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ÉconomieFrance

Martine Aubry et François Hollande affichent leurs divergences pour faire la différence

Jean-Christophe Chanut

Publié le 13 octobre 2011 à 13:28 - Mis à jour le 13 octobre 2011 à 13:36

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Les deux finalistes de la primaire socialiste affichent, certes, quelques divergences programmatiques. Mais rien d'irréparable dès que le candidat socialiste à la présidentielle sera connu. La composition du corps électoral qui se déplacera dimanche sera déterminante pour la désignation du vainqueur.

Alea jacta est ! Dimanche soir, le Parti socialiste aura son candidat pour l?élection présidentielle. Martine Aubry ou François Hollande ? Le débat télévisé de mercredi soir, technique, sérieux, crispé mais sans réels dérapages, a permis de percevoir les quelques différences formulées par les deux candidats sur la gestion de la crise, la dette, l?emploi et l?éducation. Pas de réel gagnant, ni de perdant. François Hollande, arrivé en tête dimanche dernier avec plus de 39% des votes, jouant un côté "force tranquille" quand Martine Aubry, créditée de près de 31% des voix, se devait d?apparaître comme davantage offensive et pugnace pour tenter de doubler son rival.

Soucieux de ne pas se faire taxer de laxisme, le député de la Corrèze s?est voulu un gestionnaire intraitable, souhaitant non seulement - comme sa rivale ? ramener le niveau de déficit à 3% du PIB en 2013 mais, surtout, l?annihiler totalement à l?horizon 2017. La maire de Lille refuse de le suivre sur ce terrain là, arguant qu?il est trop tôt pour savoir quelle sera la conjoncture dans six ans. Quelques bisbilles sont aussi apparues sur le "contrat de génération" (exonération de cotisations sociales pour l?embauche d?un jeune et le maintien dans l?emploi d?un senior-tuteur), cher à François Hollande, dont l?instauration représenterait un coût de 8 milliards d?euros pour les finances publiques. "Les syndicats n?en veulent pas et cela constitue une nouvelle niche sociale", a taclé Martine Aubry? Réponse de François Hollande lors d?un déplacement dans le Val-d?Oise jeudi matin : "c?est une idée nouvelle est tellement évidente, il faut qu?il y ait transmission des savoir-faire".

En revanche, une plus grande intégration européenne qui aurait permis une meilleure gestion de la crise de la dette grecque, constitue un souhait partagé par les deux candidats. Hommage leur a été rendu sur ce point par? Patrick Devedjian (UMP), jugeant "intéressant que la finale PS se passe entre européens". L?ombre d?Arnaud Montebourg planait manifestement sur le débat quand les deux candidats ont rivalisé pour séduire les 17% des suffrages recueillis par le troisième homme de la primaire sur le sujet de l?intervention étatique dans la gestion des banques. De façon plus affirmée qu?auparavant, Martine Aubry et François Hollande n?ont ainsi pas exclu de faire entrer dans représentants de l?Etat dans les conseils d?administration, dès lors que les banques auront appelé les pouvoirs publics à la rescousse. C?est peut-être ce qui a fait dire à Hervé Mariton (député UMP) : "François Hollande n?est pas du tout un centriste, ce n?est pas un modéré. Ficelé par la sociologie politique du PS, ficelé par une contrainte qui vient d?une gauche dure".

"Last but not least". Les deux finalistes ont aussi repris en partie la proposition de Ségolène Royal visant à empêcher, en amont, les "licenciements boursiers". Tous les deux envisagent, maintenant, une procédure de référé bloquant une procédure de licenciement en cours dans une entreprise bénéficiaire.

In fine, donc, quelques divergences mais, surtout, beaucoup de points communs entre les deux impétrants. C?est donc sur leur caractère et leur capacité de rassemblement que la différence se fera. François Hollande peut se targuer d?avoir reçu les ralliements de Jean-Michel Baylet (PRG), Manuel Valls et Ségolène Royal(PS). Arnaud Montebourg, lui, faisant durer le suspens. Certes, mais Martine Aubry, apparaît comme davantage susceptible de rallier les suffrages plus à gauche, ceux du Parti de gauche notamment, et ceux d?Europe Ecologie Les Verts.. C?est peut-être pour cette raison que la maire de Lille n?insiste pas trop - pour l?instant car l?argument pourra servir plus tard - sur le fait qu?elle a passé un accord avec le Modem pour gérer sa ville. Comme il s?agit d?une primaire "ouverte" à tous les citoyens, à l?aune de l?enjeux, la composition du corps électoral de dimanche pourrait être différente de celui de la semaine dernière. C?est l?une des grandes inconnues de ce second tour.

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En tout état de cause, le scrutin de dimanche clôturera une séquence médiatique très favorable au PS. L?heure de la contre-offensive UMP a sonné. Dès mardi, le parti présidentiel organise ainsi une grande convention sur le thème : "le projet socialiste à la loupe : le grand malentendu !".

Jean-Christophe Chanut

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