L’industrie alimentaire, qui propose 57.000 postes cette année, peine à recruter

Céline Lanusse

Céline Lanusse
57.018 projets de recrutement de l'industrie agroalimentaire en 2017 en France : c'est le chiffre qui ressort de la dernière Enquête BMO (Besoin en main d'œuvre) de Pôle emploi. Ces postes concernent 50,5 % de saisonniers. 1/3 ne trouveraient pas preneurs ou seraient difficiles à pourvoir par manque d'adéquation entre le profil des candidats et les critères recherchés. Promouvoir la formation professionnelle initiale ou continue devient donc un enjeu essentiel pour cette filière qui crée des emplois depuis 3 ans : 1.953 en 2014, 4.548 en 2015, 4.333 en 2016 (source Acoss).
En France, l'industrie agroalimentaire compte 17.647 entreprises dont 98 % de TPE (77 %) et de PME (21 %), soit 427.0213 emplois pour un chiffre d'affaires 172 Md€ de CA (170 Md€ en 2015), selon les données publiées par l'Ania (Association nationale des industries alimentaires) en début d'année. Mais par manque de ressources et de compétences, certaines ont désormais du mal à honorer leurs carnets de commandes ou sont freinés dans leur développement.
C'est ce qui a amené le réseau des Aria et l'association Ifria France (Institut régional de formation des industries alimentaires) à signer, à l'occasion de leur rencontre annuelle qui se tient jusqu'à ce soir à Bordeaux, une convention en faveur de l'emploi, la formation et l'orientation. Elle s'articule autour de 5 axes : renforcer les échanges pour un meilleur maillage territorial (exemple : référent unique Aria/Ifria pour chaque entreprise de l'agroalimentaire) ; mutualiser des moyens pour une plus grande efficience (organisation des AG au sein d'un unique Congrès annuel de l'industrie agroalimentaire régionale) ; collaborer dans le respect de leurs champs d'intervention respectifs ; porter des projets communs au regard des besoins des entreprises ; enfin œuvrer auprès des parties prenantes de l'emploi, de la formation et de l'orientation.
Ce qui explique ces difficultés de recrutement : des jeunes moins attirés par l'industrie, un secteur de l'agroalimentaire méconnu, les besoins de entreprises qui évoluent et des formations qui ne sont plus totalement adaptées aux besoins, enfin la localisation de ces entreprises souvent installées en milieu rural.
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Quelques initiatives ont déjà été lancées dans la région pour promouvoir l'emploi dans les industries agroalimentaires. A l'occasion de Bordeaux So Good par exemple, l'Ifria et l'Ardia faisaient la promotion des produits Signé Aquitaine et des métiers, des entreprises qui les fabriquent, quizz et animations à l'appui. Objectif : démontrer que l'agroalimentaire propose des métiers identiques et valorisants comme toutes les autres industries, de la production au marketing, en passant par la gestion et la logistique.... Plus récemment, à l'occasion de la Foire internationale de Bordeaux, l'Ania a organisé une matinée job dating autour d'entreprises comme Avril, Caviar Sturia, Cemoi, Fleury Michon, ou Lactalis.
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En Nouvelle-Aquitaine, la filière annoncé 6.012 projets de recrutement pour 2017.
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