évoque le temps béni de la livre chypriote. Mais il ne veut pas entendre parler d'une sortie de l'euro.

« Cela nous protège contre l'armée turque. C'est une ligne de défense pour nous bien plus importante que les soldats de l'ONU ! », martèle-t-il dans son magasin distant de quelques centaines de mètres de la « ligne verte » qui sépare Chypre de la zone occupée par la Turquie.  

Avec l'euro, Chypre affirme son ancrage dans l'Europe et le rend irréversible. C'est un défi lancé à l'armée turque présente à quelques mètres de là. Et si le respect du mémorandum est le prix à payer pour cet ancrage, les Chypriotes semblent prêts à le payer.

Jusques à quand tiendra le peuple chypriote ?

Reste à savoir combien de temps ce consensus national et cette passivité pourront durer. Harris Georgiades l'a affirmé mardi, « 2014 sera l'année la plus difficile » pour les Chypriotes, avec une accélération de la réduction des dépenses publiques. Tous les moteurs de l'économie chypriote semblent en effet à l'arrêt. Dans un pays comme le Portugal, les manifestations et le mécontentement ont débuté un an et demi après les premières mesures.

« Ce que je redoute, c'est que la récession soit moins violente que ce que prévoyait la troïka, mais néanmoins plus longue », s'alarme Michailis Persianis, journaliste au quotidien Kathimerini.

Car les allocations chômage durent six mois à Chypre, il y a donc un temps de latence pendant lequel la misère ne frappe pas encore. La société chypriote tiendra-t-elle alors que les autorités peinent à organiser la réorientation du modèle économique du pays ? Ce n'est que dans quelques années que l'on pourra évoquer le « succès chypriote. » En attendant, tout cri de victoire semble encore prématuré.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2013 à 10:58 :
je constate en lisant entre les lignes que le plan mis au point par l'oligarchie européenne et internationale fonctionne bien. L'esclavage du peuple, la confiscation des capitaux et de l'économie est renforcée. L'expérience est pour l'instant concluante et permet de préparer l'industrialisation a l'échelle industrielle du procédé. Bien, rien concernant un quelconque investissement dans le pays. Modernisation de l'agriculture, industrialisation, rien de tout cela. Seulement des transferts financier en direction de banques et l'extension du chomage. Tout se passe bien et comme prévu pour l'oligarchie, l'économie s'effondre. En souhaitant aux esclavagistes que cela continue, qu'aucune révolte ne vienne troubler leur banquets et qu'ils puissent nourrir tranquillement leurs diabete et cancer naissant de trop nourris avant de passer sous la guillotine. Bon courage!
a écrit le 25/10/2013 à 10:28 :
Contrairement à ce que pense bartg, ceci est de l'économie de la plus haute importance. Elle préfigure en effet ce qui va se passer dans les pays d'europe du sud dont la France fait partie. Reprenons le scenario chypriote:
1. on vole les déposants jusqu'à 75% de leur épargne
2. on rétablit un contrôle des changes strict (en contradiction avec toutes les règles de l'euroland)
3. on menace, si cela ne suffit pas de voler encore dans les dépôts gelés pour assainir les comptes de l'état.

En France, le 1 a déjà commencé, plus sournoisement que de prendre l'argent carrément sur votre compte courant, par la taxation d'une épargne qui avait déjà été taxée et ce, rétroactivement jusqu'en 1997. Du vol pur et simple.
La suite dans les prochaines années si on laisse ces voleurs d'étatistes au pouvoir.
a écrit le 25/10/2013 à 7:59 :
Des brigands financiers ont reussi leur coup et les parrains de la Troika viennent les feliciter....cette info devrait etre non pas en eco....mais en faits divers
a écrit le 25/10/2013 à 3:15 :
Je serais curieux de voir les mouvements de capitaux sur les comptes des politiques chypriotes et du Président en particulier peu de temps avant que le vol des épargnants ne soient votés...
Réponse de le 25/10/2013 à 7:58 :
+1 mais cela on en a parlé....juste parlé et pfffffffft plus rien un scandale en cachant un autre ..marque de fabrique de l europe.
a écrit le 24/10/2013 à 20:11 :
Heu, vous êtes allés à Chypre récemment ? La colère monte peut-être lentement mais très sûrement.
a écrit le 24/10/2013 à 18:52 :
une intox de plus n'est-ce pas. Comme par hasard à la grande surprise de.... pierre paul et jacques , tout va mieux . on hallucine.
a écrit le 24/10/2013 à 18:51 :
Un succès ? Les déposants étrangers qui ont été presque entièrement spoliés, apprécieront ! En fait, la responsabilité de l'UE dans la déconfiture de la Grèce est énorme, car ce sont les Fonctionnaires de Bruxelles qui ont noyé la Grèce sous les subventions et crédits illimités, dans le cadre d'une corruption généralisée, ...Mais ces mêmes Hauts Fonctionnaires et l'UE ont choisi de présenter la note aux déposants étrangers.
a écrit le 24/10/2013 à 15:57 :
''L'organisation Anglo-Hellenic and Cypriot Law Association, domiciliée en Grande-Bretagne et dirigée par le docteur en droit Katherine Alexander-Theodotou, organise un recours collectif auprès de la Cour européenne de justice contre la Troïka (l'Union européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne) et sa politique de renflouement interne (bail-in), qui a permis la spoliation de l'épargne des déposants chypriotes au profit du système bancaire international (...) Chypre, une vérité qui dérange ? '' La propagande en Allemagne et ailleurs dit que ce ne sont que les spéculateurs russes qui ont été spoliés de leur épargne. Donc, vous dites que ce n'est pas le cas, que c?est plutôt la population. Non, ce n'est pas vrai. Ce sont les Chypriotes pauvres qui paient le prix. La troïka, et en fait les Allemands, ont essayé de dire que ce sont les épargnants russes, de même que les investisseurs, qui ont été touchés, non pas les gens ordinaires. La plupart des milliardaires étrangers ont placé leur argent dans des compagnies offshore, à l?abri. Les milliardaires russes et épargnants étrangers ont généralement leurs propres comptables et avocats, qui ont pu les conseiller sur l'existence des risques, et ils n'auraient pas abandonné leur argent à Laiki ou à la Banque de Chypre, ou à toute autre banque ou coopérative. Il est très stupide et mensonger de dire que ce sont les magnats et les opportunistes qui ont perdu de l'argent. Ce sont les Chypriotes ordinaires qui perdent leur argent, qui sont en train d'être détruits, avec leur famille (...) http://www.solidariteetprogres.org/chypre-troika.html



a écrit le 24/10/2013 à 14:21 :
Victoire à la Pyrrhus: "Si nous devons remporter une autre victoire comme celle-ci , nous sommes perdus"
a écrit le 24/10/2013 à 13:55 :
Libéralisme quand tu nous tiens : le contrôle des capitaux se maintiendra plus longtemps que prévu. c'est la libre circulation des capitaux. Juste un geste 47% de vos dépôts convertis en actions Actions qui ne seront pas cotées en Bourse avant longtemps c'est beau le capitalisme quand il se sert. Sinon prudence 31 % de vos fonds sont encore gelés pour pouvoir, si nécessaire, être utilisés dans le cadre d'une nouvelle restructuration. pourquoi pas et pour voir la vie en rose la banque vous sert 3%. Bisous des milliardaires pour tant de sacrifices.
a écrit le 24/10/2013 à 13:19 :
Résumons le succès : Une récession légèrement en dessous de 6%, une explosion de la dette publique et près de 17% de chômeurs ( officiels : il faudrait aussi connaître le taux d'occupation de la population active). Mais c'est un succès non pas au vu des résultats ( que l'on doit toujours attendre dans un futur indéterminé comme depuis le début de l'euro d'ailleurs ); Non, c'est un succès car le programme de la troïka est parfaitement suivi et car la population ne bouge pas... C'est en effet un grand succès du libéralisme que de faire accepter la misère sans révolte. C'est beaucoup plus clair comme ça en effet.
a écrit le 24/10/2013 à 13:10 :
La troïka se félicite, on a renfloué les banques chypriotes avec les fonds des épargnants chypriotes et la BCE....

Génial beau boulot!
a écrit le 24/10/2013 à 12:26 :
L'enquête sur des éventuels délits d'initiés, avant le blocus monétaire, en est à quelle page ? ''La presse chypriote a publié une liste de personnalités et de sociétés qui auraient retiré des capitaux juste avant que l'Europe accorde un prêt moyennant une forte ponction sur les comptes bancaires au delà de 100 000 euros. Une autre liste est aussi sortie. Elle concerne des personnes dont les dettes auprès des deux grandes banques du pays auraient été effacées. Une commission d'enquête vient d'être créée. Une liste contenant les noms de 132 entreprises et personnalités qui auraient retiré 700 millions d'euros de comptes ouverts à la Laiki Bank a été publiée par plusieurs journaux chypriotes. Ces retraits auraient eu lieu quelques jours avant le gel des avoirs et la fermeture des banques, lorsque le plan européen de sauvetage, entraînant de fortes pertes pour les comptes dépassant 100 000 euros, a été annoncé '' (http://www.arretsurimages.net/breves/2013-04-02/Delits-d-inities-a-Chypre-presse-chypriote-id15372) . La politique des p'tits copains d'abord ?

a écrit le 24/10/2013 à 11:33 :
radio desinformation : bruxelles parle aux francais
Réponse de le 24/10/2013 à 11:51 :
Comme disait l'autre"la maison brule et on regarde de l'autre côté".
a écrit le 24/10/2013 à 11:20 :
Chypre, un pays de l'UE, dont une moitié est occupée militairement par la Turquie depuis 1974 ! A quand sa libération ? Visiblement un sujet tabou et gênant et qui n'a pas l'air de trop intéresser les médias qui sont d'habitude aussi curieux qu'un spéculum quand il s'agît de choses insignifiantes et dont l'indignation sélective est aujourd'hui légendaire ! La France et l'U.E se mobilisent pour défendre la mali menacé par des islamistes alors qu'un bout de l'Europe est occupé, n'est-ce pas un curieux paradoxe ?
a écrit le 24/10/2013 à 9:31 :
A propos de Chypre :

2008 : dette publique de 8,388 milliards d'euros, soit 48,9 % du PIB.
2009 : dette publique de 58,5 % du PIB.
2010 : dette publique de 61,3 % du PIB.
2011 : dette publique de 71,1 % du PIB.
2012 : dette publique de 85,8 % du PIB.
Fin juin 2013 : dette publique de 16,906 milliards d'euros, soit 98,3 % du PIB.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23102013-AP/FR/2-23102013-AP-FR.PDF

La question est donc :

"QUAND Chypre va se déclarer en défaut de paiement ?"
Réponse de le 24/10/2013 à 10:51 :
Bravo....s'est exactement ce qu'il fallait voir. Et merci pour ce développement très instructif !
a écrit le 24/10/2013 à 9:09 :
Après la mise en place du blocus monétaire et ''...face aux pertes colossales du secteur bancaire (dues en grande partie au défaut de la Grèce), il avait été décidé ceci : de liquider la deuxième banque du pays, la Laiki Bank (un peu l'équivalent en position de la Société générale). Pour cela, les dépôts de moins de 100 000 ? ont été garantis et transférés dans la première, Bank of Cyprus (un peu l'équivalent de la BNP ou du Crédit Agricole), et l'excédent servira à éponger les pertes. Perte finale sur les comptes de plus de 100 000 ? chez Laiki entre 80 % et 90 % - De ponctionner de la même façon les dépôts de plus de 100 000 ? de Bank of Cyprus à hauteur de 47,5 %. Contrairement à pas mal de commentateurs, je ne trouve pas ce plan scandaleux. Les conséquences sont évidemment regrettables voie dramatiques pour les clients, mais quand on laisse faire n'importe quoi, il y a des conséquences...Les pertes du seul secteur bancaire sont de 10 Md?, pour 17 Md? de PIB : la situation est désespérée, et il n'y a plus rien à faire ? la comptabilité est cruelle. Le haircut va ramener 6 Md? ; on aurait pu imaginer éviter le haircut, en levant 6 Md? d'impôts (Chypre n'était-il pas un tax haven pour oligarques russes ?) mais quelle est la différence ? ? c'est toujours 6 Md? de dépôts en moins pour les chypriotes (bon, en même temps, il faut également savoir que certains initiés ont eu le temps de transférer leur dime sous d'autres Cieux. (Vous imaginez, ce n'est bien entendu pas le prolétaire du coin de la rue). Bref, désolé, mais chacun est responsable, en tant que client (et en tant que citoyen) du devenir de son épargne. Quand on le met (et qu'on le laisse) dans une banque plus grosse que le PIB qui s'est goinfrée de prêts à la Grèce, ça finit mal. Beaucoup d'analystes en ont conclu que le contrôle des capitaux ne marchait pas, ce qui est sans doute exagéré. C'était surement le cas jusqu'en février, mais la baisse constatée depuis lors vient probablement surtout de 2 phénomènes : Primo, ledit plan qui commence à effacer une partie des dépôts ! Secundo, la fantastique récession en cours, qui se traduit par de nombreuses liquidations d'entreprises mais surtout par une chute des crédits accordés, et donc une chute de l'encours. Et comme les crédits font les dépôts, moins de crédits, c'est moins de dépôts, et moins de monnaie (ce qui est très bien, puisque l'activité se contracte). En tout cas, vous voyez désormais clairement les conséquences d'une faillite bancaire systémique (http://www.les-crises.fr/bilan-haircut-chypre/ ). '' NOS AMIS SONT RESTÉS NOS AMIS'' : Les banques ont été accusées de ne pas poser de questions aux riches oligarques venus déposer leurs liquidités dans les banques de l'île (ou tax haven). Et les Chypriotes sont persuadés que c'est pour cette raison que les bailleurs ont fait en sorte que l'île soit le seul membre de la zone euro où les comptes supérieurs à 100'000 euros se voient taxés. Mais, ironie de l'histoire, ce sont les conditions du plan qui ont offert aux Russes le statut de sauveurs. Et pour la première fois, des non-Chypriotes sont à des postes de direction à la Bank of Cyprus. Pour Alexandros Apostolides, professeur d'économie à l'Université européenne de Nicosie, '' si les bailleurs internationaux avaient voulu diminuer l'influence russe à Chypre, ils n'auraient tout simplement pas dû opter '' pour ces mesures bancaires. '' Obliger les investisseurs russes à devenir actionnaires les ancre encore plus qu'avant dans l'économie. La seule personne plus liée à un pays qu'un déposant, c'est un actionnaire '', explique-t-il. Ainsi '' s'ils voulaient sanctionner les Russes en leur prenant leur argent et en le transformant en actions, ils n'ont finalement réussi qu'à les faire rester '', ajoute-t-il...''







a écrit le 24/10/2013 à 8:17 :
encore une demonstration que face aux problèmes des etats, les citoyens veulent conserver l'Euro qui leur garantit une certaine stabilité, la seule qui leur reste ...et puis , dans le cas de Chypre, la roue va tourner et les retraités vont reprendre le chemin du soleil et des bas coûts ( y compris celui de l'etat) .
Réponse de le 24/10/2013 à 9:35 :
Super succès de la Troika: économie à l'arret, chomage à + 20%, effondrement économique carabiné, et... et... "les citoyens veulent conserver l'euro" . Non: ils n'ont pas le choix car c'est leur unique monnaie en circulation, ils ont un controle des capitaux, leur euro n'est pas exportable, etc...
Votre papier est de la propagande grotesque.
Réponse de le 24/10/2013 à 10:04 :
Ne croyez pas tout ce que cet article raconte ... Son auteur est parfois contraint de faire la pige à la propagande ... On a eu droit au même type de propagande dans les Echos ... Mais aucun média ne vous indique que désormais 9 prix Nobel (oui, 9 !!!) arrivent à la conclusion que la meilleure chose à faire en UE est une sortie de l'euro ... Voici une réponse à la propagande : http://russeurope.hypotheses.org/1639
Réponse de le 24/10/2013 à 10:39 :
Et sans Troîka et soutient de l'Europe, ils en seraient où les Chypriotes?? Par ailleurs, vous pouvez trouver dans l'histoire de nombreux exemples de l'effondrement d'un système bancaire, c'est toujours du sang et des larmes. Alors pas de triomphalisme, mais au vue des faibles mouvements sociaux, les Chypriotes savent eux qu'ils étaient à 2mm de l'abime, sans doute ce qu'ils doivent à l'UE et aussi qu'ils récoltent ce qu'ils ont semé (j'espère). Si vous ne voulez pas de Troika, faites le job pour ne pas avoir à la demander, c'est pas compliqué. Souhaitons leur bon courage (vont en avoir besoin) et un retour à meilleure fortune dans les années à venir. En outre, n'hésitons pas à les soutenir si ils clarifient leur système fiscal et bancaire ubuesques et non coopératifs. La crise catalyseur de l'harmonisation européenne, sans doute un des des seuls bénéfices à moyen terme de la crise pour tous ses membres (surtout nous et Allemands).
Réponse de le 24/10/2013 à 12:15 :
@rhades , ils seraient sur le chemin de la reprise en développant un bon système de paradis fiscal, non mais!
a écrit le 23/10/2013 à 21:17 :
Ce succès surprise ne peut masquer la triste réalité : aujourd'hui, Chypre est en faillite. Chypre va se déclarer en défaut de paiement. La Grèce, l?Italie, le Portugal, l?Irlande, la Belgique, Chypre, la France, l?Espagne, le Royaume-Uni sont en faillite.

La dette publique de ces Etats atteint des sommes inimaginables.

La question est donc :

« QUAND vont avoir lieu ces défauts de paiement ? »

1- Médaille d?or : Grèce. Dette publique de 316,969 milliards d?euros, soit 169,1 % du PIB.

2- Médaille d?argent : Italie. Dette publique de 2076,182 milliards d?euros, soit 133,3 % du PIB.

3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 214,801 milliards d?euros, soit 131,3 % du PIB.

4- Irlande : dette publique de 204,495 milliards d?euros, soit 125,7 % du PIB.

5- Belgique : dette publique de 397,851 milliards d?euros, soit 105 % du PIB.

6- Chypre : dette publique de 16,906 milliards d?euros, soit 98,3 % du PIB.

7- France : dette publique de 1912,205 milliards d?euros, soit 93,5 % du PIB.

8- Espagne : dette publique de 943,410 milliards d?euros, soit 92,3 % du PIB.

9- Royaume-Uni : dette publique de 1422,213 milliards de livres sterling, soit 89,6 % du PIB.

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23102013-AP/FR/2-23102013-AP-FR.PDF
Réponse de le 24/10/2013 à 8:52 :
la france est tres bien placee et doit son salut actuel aux abenomics et au cash and carry des japonais... quand les taux vont remonter a 4.5%, on va rire

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