Grippe aviaire, le cauchemar de l’arrêt de production

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Ce mardi 19 janvier la Chambre d'agriculture de la Dordogne, présidée par Jean-Philippe Granger, annonce un premier chiffrage des pertes que vont subir les éleveurs périgourdins de canards et d'oies du fait de l'instauration d'un vide sanitaire pour lutter contre l'épidémie de grippe aviaire.
Depuis hier lundi, plus aucun nouveau poussin ne peut être admis dans les élevages de canards et d'oies situés du grand Sud-Ouest, soit les 13 départements d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées, auxquels s'ajoutent la Corrèze et la Haute-Vienne (Limousin), la moitié de l'Aude (Languedoc-Roussillon) et du Cantal (Auvergne) et "une commune de Charente" (Poitou-Charentes).
Dans toute cette vaste zone seuls les élevages déjà en place avant le 18 janvier pourront aller au bout, puisque aucune mesure d'abattage préventive n'a été prévue par la direction de l'alimentation du ministère de l'Agriculture, à l'origine de ce plan sanitaire drastique.
Dans ce contexte, la Chambre d'agriculture de la Dordogne a fait ses calculs.
Lancée depuis hier lundi, la dépopulation des élevages va se développer crescendo jusqu'à ce que les derniers palmipèdes soient partis à l'abattoir. Au fur et à mesure des départs, les procédures de nettoyage et désinfection des bâtiments s'intensifieront jusqu'à ce qu'un vide sanitaire complet soit atteint.
En Dordogne, où la température contre le dispositif sanitaire semble monter à toute vitesse, Jean-Philippe Granger fait savoir que les chambres d'agriculture "ne sont pas à l'origine de cette mesure radicale et regrettent surtout la difficulté de répondre aux besoins des éleveurs par le manque de visibilité des actions d'accompagnement".
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Un malaise facile à comprendre étant donné l'échelle des enjeux. Le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras), dont le président n'est autre que Christophe Barrailh, président du pôle élevage de la Chambre d'agriculture des Landes, s'est livré à une première évaluation des pertes prévisionnelles pour la filière, comprises entre 250 et 350 M€, qui a été reprise par la presse.
Une première évaluation qui sera fatalement suivie par un encadrement plus fin quand le calendrier du vide sanitaire sera connu. Si on est encore loin d'un chiffrage officiel des dégâts, alors que le plan démarre tout juste, les pouvoirs publics n'ont pas pu passer à côté de cette première évaluation. Mais le plus important est sans doute le contexte donné par Christophe Barrailh à son intervention. Et concernant l'instauration du vide sanitaire voilà ce qu'il préconise.
Autrement-dit, cette première évaluation de l'impact financier pour la filière porte sur quatre semaines. Et personne ne se fait vraiment d'illusion.
En réalité, comme semble l'indiquer la mobilisation de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) et des JA (Jeunes Agriculteurs) en Dordogne, certains sont déjà prêts à compter les victimes. Le directeur de la Chambre d'agriculture des Landes estime quant à lui que ceux qui sont en première ligne sont les accouveurs, qui produisent les poussins.
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Quoi qu'il en soit le gouvernement va devoir faire un sérieux effort pour amortir le choc. Les responsables de la filière attendent ainsi la mise en place de mesures de chômage partiel et de formation continue, pour que les entreprises puissent garder leurs centaines de salariés, en plus des aides en soutien de trésorerie, perte de chiffre d'affaires ou perte de production.
Jean-Philippe Déjean