Vins : aux US et en France les experts préfèrent le goût bio !

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Une étude réalisée par trois enseignants-chercheurs dont Olivier Gerbaud, professeur d'économie à Kedge BS, école de management présente sur plusieurs campus en France et à l'étranger (Bordeaux, Marseille, Paris, Toulon, Avignon, Bastia.. Shanghai et Suzhou en Chine), ainsi que deux collègues d'UCLA (Université de Californie Los-Angeles), Magalie Delmas et Jinghui Lim, montrent que les vins californiens réalisés sous label bio sont mieux notés par les publications spécialisées américaines.
Cette étude des enseignants-chercheurs qui porte sur les critiques et notes attribuées à 74.000 vins californiens (la Californie représente 90 % de la production viticole américaine) dans les revues Wine Advocate, Wine Enthousiast et Wine Spectator, montre que les experts attribuent de meilleures notes aux vins sous éco-label qu'aux vins conventionnels. Sur une échelle de 100 points, les vins biologiques obtiennent une moyenne de 4,1 points de plus que les autres...
Le professeur également membre du comité éditorial du "Journal of Wine Economics" et comité de rédaction du "Journal of Prediction markets" souligne par ailleurs :
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Oui répondent les auteurs de l'étude. Bien que ceux-ci se soient dans un premier temps uniquement penchés sur les vins californiens, ils affirment qu'une étude en cours portant sur les vins français figurant dans le Guide Gault & Millau (42.626 vins notés tous millésimes confondus, dont plus de 5.700 en bio et 2.619 en biodynamie... ) présente des conclusions préliminaires similaires avec une méthodologie identique.
Toujours selon l'étude, en Californie, si les vins ouvertement vendus sous le label "bio" ne représentent que 1 % des vins étudiés c'est que les deux tiers des producteurs détenteurs d'un éco label ne le font pas figurer sur les bouteilles, car les consommateurs estiment, généralement, ces produits inférieurs aux autres en qualité.
En 2014, Magali Delmas avait d'ailleurs démontré que les consommateurs refusent de payer plus pour des vins éco-responsables. Les vins bio ont longtemps été connus pour s'altérer rapidement, ce qui pourrait en partie expliquer la réticence des consommateurs à payer plus pour ce type de vin...
Reste que si ces perceptions sont des nouvelles "moyennement" bonnes pour les producteurs de bio qui ont du mal à valoriser un mode productif forcément plus coûteux, en limitant, de fait, les prix de vente de ces vins, elles constituent des bonnes nouvelles pour les consommateurs qui bénéficient, à un prix abordable, de vins bien notés... C'est en tout cas ce qu'une étude est en train de démontrer aux USA et en France.
Pascal Rabiller
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