Martine Aubry laisse du temps à DSK pour les primaires

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(Crédits : Reuters)
La première secrétaire du Parti socialiste exclut une accélération du calendrier de désignation du candidat de 2012. Les primaires sont maintenues à l'automne 2011 pour permettre à Dominique Strauss-Kahn de préparer son éventuel retour en France.

Le pacte Aubry-DSK tient toujours. Invitée mercredi soir sur TF1, la première secrétaire du Parti socialiste a affirmé qu'il n'y avait "pas de raison" de bousculer le calendrier des primaires de désignation du candidat à la présidentielle de 2012, faisant de l'élaboration du projet la priorité des priorités en 2011. "Nous avons fixé un calendrier, nous n'avons pas de raison de ne pas le respecter", a souligné Martine Aubry. "Aujourd'hui il n'y a pas vraiment de raison de changer les choses".

Le calendrier ratifié par un vote des militants prévoit un dépôt des candidatures en juin pour un scrutin qui aurait lieu entre le 15 octobre et le 15 novembre 2011, après les élections sénatoriales. Deux présidentiables du PS, François Hollande et Manuel Valls, ont appelé à une accélération, jugeant que Nicolas Sarkozy était déjà entré en campagne à la faveur du remaniement très politique de l'équipe Fillon.

Mais Martine Aubry refuse de se faire dicter son calendrier par le chef de l'Etat. "Moi, ce qui m'importe, c'est qu'on soit en état de marche en 2012, c'est-à-dire que nous ayons le plus beau projet", a-t-elle expliqué mercredi soir, en affirmant vouloir convaincre les Français, toujours circonspects à l'égard du PS dans les sondages, "qu'une autre France est possible, qui nous redonne la fierté de ce que nous sommes, de nos valeurs, qu'on nous regarde autrement à l'étranger".

La "course de lenteur" de la patronne du PS, dénoncée par ses opposants, tient aussi au respect de l'accord passé avec Dominique Strauss-Kahn. Le directeur général du FMI, champion des sondages, veut se laisser le temps de la réflexion avant de prendre sa décision sur une éventuelle candidature à la présidentielle. L'un de ses proches, le député parisien Jean-Marie Le Guen "déconseille" au PS de se précipiter, jugeant que "tous ceux qui nous poussent à anticiper la campagne le font par calcul personnel, parfois peut-être un peu par fébrilité". Un membre de la direction du PS explique que "Hollande et Valls savent que le retour de DSK leur ferme la porte des primaires et ils essaient donc de la verrouiller avant". Et de préciser que les tentatives d'enfoncer un coin entre DSK et la maire de Lille sont "déjouées les unes après les autres".

Dominique Strauss-Kahn, qui était à Paris pour rencontrer Nicolas Sarkozy mercredi à l'Elysée, dans le cadre des travaux de la présidence française du G20, laisse toujours planer le doute sur ses intentions, même si son intervention sur France Inter lundi matin lui a servi à corriger son image d'homme "de droite". Il s'est présenté comme un acteur de "la gauche mondiale" et s'est dit "au moins aussi" soucieux de la "cohésion sociale" que de la situation des finances publiques en France. Contraint à un strict devoir de réserve au FMI, l'ancien ministre de Lionel Jospin veille à entretenir la flamme chez ses partisans.

Ségolène Royal, qui est hostile aux candidatures de François Hollande et de Manuel Valls, veille de son côté à entretenir de bonnes relations avec Martine Aubry. Si l'ex-candidate de 2007 est elle aussi, par expérience, favorable à une accélération dans la préparation de la bataille de 2012, elle ne fait pas porter ses demandes sur le calendrier mais sur les modalités. "J'ai dit à Martine - et elle est d'accord - qu'il faut mettre en place rapidement les structures d'organisation des primaires", a expliqué la présidente de Poitou-Charentes.

Le comité national d'organisation des primaires, présidé par Martine Aubry, tiendra sa première réunion mardi prochain. "On veut faire une grande primaire populaire - c'est ça l'enjeu - permettre au candidat de s'appuyer sur une dynamique puissante, le dispositif se met en place mais tout est à bâtir", a expliqué Christophe Borgel, secrétaire national chargé des élections. Il faut notamment établir les listes électorales, installer des bureaux de vote et prévoir l'organisation de la campagne interne. Un bureau national prévu en janvier pour fixer le calendrier définitif de la compétition et le processus d'organisation pourrait être avancé.

A l'issue du week-end prochain, il y aura par ailleurs un nouveau candidat aux primaires : Arnaud Montebourg, concepteur du projet de consultation de tout l'électorat de gauche.

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