Plan Juncker : la BEI est prête à prendre des risques

Selon le vice-président de la Banque européenne d'investissement (BEI) Philippe de Fontaine-Vive, la banque de l'Union européenne est en ordre de bataille pour assurer l'efficacité du financement des infrastructures notamment dans le domaine de l'énergie et des transports, du numérique et de l'innovation.
Fabien Piliu
Pour Philippe de Finatien-Vive, le vice-président de la BEI, le plan Juncker ne doit pas accompagner mais provoquer la reprise
Pour Philippe de Finatien-Vive, le vice-président de la BEI, le plan Juncker ne doit pas accompagner mais provoquer la reprise

En attendant les détails précis du plan de relance de 315 milliards d'euros préparé et annoncé en juillet 2014 par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, la Banque européenne d'investissement (BEI) se dit prête à accompagner "une belle idée politique", selon l'expression de son vice-président, Philippe de Fontaine-Vive. Lequel déclarait jeudi, lors d'une conférence de presse:

"Le plan Juncker vient à point. C'est un élan sans précédent. Grâce à l'effet de levier qu'il déclenchera, il ne doit pas seulement permettre d'accompagner la reprise, qui se fait toujours attendre dans la plupart des pays de l'Union européenne, mais il doit la provoquer."

Les priorités sont connues

Philippe de Fontaine-Vive, qui laissera sa place à Ambroise Fayolle, l'actuel directeur général de l'Agence France Trésor à partir du 24 février, estime que la BEI est d'ores et déjà prête à porter en 2015, sans attendre la finalisation politique du trilogue Commission/Parlement/Conseil européen, les premières opérations du plan Juncker.

Les priorités de ce plan sont connues : le financement des infrastructures, notamment dans le domaine de l'énergie et des transports, du numérique et de l'innovation pour assurer la compétitivité de l'Union européenne dans les années à venir.

Comment s'articule ce plan ? La Commission européenne estime que l'architecture de ce plan déclenchera un effet de levier de 15. En clair, 1 euro investi et/ou garanti par l'Europe déclenchera 15 euros d'argent frais de la part du secteur privé.

Un plan "libérateur"

Il repose sur trois piliers. Le premier est financier car ce plan permettra de financer des projets considérés jusqu'ici comme trop risqués. Le deuxième pilier est qualifié de "libérateur" par Philippe de Fontaine-Vive car il doit libérer les énergies au sein de l'Union européenne et en levant des obstacles, notamment réglementaires.

Le troisième pilier du plan repose sur la nouvelle fonction de la BEI qui joue désormais un rôle de conseil et de prestataires de services pour assurer une efficacité optimale du plan.

Des moyens à la hauteur des enjeux ?

Quelles seront les cibles privilégiées du plan Juncker ? Seront-ce les grands groupes, en priorité ? Comme le rappelle Philippe de Fontaine-Vive, l'objectif de ce plan est de favoriser le financement de projets jusqu'ici peu ou non retenus par les établissements bancaires et les grands argentiers publics. Les PME, et en particulier les plus innovantes d'entre elles, sont donc clairement dans le viseur.

Dernière question. Sachant que ce plan est doté d'une enveloppe de 315 milliards et que le PIB de l'Union européenne s'élève à 19.000 milliards, les moyens déployés seront-ils à la hauteur des enjeux ? Seul l'avenir le dira.

Fabien Piliu

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Commentaires 2
à écrit le 13/02/2015 à 14:42
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Pour mener à bien cette mission très politique, la BEI devra faire évoluer sa culture financière, très sécuritaire - sans pour autant mettre en danger son triple A. Elle devra aussi se doter d'une capacité renforcée de monitoring des projets, en temp...

le 17/02/2015 à 18:50
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jmadison je partage ce point d'analyse

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