BCE : un taux de dépôt négatif est "tout à fait imaginable" (Benoît Coeuré)

Le passage du taux de dépôt de la Banque centrale européenne en territoire négatif est "une option tout à fait imaginable" a déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE. Ces propos ont entraîné un affaiblissement de l'euro.
Si un taux de dépôt négatif est tout à fait imaginable pour Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, il ne faut, selon lui, pas trop en attendre.
Si un taux de dépôt négatif est "tout à fait imaginable" pour Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, il ne faut, selon lui, "pas trop en attendre". (Crédits : Reuters)

Un taux de dépôt négatif est une "option tout à fait imaginable". Ces propos, signés Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), et repris par Reuters ont immédiatement accéléré la chute de l'euro mercredi. L'information avait pourtant déjà filtré depuis novembre dernier, lorsque l'agence Bloomberg avait révélé les réflexions de la BCE sur le sujet.

"C'est quelque chose que nous envisageons très sérieusement", a même expliqué le Français, avant de préciser qu'il ne fallait toutefois "pas trop en attendre". Le taux de dépôt négatif est pourtant présenté depuis des mois comme une éventualité par le président de la BCE, Mario Draghi, pour lutter contre la faiblesse de l'inflation et du crédit en zone euro.

Un moyen d'encourager la reprise du crédit

Ce serait, sur le plan théorique, un moyen d'assouplir un peu plus la politique monétaire de la banque centrale, alors que le principal taux directeur n'est déjà plus qu'à un quart de point de 0%, sans que cela ne soit suffisant pour faire repartir le crédit dans la zone euro. En témoigne la faiblesse de l'inflation.

Le taux de dépôt rémunère l'argent placé par les banques auprès de la banque centrale. Autrement dit, les liquidités que le système financier refuse d'utiliser immédiatement. Avec un taux de dépôt négatif, le placement de cet argent en sommeil dans les coffres de la banque centrale coûterait aux banques. Après avoir distribué de l'argent pas cher aux banques, la BCE chercherait ainsi désormais à les forcer à le prêter afin de faire repartir le crédit et donc l'inflation. L'effet dépréciatif sur l'euro serait lui aussi de nature à favoriser l'inflation en faisant augmenter le coût des importations.

Doutes sur l'efficacité

Mais les sommes déposées à la BCE, environ 43 milliards d'euors, ne sont pas assez importantes pour faire repartir le crédit au niveau de la zone euro. Par ailleurs, il n'est pas évident que ces sommes seraient forcément allouées au crédit pour alimenter l'économie réelle. Elles pourraient tout aussi bien servir à reconstituer des fonds propres, ou à être placées sur les marchés obligataires par exemple.

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Commentaires 9
à écrit le 16/02/2014 à 12:40
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Concernant les banques de la zone euro, on nous publie qu'il y aurait une BOMBE finançière? Citation: Mardi 18 janvier 2014 : "les banques européennes face à un trou de 1 000 milliards de dollars avant la revue de qualité des actifs", Bloomberg – Lu...

à écrit le 13/02/2014 à 21:52
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Continuez à nous tondre avant que nous ne tondions vos têtes...

à écrit le 13/02/2014 à 13:32
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les allemands ne vont pas continuer très longtemps à cautionner les pitreries de la BCE

à écrit le 13/02/2014 à 1:50
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C'est vrai qu'au moins ils iraient plus vite. Un coup on prendrait 10 ou 20% des dépots, mais un seul coup. Puis on continuerait à minorer le taux officiel de l'inflation, histoire de taxer incognito. Puis en continuant à limiter toute utilisation du...

à écrit le 12/02/2014 à 22:11
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Les trouvailles des cavaleries monétaire et financière sont sans limite, si infime soit l'incidence marginale du dernier truc. Peu importe aux sorciers que ça ne serve à rien, si ça pérennise le système.

le 12/02/2014 à 22:22
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Excellent.

le 13/02/2014 à 8:44
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Tout a fait d accord...pourvu que ca dure....apres moi le deluge... politiques et finances ont encore de beaux jours devant eux....nous c est derriere...

à écrit le 12/02/2014 à 21:14
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L'Europe s'entête à faire exactement ce que le Japon a fait il y a 10-20 ans. Les leçons du passé ne servent à rien... ou alors M.Draghi souhaite que ses copains de GS profitent encore quelques temps des liquidités pour s'en mettre plein les poches.

le 12/02/2014 à 22:16
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Il y a une différence d'importance : le Japon a fait cela avec l'argent des Japonais, sans vendre leur âme à l'encan. Les liquidités de Francfort, sont de la cavalerie dite aseptisée, pour moins déplaire.

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