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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Comment le pruneau d’Agen revient dans la compet’

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 30 mars 2015 à 12:06 - Mis à jour le 01 avril 2015 à 08:08

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Secoué par la crise et la concurrence étrangère (principalement des USA, Chili et Argentine) et ce depuis plusieurs années, même si ces derniers temps, elle semble elle aussi accuser le coup, le pruneau d’Agen organise la résistance via un Plan de reconquête de la compétitivité (PRC) ambitieux. Ambitieux mais réaliste puisqu'il semble que la production mondiale baisse... mais pas la demande. La loi de l'offre et de la demande semble durablement vouloir être favorable à l'économie de la prune.

Confrontée à l'érosion, certes lente, mais continue de son marché historique en France (31 tonnes de pruneaux consommé par an, ce qui fait des Français les premiers consommateurs européens et ce qui représente 11 % de la consommation mondiale), mais aussi attaquée (ir ?)régulièrement par la concurrence étrangère, la filière du pruneau d'Agen est entrée en résistance.
Un acte de résistance qui s'est organisée il y a quelques années, à la faveur d'un rassemblement entre producteurs et transformateurs. Il a donné naissance aux Plan de reconquête de la compétitivité (PRC), un véritable plan de restructuration de cette filière. "Nous avons bâti le PRC en le basant sur des expériences vécues et appliquées par quelques agriculteurs visionnaires. Alors, certes, ce plan est ambitieux, mais il est aussi réaliste !", affirme Jacques Pomies, président depuis trois ans du Bureau interprofessionnel du pruneau (BIP).

Pouvoirs publics : compter sur leur aide... pour ne plus en dépendre

Confrontée à l'âge trop avancé des arbres, aux contraintes de charges sociales et fiscales, des mesures environnementales qui pèsent forcément, au moins dans un premier temps, sur les charges fixes, au coût élevé du séchage des prunes, mais aussi à la faible dimension moyenne des exploitations, la filière compte sur les pouvoirs publics pour l'aider à... ne plus dépendre de leur soutien financier. Pour pouvoir réaliser son PRC, le secteur compte sur les pouvoirs publics pour deux formes de soutien. D'un côté un accompagnement de leur production, jusqu'à l'aboutissement des objectifs du plan en 2020 à hauteur de 12 M€ par an, somme disponible, via l'enveloppe PAC. De l'autre un programme de soutien aux investissements matériels et immatériels en production, au séchage et, le cas échéant, à la transformation. "A terme, le PRC qui se décline sur trois axes, le verger, le séchage et la dynamique commerciale, tout en allant dans le sens de la protection de l'environnement" explique Jacques Pomies, vise à faire en sorte, à l'issue du Plan, de ne plus jamais dépendre du soutien financier des pouvoirs publics".

L'intelligence économique au service de la compétitivité

Après avoir étudié largement ses concurrents chiliens et californiens, la filière du pruneau d'Agen, qui emploie 10.000 personnes, s'est rendue compte du manque de rendement des exploitations françaises. Un des objectifs du PRC est donc de regagner en compétitivité tous azimuts. En rajeunissant, à rythme soutenu, les vergers et en favorisant les plantations à haute densité (400 arbres/ha au minimum). Avec ces mesures, accompagnées par des efforts d'équipement des vergers en systèmes d'irrigation, sans rogner sur des objectifs environnementaux élevés qui, selon le BIP, font déjà de la production de pruneau une des filières arboricoles les plus économes en traitements chimiques, la productivité des vergers devrait progresser à l'horizon 2025 de 50 % par rapport à aujourd'hui.
Le coût de séchage, qui figure parmi les plus gros postes de coût de la filière, pourrait, grâce au PRC et aux innovations techniques et technologiques déployées grâce aux investissements prévus, être lui, réduit de moitié à l'horizon 2020. Des investissements qui seront également nécessaires pour  révolutionner, via de lourds équipements et une logistique repensée, la relation pruniculture - séchage - transformations.
La filière, acculée par la crise et la concurrence, entend bien prouver que le tonus du pruneau n'est pas seulement une invention de publicitaire...

Pascal Rabiller

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