Les Suisses s'inquiètent pour leur immobilier

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Les prix réels de l’immobilier en Suisse sont actuellement inférieurs de 5% à ceux qui précédaient l'éclatement de la dernière bulle immobilière
Les prix réels de l’immobilier en Suisse sont actuellement inférieurs de 5% à ceux qui précédaient l'éclatement de la dernière bulle immobilière
La vice-président de la Banque nationale suisse craint une correction des prix de l'immobilier qui appauvrirait les propriétaires helvètes.

La perspective d'une bulle immobilière hante les esprits des élites suisses. Dernier exemple en date, les déclarations du vice-président de la Banque nationale suisse (BNS), Jean-Pierre Danthine à l'hebdomadaire alémanique "Sonntagsblick" paru ce week-end.
Il s'y est publiquement inquiété du fait que le marché immobilier suisse "se situe en zone dangereuse". "Le risque d'une correction est grand", a-t-il ajouté.  Il y a selon lui "des déséquilibres qui s'accroissent sur le marché des hypothèques et de l'immobilier", et qui peuvent déclencher une crise en cas de choc externe.

Ne pas revivre la crise des années 1990

Ces propos montrent à quel point les Suisses craignent de revivre la situation du début des années 1990 où l'éclatement de la bulle immobilière avait coûté cher : le rattrapage des prix avait entrainé des pertes de 50 milliards de francs suisses à l'économie nationale, soit environ 10% de PIB.

Le parallèle avec la situation actuelle fait sens. Corrigés de l'inflation, "les prix réels de l'immobilier sont actuellement inférieurs de 5% environ à leur niveau de 1989, avant l'éclatement de la dernière bulle immobilière en Suisse. Ils continuent de croître plus vite que les revenus des ménages, les loyers et les prix à la consommation. L'endettement hypothécaire des ménages privés suisses représente actuellement près de 110% du produit intérieur brut. Tous les facteurs de risque sont donc réunis pour un effondrement des prix", indique une étude alarmiste sur l'immobilier suisse récemment publiée par UBS Real Estate.

Garantir la stabilité des prix

De surcroît, les banques se trouvent désormais "dans une situation difficile: les taux d'intérêt sont bas ( le taux du libor sur 3 mois -qui fait office de taux directeur- s'établit dans la fourchette 0%-0,25% ndlr), les marges également. Grande est la tentation de maximiser les volumes", note le vice-président de la BNS.
Mais si elle souhaitait réellement limiter ce phénomène -qui entraine la déconnexion des prix de l'immobilier des revenus des ménages- la BNS pourrait relever ses taux... ce qui n'est pas d'actualité.
Jean-Pierre Danthine estime que la mission première de son institution est bien de garantir la stabilité des prix. Et, dans ce but, le moyen approprié reste le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, qui a été fixé en septembre 2011. Si la Banque nationale augmentait ses taux, le cours plancher et, en conséquence, la stabilité des prix seraient menacés, assure Jean-Pierre Danthine.

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Commentaires
a écrit le 04/02/2014 à 18:52 :
Je me demande quel est l'impact pour le citoyen helvète car la majorité de l'actif immobilier est détenu par les banques et les compagnies d'assurance.Pour le particulier n'oublions pas que le remboursement du capital peut se transférer de génération en génération puisque le choix du seul paiement des intérêts subsiste.
a écrit le 03/02/2014 à 23:58 :
'L'endettement hypothécaire des ménages privés suisses représente actuellement près de 110% du produit intérieur brut" ???
La Tribune nous a expliqué que l'acquisition immobilière n'était pas le standard en CH. Que la "propriété" n'existait quà la conclusion d'un (quasi) prêt "in fine". Dès lors, on ne voit pas le problème; si les créanciers récupèrent le bien en fin de contrat, pourquoi appeler ça "hypothèque" (sous entendu insolvabilité).... Des éclaircissements seraient les bien venus.
Réponse de le 04/02/2014 à 17:07 :
confusion totale: l hypotheque (ca s appelle comme ca et ca na rien a voir avec insolvabilite) jamais remboursee est un cas d optimisation fiscale (on peut le deduire de ses impots). C est pas forcement le cas pour tous, vous avez donc des "vrai" proprietaires
a écrit le 03/02/2014 à 18:53 :
Vivement que ça arrive en France et surtout à Paris, que les spéculateurs rentiers en prennent pour leur grade, et que les vraies forces vives du pays puissent se loger à des conditions acceptables !
Réponse de le 03/02/2014 à 22:03 :
Il n'existe aucune force vive du pays à Paris...soyez rassuré...
Réponse de le 03/02/2014 à 22:07 :
trop de monde sur paris pour espérer une correction des prix de l'immobilier
Réponse de le 03/02/2014 à 22:47 :
Pour Paris c'est deja fait d'ailleurs je vous invite a comparer Londres, Zurich et Paris pour el verifier. C'est certain qu'apres si le bon niveau de prix pour l'immobilier c'est Chateauroux il n'y a plus qu'a attendre un niveau de chomage a 30%.
Réponse de le 04/02/2014 à 8:16 :
"trop de monde sur paris pour espérer une correction des prix de l'immobilier " : L'éternelle confusion entre demande et demande solvable...
Réponse de le 04/02/2014 à 8:54 :
"trop de monde sur paris pour espérer une correction des prix de l'immobilier "
Ce discours on l'a déjà entendu en 1990 avant la chute des prix de 40%
Réponse de le 06/02/2014 à 17:50 :
Paris c'est quand même 4 X plus cher que Berlin. Avec une fiscalité et des règles locatives très dissuasives. Pour un investisseur il n'y a pas photo. Paris devrait logiquement stagner ou baisser légèrement.
Réponse de le 08/02/2014 à 1:51 :
"Avec une fiscalité et des règles locatives très dissuasives." : A fond! Vous avez le droit louer à 700 euros à un étudiant quand ce sont les impôts des citoyens qui payent via les APL! Ce n'est pas pour rien que les investisseurs achètent des petites surfaces à des prix délirants par rapport aux revenus : L'état est jusque là toujours présent pour leurs permettre de louer et revendre plus cher (PTZ, Scellier, etc.) quand dans un marché libéral et non subventionné, il se serait vautré depuis des lustres.
Réponse de le 09/02/2014 à 0:11 :
"Ce discours on l'a déjà entendu en 1990 avant la chute des prix de 40% " : Patience! Il y a deux ans, après avoir dopé le marché avec des Scellier et des PTZ, ils nous expliquaient que l'immobilier ne baissait jamais... Là, ils se scruptent pour savoir si le voisin va casser les prix ou si ils vont pouvoir attendre 2017 pour rétablir les subventions et la défiscalisation dans l'ancien...

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