Alain Madelin : "Le Front national ne fait le plus souvent que surenchérir dans des propositions puisées chez ses adversaires"

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Par Alain Madelin, ancien ministre.

Au chevet de nos maladies économiques et sociales, nos modernes médecins politiques, de gauche comme de droite, ne connaissent, tels ceux de Molière, qu'un seul diagnostic : "Un manque d'État, vous dis-je." Malheureusement, après tant d'échecs de cette médecine officielle, d'autant plus inefficace qu'elle est aujourd'hui sans le sou, la tentation est grande de faire appel aux rebouteux. Nos populaires rebouteux cependant n'ont guère d'imagination, ils ne font que promettre d'augmenter la dose du "toujours plus d'Etat".

Le Front national, qui affole aujourd'hui les baromètres politiques, a désigné la cause de tous nos maux. C'est la "mondialisation ultralibérale imposée par les Etats-Unis et la finance internationale". Son remède, c'est la reprise du contrôle de l'économie et de nos frontières par le politique. Sa promesse, c'est celle d'un Etat fort pour mettre en oeuvre "un protectionnisme social et territorial". En fait, le refus de la mondialisation libérale et la condamnation des excès de la finance internationale sont des discours convenus, à gauche comme à droite.

Tout comme la volonté de protéger les Français contre tous les soi-disant dumpings fiscaux, sociaux, environnementaux. Après tout, la "préférence communautaire" - c'est-à-dire la version européenne de la préférence nationale - est une proposition de l'actuel président de la république. Tout comme la TVA sociale qui prétend faire contribuer les produits étrangers au financement de notre protection sociale ou la taxe carbone sur les produits importés. Et les propositions les plus radicales du Front national sur la rupture européenne ne font que suivre celles des souverainistes de gauche et de droite. En fait, le Front national ne fait le plus souvent que surenchérir dans des propositions puisées chez ses adversaires. Du maintien exigeant des services publics jusqu'aux nationalisations sanctions pour les banques !

Certes, sur la difficile question de l'immigration, le Front national, d'un point de vue populaire, bénéficie d'un avantage comparatif. Mais celui-ci tient davantage à la posture, volontairement provocatrice, qu'aux propositions - d'autant plus radicales qu'elles n'ont pas à être mises en oeuvre - qui appartiennent au même registre sécuritaire que celui de la majorité au pouvoir. Quant à "l'islamisation" absurde des problèmes de l'immigration, qui complaît assurément à une part de l'opinion, elle se voit dangereusement accompagnée par l'UMP au risque de transformer les militants du Front national en militants laïques ! Ce faisant, on oublie que les quartiers difficiles ne sont que le miroir grossissant des échecs de l'Etat, la remise en cause des mécanismes de notre État providence et le recentrage de l'Etat sur ses vrais métiers sont nécessaires.

Au fond, dans le méchant procès fait par le Front national à l'UMP et au PS, il serait bien difficile de trouver quelques preuves de convictions mondialistes ultralibérales. En revanche, il existe assurément un décalage entre leurs promesses protectrices et les résultats. A gauche, c'est le constat désabusé d'un Lionel Jospin découvrant que "l'Etat ne peut pas tout". A droite, c'est le décalage entre le très volontariste "tout est possible" de l'actuel président de la république et la réalité. Entre l'annonce du grand "retour de l'Etat" pour discipliner des marchés financiers irresponsables et la réalité d'un retour des marchés financiers pour discipliner les États irresponsables.

Un tel décalage, contrairement aux affirmations du Front national, ne provient pas d'une insuffisance d'Etat et de volontarisme politique. Il est trop facile de dire : les lois de l'économie dérangent, il suffit d'en voter d'autres. Nos souffrances viennent de l'euro, revenons au franc. La mondialisation opprime, sortons de la mondialisation.

La société de la connaissance et de la créativité remet justement en cause cette prétention à commander l'ensemble de la société depuis l'Etat. C'est ce que le philosophe autrichien, prix Nobel d'économie, Friedrich Hayek, a appelé la "présomption fatale".

Les échanges d'informations de techniques de capitaux de compétences se font à l'échelle de la planète. L'éclatement du savoir entraîne l'éclatement du pouvoir. Les marchés s'affranchissent des gouvernements et des États perdent leur pouvoir absolu. C'est pourquoi partout dans le monde aujourd'hui, le recentrage de l'Etat et la redistribution du pouvoir au profit des consommateurs et des entreprises sont à l'ordre du jour.

C'est là une tendance lourde de la société qui dépasse les clivages politiques. Or la quasi-totalité de la classe politique s'inscrit à contre-courant de ce mouvement. Elle attise les peurs du nouveau monde. Pire, elle les instrumentalise, parce que ces peurs engendrent un besoin de sécurité qui permet à notre État providence désargenté de jouer les prolongations sécuritaires.

En fait, dans son combat contre la "mondialisation ultralibérale", le Front national n'a pas de vrais adversaires. Ceux qui lui font face sont piégés. Négliger les peurs qu'exploite le Front national, c'est lui laisser le terrain libre. Y répondre par des politiques dirigistes, c'est prendre le risque de l'impuissance publique et frayer le chemin de la surenchère. Car le Front national sera toujours mieux-disant social, protectionniste et sécuritaire. En revanche, il lui serait difficile d'être mieux-disant libéral !

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a écrit le 14/04/2011 à 11:57 :
Oui c'est à cause de vous qu'on est dans cette situation. C'est bien vous les augmentations des prestations sociales qui incitent à ne pas travailler et déresponsabilisent les Français? C'est bien vous la volonté d'être pieds et poings liés aux pays membres de l'UE et de risquer la faillite à cause du manque de vertu des décideurs voisins? C'est bien vous encore qui, par une politique fiscale hallucinante, empêchez les patrons des PME d'embaucher? C'est enfin vous les 35 heures qui ont définitivement détruit notre compétitivité en augmentant le coût du travail sans permettre les embauches?
Ah non?! C'est pas vous...
Que les ignorants accusent encore le "capitalisme", ça n'est pas grave. Nous savons que seul le capitalisme permet à nos Etats de trouver une légitimité à sa bêtise, l'accusant de tous les maux lors même que sans lui, nous serions déjà en faillite.
a écrit le 11/04/2011 à 22:06 :
Monsieur Madelin avec votre copain devedjian vous êtes pourtant un ancien d'extrême droite, condamner pour avoir joué de barre à mine sur le gaucho !
De plus, c'est vous qui à la télévision, nous affirmiez que nos frontières étaient hermétiques aux nuages radiauxactif de shernobil. Donc vos commentaires, vous savez où vous pouvez les mettrent.
a écrit le 11/04/2011 à 8:59 :
monsieur le ministre, Sans majuscule tant vous êtes petit ! C'est à cause de vous que la France est dans cette situation ! Vous accusez le FN de piocher chez les autres vous faites rire dans les chaumières - votre mémoires est à bout , rappelez-vous votre grand copain Sarkosy tout ce qu'il a promis aux Français notamment les idées de J.M. Lepen - vous êtes bien un triste sire.
a écrit le 11/04/2011 à 7:52 :
Y PARLE BIEN MADELIN!!!!!!! mais il ne fait que PARLER!!!!!!
a écrit le 09/04/2011 à 8:22 :
globalement Madelin ne dit que des verités .On peut ajouter qu 'il faut laisser le PS gouverner et faire appel au FMI comme la Grece.le spread de la France sera intenable et les vrais reformes seront mises en place
a écrit le 09/04/2011 à 4:50 :
@Eddie , pouvez vous nous dire ce qu'est un néo libéral ? le néolibéralisme ?
Personnellement, Je n'ai jamais entendu parler d'un néo état, ou d'un néo étatiste qui veut que l'Etat comment sa vie comme une machine au nom d'une chimère : la justice sociale....

a écrit le 09/04/2011 à 1:16 :
"La société de la connaissance et de la créativité remet justement en cause cette prétention à commander l'ensemble de la société depuis l'Etat. C'est ce que le philosophe autrichien, prix Nobel d'économie, Friedrich Hayek, a appelé la "présomption fatale".
- C'est ce que l'économiste français, prix Nobel d'économie, Maurice Allais, démentait fort justement en condamnant « l'aveuglement de la logique néolibérale et de la libéralisation totale du commerce international » et en plaidant pour un « protectionnisme éclairé. »
Et que je ne sois pas taxé svp de promouvoir la préférence Nationale pour avoir préféré les enseignements d'Allais à ceux d'Hayeck.

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