Grippe aviaire, il faut 450.000 € pour sauver Palmagri

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Fondée par des femmes au sud de la Gironde il y a 40 ans, à Auros, près de Langon, et présidée par Christine Saphore, éleveuse à Brouqueyran, Palmagri est la seule coopérative artisanale du département à faire de l'élevage de canards pour produire du foie gras. Elle pourrait facilement apparaître comme l'archétype de la coopérative idéale, puisque ses producteurs utilisent des méthodes traditionnelles et proposent des produits de qualité à des prix abordables.
"Nous gavons 50.000 canards par an pour une production de 30 tonnes de foie gras" illustre Julien Peyrolle, directeur de Palmagri. Située dans un département où aucun cas de grippe aviaire n'a été recensé, Palmagri fédère 16 producteurs, dont 11 femmes, emploie 14 salariés -dans une zone rurale peu pourvue en la matière-, et réalise 2 M€ de chiffre d'affaires. Coopérative de petite taille, Palmagri est aux antipodes des géants aquitains du canard gras, comme les groupes Maïsadour, à Haut-Mauco (Landes) ou Euralis, à Pau.
Autant dire que le moral n'est pas au plus haut. Une banderole posée à l'entrée de la coopérative proclame d'ailleurs "Mort de Palmagri le 30 avril 2016 Merci Le Foll".
La coopérative fournit sa clientèle à flux quasi tendus et dispose de peu de stocks, d'où la difficulté de tenir le choc sans vendre. Les salariés se préparent à une mise en chômage technique de quatre mois et le plan d'aide de 130 M€ annoncé par le ministère de l'Agriculture, dont 30 M€ pour les accouveurs ne rassure pas vraiment. "Une fois que vous savez que 5.900 exploitations sont concernées dans le grand Sud-Ouest, vous voyez tout de suite que ça ne va pas loin" juge Julien Peyrolle.
La situation est critique et Jean-Luc Gleyze, le nouveau président (PS) du Conseil départemental de la Gironde, élu d'une commune forestière du versant girondin des Landes de Gascogne, au sud, a réagi en envoyant le 21 janvier un courrier au ministre Stéphane Le Foll. Avec comme intention d'obtenir le retrait de la Gironde des départements concernés par ces mesures de vide sanitaire.
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Evoquant la centaine d'exploitations familiales touchées, et la coopérative, le président du Conseil départemental de la Gironde s'est livré à un véritable plaidoyer.
Une demande qui est restée sans effet. Après cette opération de vide sanitaire des mesures de biosécurité durable et également coûteuses devront être mises en place. D'où un nouveau train d'investissements que devrait accompagner le gouvernement.
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"Nous aurons deux ans pour nous mettre à jour" précise le directeur. Encore faudra-t-il que Palmagri survive à la purge, qu'en Girionde le remède ne soit pas pire qu'un mal encore inexistant.
Jean-Philippe Déjean