Les Suisses votent dimanche sur l'immigration

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Devant le Parlement fédéral, à Berne, une manisfestation en faveur du non
Devant le Parlement fédéral, à Berne, une manisfestation en faveur du "non" (Crédits : Reuters)
Les Helvètes doivent se prononcer ce dimanche sur une initiative du parti populiste UDC sur "l'immigration de masse". Le résultat est incertain.

C'est une votation qui occupe les esprits depuis longtemps en Suisse. Dimanche, les citoyens helvétiques seront invités à se prononcer sur une initiative du parti populiste UDC « contre l'immigration de masse. » Le texte soumis aux suffrages des Suisses réclame « un changement systématique de politique migratoire », et, par la modification de la constitution, l'établissement de plafonds pour les autorisations de séjour et les demandes d'asile.

Montée du « oui »

Cette votation a passionné la Suisse. Progressivement, l'ambiance a changé autour de cette votation. Voici quelques mois, son rejet ne faisait pas de doutes. C'est beaucoup moins le cas ces dernières semaines. Un sondage de la radio romande du 30 janvier montre que l'écart entre les « oui » (qui acceptent l'initiative) et les « non » est passé de 18 points à sept points en un mois. Ceux qui acceptent l'initiative seraient 43 %, ceux qui la rejettent 50 %.

Faible appui politique à l'initiative

La participation, qui pourrait être beaucoup plus élevée qu'ordinairement lors de ces votations, sera déterminante, mais le score devrait être serré. Pourtant, l'initiative est rejetée par le gouvernement et tous les grands partis du pays à l'exception de l'UDC et de quelques autres partis populistes comme le Mouvement citoyens genevois (MCG), un mouvement hostile aux frontaliers français bien implanté dans le canton de Genève. Mais la crainte d'un scénario répétant la surprise de l'interdiction des minarets en 2009 est désormais bien présente.

Craintes dans le camp du « non »

Cette crainte est d'abord celle des milieux économiques. Ils craignent un manque de main d'œuvre dans un pays où le taux de chômage est de 3,2 %. Par ailleurs, l'initiative est floue et elle pose le problème du maintien ou non de la Suisse dans l'espace Schengen. Beaucoup de patrons suisses craignent une remise à plat des accords avec l'UE de la part de Bruxelles.

Cette peur d'une rupture avec l'UE est, du reste, le principal argument des « pro-non. » La Suisse a en effet une situation assez commode, mais fragile. Non membre de l'UE après le refus du peuple et des cantons en décembre 1992, la Suisse s'est engagée depuis 1999 dans des négociations bilatérales qui l'ont rapprochée fortement de l'UE. Certaines études estiment qu'un tiers des emplois suisses dépendraient des relations avec l'UE.

Craintes dans le camp du « oui »

Mais beaucoup de Suisses vivent mal l'immigration. Les frontaliers allemands, italiens ou français sont accusés de « casser les salaires. » Dans le sondage déjà cité, la moitié des sondés attribuait à l'immigration la baisse de la qualité de vie et l'augmentation de la criminalité. L'UDC estime enfin - et atteint souvent son but dans l'opinion - que la Suisse ne peut supporter une croissance démographique trop forte.

Le gouvernement a tenté de donner le change

Sous la pression de cette votation, le Conseil fédéral (gouvernement) a déjà serré les vis en supprimant le 15 janvier les aides sociales pour les étrangers qui viennent en Suisse chercher un emploi, ainsi que la création d'un fichier sur les personnes ayant touché indûment ces aides. Mais rien n'y fait, le « oui » semble monter inexorablement. Il faudra attendre dimanche pour savoir s'il réussira finalement à l'emporter et à créer la surprise.

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Commentaires
a écrit le 10/02/2014 à 21:14 :
Pour comprendre le vote des Suisses, il faut d'abord savoir plusieurs choses dont la première est qu'en Suisse la population étrangère est de 24% soit le plus haut taux et de loin de toute l'Europe. De plus, plus de 40'000 Européens s'installent en Suisse par année. soit 120'000 sur ces trois dernières années. La Suisse en terme d'infrastructure n'était pas préparée à accueillir ce nombre. Cela a causé des problèmes sur les logements, les routes et du dumping salarial. En fait les Suisses posent aussi la question du développement durable.

Est-il raisonnable de laisser aux générations une suivante une Suisse à 10 millions d'habitants. Hier les Suisses ont voulu prendre leur destin en main en tant que pays souverain et démocratique il donne un signal d'une réflexion plus profonde que les échos pitoyables des analystes européens. Pour exemple pour la France l'émigration que subit la Suisse actuellement correspondrait proportionnellement en France à environ 400'000 personnes par année et donc sur les 3 dernières années 1.2 millions. Si cela arrivant à la France demain que dirait les politiciens francais et allemand ? De toute manière à force de ne pas être démocratique et seulement technocratique Bruxelles se coupe des réalités des citoyens. A bon entendeur au prochaine élection européenne.
a écrit le 09/02/2014 à 18:16 :
LA SUISSE VIENT DE SAUVER SON VOTE POPULAIRE §
a écrit le 09/02/2014 à 15:57 :
Selon les dernières estimations de Berne, le OUI l'emporterait de peu à 50,4%. La Suisse va donc serrer les vis et contrôler son immigration. Ce qui ne va pas faciliter les recrutements des profils spécialisés d'étrangers ....
a écrit le 09/02/2014 à 9:13 :
Et Ayraut prévoit par contre d'ouvrir toutes grandes les portes de l'immigration, avec tous les avantages et aides! Vous n'avez pas fini de payer des impôts !
a écrit le 09/02/2014 à 8:20 :
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a écrit le 09/02/2014 à 8:16 :
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a écrit le 09/02/2014 à 7:42 :
se forme ,c'est acquérir ou approfondir les compétences nécessaires à un métier
a écrit le 08/02/2014 à 14:59 :
La France serait bien inspirée d'en faire de même.
a écrit le 08/02/2014 à 14:57 :
La France serait bien inspirée de faire de même.
a écrit le 08/02/2014 à 13:08 :
Conseil aux Suisses, vous avez l'exemple du pays d' à côté à bon entendeur ,salut surtout pas se tromper .
Réponse de le 08/02/2014 à 17:39 :
A Bon entendeur est une émission de la RTS comme temps présent des émission qui dérangeraient en France Démocratique. L' UDC va-t-elle gagner ?

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