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ÉconomieUnion européenne

Renzi: rendre son âme à l'Europe, mais... sans en changer les règles

Photo de Romain Renier

Romain Renier

Publié le 02 juillet 2014 à 16:25 - Mis à jour le 02 juillet 2014 à 16:37

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Pendant son semestre de présidence de l'Union européenne qui débute mardi, l'Italie de Matteo Renzi entend impulser une Europe plus engagée en faveur de la croissance. Mais il ne revient pas sur le Pacte de stabilité, qui impose la discipline budgétaire aux États-membres.

Le discours de Matteo Renzi, le président du Conseil italien, au Parlement européen était l'un des évènements phares de la journée. Au deuxième jour de la présidence italienne de l'Union européenne, le jeune chef du gouvernement italien a appelé à réformer l'Europe pour lui rendre son âme. Au menu, phrases choc, références contemporaines et antiques.

Une Europe "fatiguée"

"Si l'Europe faisait un selfie, quelle image verrait-on sur l'écran ?", a lancé le jeune chef du gouvernement italien, faisant allusion à ces autoportraits réalisés à l'aide d'un smartphone.

"On verrait le visage de la fatigue, dans certains cas de quelqu'un de résigné. L'Europe aujourd'hui aurait sur ce selfie l'air ennuyé", a-t-il lui même répondu.

Le grand défi, selon lui, sera donc de "retrouver l'âme de l'Europe, le sens profond de notre vivre ensemble". Pour cela, il a appelé la jeune génération de dirigeants européens, appelée pour l'occasion la "génération Télémaque", en référence au fils du héros d'Homère, à accepter l'héritage des pères de l'Europe afin de poursuivre leur oeuvre :

"Je n'étais pas encore majeur au moment du Traité de Maastricht. Nous ne voyons pas le fruit de nos pères seulement comme une offrande, mais comme une conquête que nous nous devons de renouveler chaque jour. (...) La monnaie que nous avons en poche n'est pas notre seul destin : notre destin est de se réclamer de l'hérédité de nos pères, d'assurer un futur à leurs traditions".

Stabilité... et croissance

Sur le fond, Matteo Renzi est resté dans les rangs. "Nous avons été les premiers à dire que nous voulons respecter les règles, nous ne voulons pas changer les règles", a-t-il à nouveau assuré, faisant allusion au Pacte de stabilité qui engage les Européens à maîtriser leurs dépenses publiques et leurs dettes.

Mais pour y parvenir, il a défendu la nécessité de mettre l'accent sur la croissance. "La demande de croissance, ce n'est pas un pays qui le veut, ça ne sert pas à l'Italie, ça sert à l'Europe", a expliqué le président du Conseil italien. Et de rappeler concernant le Pacte qu'au mot stabilité est accolé le mot "... croissance".

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Dans un monde qui "va deux fois plus vite que l'Europe", il a souhaité que cette dernière "rattrape l'écart". "Il n'y a pas d'espace pour l'Europe si nous acceptons de rester un petit point sur Google Map", a-t-il argumenté.

Pas de révolution

Dans une version rajeunie, Matteo Renzi reprend en fait l'argumentaire dont avaient déjà usé avant lui Mario Monti, ancien président du Conseil, Enrico Letta, son prédécesseur et François Hollande à mainte reprises depuis 2012 et l'ajout d'un volet croissance étriqué au Pacte de stabilité.

Un discours qui lui a déjà permis, avec le soutien de la France, d'obtenir plus de souplesse dans l'application des règles budgétaires actuelles, sans toutefois que celles-ci ne soient modifiées. Pas de révolution, donc, mais plutôt la recherche d'une solution équilibrée. Reste le bras de fer sur les project bonds, qu'il veut mettre en place pour financer "un grand programme d'investissements", mais auxquels s'oppose l'Allemagne.

Quoiqu'il en soit, le discours policé sur le fond de l'étoile montante de la gauche européenne n'a pas déplu au conservateur finlandais, ancien commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires et nouveau vice-président du Parlement européen, Olli Rehn. Comme en atteste ce tweet :

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 (Le Premier ministre Renzi à la pleinière du Parlement européen maintenant : "deux parties dans le Pacte, stabilité mais aussi croissance". Je suis d'accord : gardons le Pacte, mais aplliquons le intelligemment!, ndlr)

Romain Renier

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