François Fillon ne veut pas de débats "inutiles" pendant l'année "utile"

Le Premier ministre s'est posé, lors de ses vœux à la presse, comme le chef de la majorité avant la bataille de 2012. Il a recadré Jean-François Copé et Christian Jacob sur les 35 heures et la fonction publique. Et s'est placé dans la droite ligne des vœux de Nicolas Sarkozy aux Français.
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Pas de "débat inutile" dans "l'année utile" voulue par Nicolas Sarkozy avant la bataille présidentielle de 2012. François Fillon, qui continue de bénéficier d'une cote de confiance solide dans les sondages, s'est une nouvelle fois affiché lundi, dans ses voeux à la presse, comme le nouvel homme fort à droite. Tout en prenant soin d'inscrire ses priorités économiques dans la feuille de route fixée par Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre a pris soin de recadrer le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, favorable à la réouverture du débat sur la suppression des 35 heures. Tout en reconnaissant que le débat était "légitime", François Fillon a démonté un par un les arguments des "libéraux" de sa majorité. S'il a reconnu que "des possibilités d'aménagement" existaient, il a souligné qu'elles étaient malaisées, notamment parce que "des compromis ont été rudement négociés sur le terrain" et parce que "la récession a figé les positions".

Il a défendu les allègements de charges, "qui sont un élément clé de notre compétitivité" et "financent moins les 35 heures qu'ils ne soutiennent les emplois non qualifiés". "Avec le retour de la croissance, il y aura à nouveau du grain à moudre et on peut penser que les négociations dans les entreprises vont se réenclencher", a souligné François Fillon.

Mais c'est sur "l'emploi à vie" dans la Fonction publique que François Fillon s'est montré le plus incisif vis-à-vis des "Copé's boys" qui font feu de tout bois pour relancer la bataille idéologique droite-gauche avant 2012. A Christian Jacob, président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, qui avait appelé à "réfléchir sur la pertinence de l'embauche à vie des fonctionnaires", François Fillon a sèchement répliqué qu'il s'agissait d'un "débat inutile". "Que la fonction publique ait besoin d'être encore modernisée est certain. Mais il ne faut pas radicaliser des oppositions factices", a ajouté le Premier ministre.

François Fillon a affirmé que son gouvernement menait "la plus sévère politique de limitation des dépenses publiques jamais réalisée depuis 20 ans dans notre pays". Les effectifs de la Fonction publique "passent cette année sous la barre des deux millions et reviennent à leur niveau du début des années 90", a-t-il insisté.

"Notre devoir, a poursuivi François Fillon, est d'arriver en 2012 avec un bilan aussi solide que possible". Et le chef du gouvernement d'évoquer "une croissance retrouvée et libérée des turbulences de la crise", "un taux de chômage en baisse progressive" et "un bilan financier marqué par des déficits réduits de près de moitié en 2012 par rapport à 2009".

Le "principal défi", a insisté François Fillon, concerne "l'emploi, et notamment l'emploi des jeunes". "Les partenaires sociaux sont invités à nous faire des propositions. Ils y travaillent et nous pourrons, en concertation avec eux, proposer des nouvelles mesures dans les semaines à venir".

Le Premier ministre s'est fait l'avocat de la poursuite des réformes jusqu'en 2012, estimant que l'exécutif avait en presque quatre ans acquis la "maîtrise politique" nécessaire. "Ce sera d'autant plus nécessaire que nous serons soumis à une surchauffe préélectorale qui n'est jamais la meilleure des inspiratrices", a-t-il glissé en promettant qu'il ferait tout pour "coordonner et unifier les initiatives de la majorité" car "si la diversité a sa légitimité, elle a aussi ses limites politiques !" Une nouvelle pierre dans le jardin de Jean-François Copé.

 

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Commentaire 1
à écrit le 18/01/2011 à 11:25
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à Fillon je demanderai comment il voit l'avenir de la France ? on attend tous des résultats pas de bla-bla inutiles ! depuis 3 ans beaucoup de com pour de piètres résultats.......on attend tous du "nouveau" - personne n'est irremplaçable ...

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