Martine Aubry et François Hollande affichent leurs divergences pour faire la différence

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Les deux finalistes de la primaire socialiste affichent, certes, quelques divergences programmatiques. Mais rien d'irréparable dès que le candidat socialiste à la présidentielle sera connu. La composition du corps électoral qui se déplacera dimanche sera déterminante pour la désignation du vainqueur.

Alea jacta est ! Dimanche soir, le Parti socialiste aura son candidat pour l?élection présidentielle. Martine Aubry ou François Hollande ? Le débat télévisé de mercredi soir, technique, sérieux, crispé mais sans réels dérapages, a permis de percevoir les quelques différences formulées par les deux candidats sur la gestion de la crise, la dette, l?emploi et l?éducation. Pas de réel gagnant, ni de perdant. François Hollande, arrivé en tête dimanche dernier avec plus de 39% des votes, jouant un côté "force tranquille" quand Martine Aubry, créditée de près de 31% des voix, se devait d?apparaître comme davantage offensive et pugnace pour tenter de doubler son rival.

Soucieux de ne pas se faire taxer de laxisme, le député de la Corrèze s?est voulu un gestionnaire intraitable, souhaitant non seulement - comme sa rivale ? ramener le niveau de déficit à 3% du PIB en 2013 mais, surtout, l?annihiler totalement à l?horizon 2017. La maire de Lille refuse de le suivre sur ce terrain là, arguant qu?il est trop tôt pour savoir quelle sera la conjoncture dans six ans. Quelques bisbilles sont aussi apparues sur le "contrat de génération" (exonération de cotisations sociales pour l?embauche d?un jeune et le maintien dans l?emploi d?un senior-tuteur), cher à François Hollande, dont l?instauration représenterait un coût de 8 milliards d?euros pour les finances publiques. "Les syndicats n?en veulent pas et cela constitue une nouvelle niche sociale", a taclé Martine Aubry? Réponse de François Hollande lors d?un déplacement dans le Val-d?Oise jeudi matin : "c?est une idée nouvelle est tellement évidente, il faut qu?il y ait transmission des savoir-faire".

En revanche, une plus grande intégration européenne qui aurait permis une meilleure gestion de la crise de la dette grecque, constitue un souhait partagé par les deux candidats. Hommage leur a été rendu sur ce point par? Patrick Devedjian (UMP), jugeant "intéressant que la finale PS se passe entre européens". L?ombre d?Arnaud Montebourg planait manifestement sur le débat quand les deux candidats ont rivalisé pour séduire les 17% des suffrages recueillis par le troisième homme de la primaire sur le sujet de l?intervention étatique dans la gestion des banques. De façon plus affirmée qu?auparavant, Martine Aubry et François Hollande n?ont ainsi pas exclu de faire entrer dans représentants de l?Etat dans les conseils d?administration, dès lors que les banques auront appelé les pouvoirs publics à la rescousse. C?est peut-être ce qui a fait dire à Hervé Mariton (député UMP) : "François Hollande n?est pas du tout un centriste, ce n?est pas un modéré. Ficelé par la sociologie politique du PS, ficelé par une contrainte qui vient d?une gauche dure".

"Last but not least". Les deux finalistes ont aussi repris en partie la proposition de Ségolène Royal visant à empêcher, en amont, les "licenciements boursiers". Tous les deux envisagent, maintenant, une procédure de référé bloquant une procédure de licenciement en cours dans une entreprise bénéficiaire.

In fine, donc, quelques divergences mais, surtout, beaucoup de points communs entre les deux impétrants. C?est donc sur leur caractère et leur capacité de rassemblement que la différence se fera. François Hollande peut se targuer d?avoir reçu les ralliements de Jean-Michel Baylet (PRG), Manuel Valls et Ségolène Royal(PS). Arnaud Montebourg, lui, faisant durer le suspens. Certes, mais Martine Aubry, apparaît comme davantage susceptible de rallier les suffrages plus à gauche, ceux du Parti de gauche notamment, et ceux d?Europe Ecologie Les Verts.. C?est peut-être pour cette raison que la maire de Lille n?insiste pas trop - pour l?instant car l?argument pourra servir plus tard - sur le fait qu?elle a passé un accord avec le Modem pour gérer sa ville. Comme il s?agit d?une primaire "ouverte" à tous les citoyens, à l?aune de l?enjeux, la composition du corps électoral de dimanche pourrait être différente de celui de la semaine dernière. C?est l?une des grandes inconnues de ce second tour.

En tout état de cause, le scrutin de dimanche clôturera une séquence médiatique très favorable au PS. L?heure de la contre-offensive UMP a sonné. Dès mardi, le parti présidentiel organise ainsi une grande convention sur le thème : "le projet socialiste à la loupe : le grand malentendu !".

 

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Commentaires
a écrit le 16/05/2012 à 13:10 :
Je ne sais pas si le commentateur de cet article a bien réfléchi à son titre? Je ne vois pas en quoi cette différence est de bonne augure pour les socialistes? Connaissez-vous le caractère de Martine? Elkle est loin d'etre une pacifiée, et si elle peut mettre des batons dans les roues du gouvernement elle ne va pas s'en priver malgré son attitude de façade. C'est une harpie de la pire espèce et je vous prie de croire qu'à Lille on la connait. Hollande devrait bien se méfier et de protéger son fonds de commerce.
a écrit le 16/10/2011 à 4:42 :
Typique des luttes socialo/socialistes en dégénéréscence.
a écrit le 15/10/2011 à 9:42 :
"SENATORIALES : ECHEC DU SOCIALISME


Le titre de ce flash va surprendre bien des lecteurs. En effet, la victoire du parti socialiste aux sénatoriales est claire. Non seulement il vient de conquérir la majorité des postes mais il a obtenu le perchoir. Saluons, en passant, la richesse immense de chacun des sénateurs et la richesse encore plus grande du président du Sénat : cette richesse s'ajoute au statut incroyable des autres élus qui écrasent l'économie française et jouent leur partition dans la paupérisation du pays. Mais là n'est pas notre propos aujourd'hui, car il y a bien lieu d'écrire : « échec du socialisme » et voici comment.
Pour saisir le mécanisme, il est besoin de rappeler que les élections au Sénat reposent sur de grands électeurs sélectionnés par un système extraordinairement compliqué et issus eux-mêmes d'élections intermédiaires : municipales, régionales, etc. Or il se trouve que la droite a perdu depuis 2007 ces élections intermédiaires, d'où la victoire des socialistes aux sénatoriales. Il reste alors à expliquer cette défaite de la droite aux élections intermédiaires. Les caciques de la même droite donnent, certes, beaucoup d'explications savantes, mais sans aller évidemment au fond de la réalité : « cachez-moi ce sein que je ne saurais voir ».
En 2007, le nouveau pouvoir était élu sur un programme de droite par une majorité de droite et il avait, non seulement la possibilité de rompre avec le socialisme, mais le devoir de le faire. Il n'a pas fait la rupture et, au contraire, a consolidé et amplifié le socialisme à grande vitesse, ce qui a découragé les électeurs.

AMPLIFICATION DU SOCIALISME
Le premier moyen fut d'appeler autour de la table ministérielle et aussi ailleurs des socialistes décidés à empêcher toute réforme valable. Le deuxième moyen fut de donner très publiquement le pouvoir à des syndicats guère représentatifs et ne subsistant que grâce à des lois obsolètes et à de l'argent volé aux citoyens.
La marche forcée imposée à la France vers le socialisme par ce pouvoir s'est traduite par une liste considérables d'actions diverses. Citons au hasard et dans le désordre.
La politique industrielle, l'État intervenant à tort et à travers dans le fonctionnement des entreprises ; le quasi blocage des loyers, avec un retour hypocrite à une sorte de loi de 1948 ; le nouveau droit de préemption accordé aux maires : sous prétexte de leur donner le droit de veiller sur les changements de fonds de commerce, ils ont un droit de préemption sur les baux commerciaux au détriment des droits de propriété ; le grand emprunt par lequel l'État se donne la possibilité abusive d'emprunter de l'argent pour choisir des investissements baptisés « d'avenir » ; le véritable déchaînement dans l'accroissement des impôts avec une inventivité marquée pour trouver de nouveaux systèmes de prélèvements fiscaux ; la poursuite et l'aggravation sans limite de l'endettement public général ; le véritable tsunami des réglementations diverses et changeantes selon l'humeur du pouvoir avec l'insécurité juridique totale en conséquence.
Les fruits amers de cette marche forcée vers le socialisme s'observent de plus en plus : chômage récurrent, destruction des industries dont beaucoup quittent le territoire, difficulté permanente dans le logement, souffrance intolérable des PME, départ des grandes fortunes pourtant nécessaires pour faire rouler la machine, paupérisation croissante du peuple français avec la prospérité des restos du c?ur, du secours catholique et d'autres ?uvres charitables. C'est pour toutes ces raisons, que le pouvoir de Sarkozy-Fillon a perdu les élections intermédiaires ce qui a conduit au vote des grands électeurs en faveur du parti socialiste pour les sénatoriales. Le 29 septembre, lors de la parade télévisée des six candidats aux primaires socialistes, il était tristement drôle de voir que leurs programmes sur beaucoup de points n'étaient guère différents de ce qu'avait fait Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir.
Il est donc légitime de dire que la victoire du parti socialiste aux sénatoriales met en lumière d'une façon surprenante les échecs du socialisme, ce qui justifie le titre de ce flash.

L'EXPLICATION DEMOCRATIQUE
En face de ce phénomène historique incroyable de Sarkozy aidé par Fillon dans sa course derrière le socialisme, il reste à chercher l'explication ultime. Nous allons rencontrer alors le fonctionnement de la démocratie à laquelle j'ai consacré un livre intitulé « La démocratie ou le rêve en morceaux ».
La première explication est que le socialisme déclenche et alimente sans s'arrêter jamais la « rivière argentée » des fonds publics laquelle arrose d'une façon absolument incroyable la pyramide des élus du peuple ; celui qui se trouve hissé sur le pavois serait un très mauvais camarade, si aussitôt arrivé aux affaires il voulait enlever à ceux qui l'ont hissé l'essentiel de leur propre richesse. C'est une nouvelle forme de l'interpellation fameuse « Qui t'a fait Comte, qui t'a fait Roi ?» survenue à Hugues Capet il y a plus de mille ans !
La deuxième explication est que l'élection est obtenue non seulement grâce à l'aide des camarades mais grâce à beaucoup d'argent dont la provenance est disons « diverse et variée ». Tout le monde observe que les présidents américains ne sont, trop souvent, que les serviteurs de leurs fastueux sponsors.
Enfin il se trouve que ces deux phénomènes inhérents à la démocratie trouvent un terrain tout à fait favorable : la prétendue éducation prétendue nationale diffuse la doctrine socialiste à tous les niveaux en commençant par le secondaire et en se terminant par le supérieur jusque même dans les grandes écoles. La presse et les médias continuent le « travail ». Il en résulte que les élus de tous ordres, y compris l'élu suprême, n'ont aucun mal à se couler dans le moule général.
S'il y a d'autres explications, nous les lirons avec plaisir et, en attendant, nous faisons comme Candide et nous cultivons notre jardin.
Michel de Poncins. de Tocqueville Magazine"

détonnant également
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a écrit le 15/10/2011 à 9:38 :
"Madame Aubry, comment vous situez-vous par rapport à la politique anti-ouvrière de votre père ?
Publié le 10 octobre 2011 par Alain Rubin - Article du nº 220
À l?attention de Madame Martine Aubry
Madame,
Je voudrai vous poser deux ou trois questions, à vous qui, -dans quelques mois-, allez peut-être représenter votre parti (1) devant les citoyens français. J?espère que mes questions ne vous étonneront pas, même si elles vous apparaîtront bien évidemment fortement critiques vis-à-vis de votre action politique présente et passée.
Une observation préalable
On demande régulièrement à Marine Le Pen si elle agit dans la continuité politique et morale de son père. Les journalistes revenant alors sur l?affaire du « détail », concernant les chambres à gaz des camps d?extermination d?Auschwitz, Treblinka, Sobibor.
Par contre, pour ce qui vous concerne, Madame, vous qui avez été la plus jeune retraitée de France, après avoir quitté votre poste de Ministre d?Etat membre du gouvernement de Lionel Jospin, on ne vous a jamais posé la question : de savoir ce que vous pensiez de l?action politique de votre papa.
Bien sûr, Monsieur Jacques Delors, votre père, n?a jamais qualifié « de détail » les chambres à gaz nazies, mais il a présidé de longues années une institution, la Commission européenne, une vaste machine bureaucratique, qui a noué des relations politiques se voulant irrévocables, et arrimé les pays d?Europe aux gouvernements membres de l?Organisation de la Conférence des Etats Islamiques (OCI).
L?OCI » a fait du triple Non à Israël, un dogme intangible, et de l?extermination des Juifs, -en Israël et ailleurs-, un élément non négociable de son programme unifié destiné à l?islam en tant que Oumma universelle, et une stratégie politique et militaire déclinant, dans le langage moderne, le Coran et la charia.
Ce ne sera cependant pas le fils, petit-fils, neveu et cousin de déportés juifs morts en déportation, qui vous posera quelques questions concernant votre point de vue sur l?action de votre père, ce père qui soutient votre ambition présidentielle."

Intéressant non ?
a écrit le 14/10/2011 à 13:26 :
Mme Aubry n'a de l'experience que celle de la bétise, sont passage comme ministre fut un désastre pour l'emploi, mettre en avant son passé dans ses différentes fonctions dans un gouvernement de gauche ne font que rappeler que c'est a cette époque que l'état depensait son compter et que la dette était en forte croissance
a écrit le 14/10/2011 à 11:03 :
Surtout pas elle; Elle a tellement fait de conneries au gouvernement , ça suffit.
On sait déjà de quoi elle est capable. C'est une rêveuse complètement à coté de ses pompes .

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