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Matteo Renzi et... la relance à l'italienne

Photo de Les correspondants de La Tribune

Alexandre Mirlicourtois, Xerfi

Publié le 13 mai 2014 à 06:09 - Mis à jour le 13 mai 2014 à 06:09

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, Matteo Renzi et... la relance à l'italienne

Croissance d'abord, respect du pacte de stabilité ensuite. C'est bien le sens des premières mesures du nouveau 1er ministre Italien.

Matteo Renzi a ainsi annoncé un plan de relance de 90 milliards d'euros dont les 3 volets principaux sont, du côté des ménages, un allégement de la fiscalité sur les bas revenus de 10 milliards d'euros.

Du côté des entreprises, il s'agit une réduction de 10% de la taxe professionnelle, un allègement de la facture énergétique et surtout le paiement des 68 milliards d'arriérés du secteur public.

Le dernier volet concerne l'investissement public avec le déblocage d'une enveloppe de 5 milliards d'euros pour la rénovation des bâtiments scolaires et l'aménagement du territoire. Si le financement de ce plan reste flou, il est clair que le déficit public va déraper. Mais à la grande différence de la France, l'Italie dispose de petites marges de manœuvre budgétaire avec seulement 3% de déficit public.

Non, l'Italie ne souffre pas de son déficit public mais bien plus de son déficit de croissance. Avec une hausse de 0,1% de son PIB au 4ème trimestre, elle vient à peine de sortir de plus de 2 années consécutives de récession, la plus longue période connue depuis l'après-guerre. Mais ce retour très timide de la croissance ne laisse pas espérer d'une bonne année 2014 avec un acquis de croissance légèrement négatif (-0,1%).

Surtout, le PIB italien vient juste de retrouver son niveau du 2ème trimestre 2000 : c'est 14 ans de perdus. On comprend donc mieux la volonté du gouvernement italien d'entretenir et de pousser la croissance naissante. Une croissance qui ne tient qu'au fil très ténu des exportations.

Des exportations qui ont renoué avec leurs meilleurs niveaux mais qui ont tendance maintenant à faire du surplace et campent sous le plafond des 400 milliards d'euros. Bref, l'Italie ne peut s'en remettre à la seule demande externe pour se relancer. Cela se voit, dans le décalage croissant entre les succès extérieurs italiens et la production industrielle qui ne se relève toujours pas et reste très loin de ses niveaux d'avant crise.

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Pour bien comprendre cette différence, il faut se pencher sur les particularités du tissu productif de la péninsule. L'Italie, c'est le royaume des PME et des micro-entreprises. Elles forment la quasi-totalité d'un parc fort de plus de 6 millions d'entreprises, deux fois plus que celui de la France !

Or, par nature ces petites unités sont branchées sur la demande intérieure. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la Lombardie, siège des grandes entreprises italiennes et des ETI tournées vers le grand large a relativement peu souffert, même au moment les plus sombres de la grande récession avec un PIB régional en repli de 2,6% entre 2008 et 2012. De son côté, la Vénétie, emblème de cette tradition industrielle portée par les petites entreprises chutait elle de 8,1%.

Les arbitrages du gouvernement Renzi sont donc bien moins paradoxaux qu'il n'y paraît : le problème crucial dont souffre l'économie italienne c'est celui de l'endettement public qui atteint 130% du PIB et dont la dérive reste préoccupante. Or ce n'est pas le déficit public, sous contrôle à 3% du PIB qui en est la cause mais bien le déficit de croissance.

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Et avec un excédent courant de plus 12 milliards d'euros dégagés en 2013, la relance de la demande constitue bien l'arme la plus efficace pour stabiliser la dette : il suffirait juste pour cela que l'Italie accroche 2,5% de croissance en valeur soit 1,5% environ en volume. C'est largement à sa portée.

Alexandre Mirlicourtois, Xerfi

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