Qui est Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre grec ?

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Alexis Tsipras, opposant chevronné à l'austérité au pouvoir en Grèce, a remporté les élections législatives grecques, dimanche 25 janvier.
Alexis Tsipras, opposant chevronné à l'austérité au pouvoir en Grèce, a remporté les élections législatives grecques, dimanche 25 janvier. (Crédits : Reuters)
Avec 36% des voix, son parti radical de gauche, Syriza, a largement remporté les élections législatives grecques. Au lendemain de sa victoire, Alexis Tsipras a été officiellement désigné comme Premier ministre de la Grèce à seulement 40 ans. Portrait d'un homme providentiel.

Alexis Tsipras est officiellement aux marches du palais. Le dirigeant de la gauche radicale a prêté serment, lundi 26 janvier, en tant que Premier ministre de la Grèce, au lendemain de la victoire de son parti aux élections législatives grecques. Syriza a obtenu une victoire éclatante lors des élections mais a manqué de peu la majorité absolue de seulement deux sièges obtenant 36,3% des voix et 149 sièges au Parlement. Pour la première fois en Grèce, une formation de gauche radicale accède au pouvoir.

Le nouvel homme fort de la Grèce a considéré dimanche soir que les Grecs avaient donné à son parti "un mandat clair, puissant et indiscutable" pour gouverner le pays et surtout changer de politique. Après une campagne intense, celui qui a savouré dimanche soir la victoire de son parti avait multiplié les meetings depuis plusieurs semaines; devenant ainsi le symbole de la lutte contre l'austérité en Grèce.

Un président de parti à 33 ans

Il n'a que 40 ans mais déjà une longue expérience politique. Le futur Premier ministre grec n'est pourtant pas issu d'une dynastie de politiciens à la différence de nombreuses personnalités grecques. Né le 28 juillet 1974 à Athènes et enfant de la petite bourgeoisie athénienne, Alexis Tsipras a pris tôt le goût du militantisme : pour preuve, il s'engage à gauche en rejoignant les Jeunesses communistes grecques (KNE) pendant ses années de formation d'ingénieur à l'école polytechnique d'Athènes. Mais c'est en 2006 que sa carrière politique décolle lors des élections locales à Athènes où il termine troisième, avec 10,5% des voix. Deux ans plus tard, Alexis Tsipras est élu président de la coalition de gauche et devient ainsi à 33 ans, le plus jeune responsable jamais élu à la tête d'un parti politique grec.

Une fulgurante ascension

L'éclosion de la crise de la dette en 2010 et les années de marasme économique qui l'ont accompagné ont donné une nouvelle audience à la gauche radicale et à son jeune leader qui dénonce ainsi la "crise humanitaire", née des mesures d'austérité imposées par les créanciers du pays, l'Union européenne et le FMI. En trois ans, le score électoral de Syriza est multiplié par cinq. Lors des législatives de 2012, le parti recueille alors 16% des voix et arrive deuxième derrière la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras (droite). Syriza se place ainsi en tête des élections européennes du printemps dernier. Le destin d'Alexis Tsipras est ainsi en route.

En quête d'une stature internationale

Depuis ces élections, l'homme politique peaufine son image internationale. De Mario Draghi en passant par le pape, il améliore son anglais et multiplie les visites à l'étranger. Sa priorité? La renégociation avec l'Union européenne et le FMI d'une grande partie de la dette publique (175% du PIB) pour promouvoir la reprise et mettre un terme à l'austérité. Des positions politiques qui inquiètent les créanciers et les marchés. Avant même sa victoire, celui qui porte une admiration pour Che Guevara a su néanmoins lisser son discours : en témoigne son envie de collaborer avec la troïka (Bruxelles, BCE, FMI) ou bien de refuser de sortir de la zone euro. Mais s'il y a bien un point où il n'a pas envisagé de compromis, c'est bien son dédain pour les cravates. "Si vous ne m'avez jamais vu porter une cravate jusqu'ici, il y a peu de chance que ça arrive", avait-il confié.

L'espoir d'une nouvelle voie politique ?

Tentative de séduction ou effort opportuniste ? Peu importe, ses positions politiques ont ainsi permis au parti de gauche radicale de remporter les élections législatives grecques, dimanche 25 janvier. "Le pays laisse derrière lui l'austérité, la catastrophe, l'autoritarisme et l'humiliation", tels sont les premiers mots qu'Alexis Tsipras a prononcé lors de son discours de victoire.

| Lire aussi : Grèce : les six travaux d'Alexis Tsipras

Beaucoup voient en Syriza et son dirigeant, l'espoir d'une nouvelle voie politique dans un pays en souffrance. Mais aussi l'opportunité pour d'autres formations européennes de gauche de susciter le même engouement dans leur pays, à commencer par Podemos en Espagne ou le Front de gauche en France. En attendant, le charismatique leader de la gauche radicale n'a pas manqué de célébrer sa victoire sur Twitter en répondant aux félicitations que lui avait adressé l'acteur Hugh Laurie. "Thank you Dr.", a-t-il sobrement tweeté au célèbre héros de la série Dr House.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2015 à 14:29 :
Chaque français à une créance de 1000 euros en Grèce (via l'Etat français, la BCE, le FMI). Vous êtes chaud pour faire une croix dessus?
Réponse de le 26/01/2015 à 17:16 :
OUI
a écrit le 26/01/2015 à 14:19 :
Il va falloir arrêter de prêter aux grecs en tout cas. C'est déjà le tonneau des Danaïdes. Autant limiter la casse. Filoche est sur place pour les féliciter, il n'a qu'a prêter lui qui n'a cure de l'argent. Il va faire des donations avec Mélenchon, EELV, le PCF etc...
Réponse de le 26/01/2015 à 19:30 :
Et tout l'argent à coup de dizaines de millions d'euros que l'Europe donne aux agriculteurs français depuis 50 ans, qui va le rembourser ? Cumulé,cela représente plus que la dette grecque...De plus, la France gagne de l'argent "pourrié sur le dos des Grecs en leur pretant à 4% alors que les taux d interet sont à 0%
a écrit le 26/01/2015 à 14:04 :
Pourquoi le journal "la Tribune" concentre t-il autant de commentaire bétes et méchants.
a écrit le 26/01/2015 à 13:49 :
Un de plus qui va s'enrichir. N'oubliez pas que dans les pays ruinés comme les dictatures d'Amérique du Sud ou d'Asie, le principe de "nouvelle voie politique" consiste principalement à donner l'opportunité à des gens qui n'ont pas pu profiter des richesses du pouvoir et du pays de commencer à en profiter. A tel point, qu'il vaut mieux voter pour de mauvais riches que de "soi disant" bons politiciens pauvres car ils vont piquer du fric.
Attendons deux ou trois ans et nous en reparlerons.
La France a offert une belle opportunité à la Promotion Voltaire d'amplifier son enrichissement, et là encore, les copains et copines et familles de certains politiciens et fonctionnaires se rémunèrent sur le dos des nouvelles taxes et impôts que NOUS payons.
a écrit le 26/01/2015 à 13:45 :
Allez, il faut y croire et si tout va bien, la Grèce pourra connaitre un avenir aussi radieux que celui du Venezuela, ou faute d'intelligence il reste à boire l'idéologie d'un pouvoir déconnecté du monde économique actuel.
Réponse de le 26/01/2015 à 13:56 :
Bien vu. Belle comparaison car c'est ni plus ni moins qu'une petite dictature qui se met en place et qui va gonfler le portefeuille de chacun des copains qui viendra au gouvernement grecque pour "donner un coup de main".
Une dette est une dette, il n'y a pas de miracle. Un mauvais gestionnaire reste un mauvais gestionnaire. UNe corruption est trés difficile à vaincre et c'est rarement une gauche extremiste qui supprime la corruption (quelqu'un a t il un exemple ?)

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