Forum Agroalimentaire Innovation : "En bout de course, il n'y a que le consommateur qui décide"

Mila Ta ninga

Mila Ta ninga
"Il faut que notre agriculture s'adapte à ce que souhaite le consommateur aujourd'hui et ce, de plus en plus. Même si les agriculteurs se sont toujours adaptés depuis 1945. C'est sûrement la profession qui s'est le plus remise en cause." C'est l'un des premiers constats de Thierry Blandinières. L'ex-patron du groupe landais Maïsadour et président de Delpeyrat, devenu en 2014 directeur général d'InVivo, principal groupe coopératif agricole français, était le grand témoin du Forum Agroalimentaire Innovation organisé lundi 6 novembre par La Tribune et le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.
Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine et Thierry Blandinières, directeur général du groupe InVivo (crédit agence Appa)
Pour produire autrement, InVivo a mené une expérience sur cinq ans dans 350 fermes françaises pour démontrer qu'il est possible de produire plus et mieux avec de bonnes pratiques. Et le résultat est probant : l'utilisation des intrants a baissé de 17 % et les revenus des agriculteurs ont augmenté de 7 %. "Et tout cela sans nouvelles technologies ! Avec elles, nous allons pouvoir développer l'agriculture de précision. Nous voulons démontrer qu'en les équipant nous allons baisser l'utilisation de intrants de 30 voire 50 % et augmenter le revenu des agriculteurs d'au moins de 15 à 20 %", assure le directeur général d'InVivo qui compte, dans les années à venir, équiper 1.000 fermes avec la pointe de la technologie pour son projet pilote.
Aujourd'hui, la Nouvelle-Aquitaine totalise 207.255 hectares bio soit plus de 5,3 % de la surface agricole utile (selon les chiffres 2016 de l'Agence Bio). Un chiffre multiplié par 11 entre 1995 et 2016. L'objectif de la Région à l'horizon 2020 est de passer à 10 % de la surface agricole utile en bio.
C'est justement l'un des objectifs affichés par Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui a ouvert le Forum :
Le savoir-faire des producteurs néo-aquitains est également mis en avant. Avec 210 produits sous signes de qualité (AOP, IGP, STG...), la Région est leader en la matière. De quoi continuer de développer les produits, notamment grâce aux innovations, mais surtout et avant tout grâce au savoir-faire.
Le Forum Agroalimentaire Innovation a permis à plusieurs structures représentatives de la filière de venir présenter à un hémicycle comble leurs innovations et leurs méthodes. Comme Laurent Pradeilles, invité de la première table ronde de la journée, directeur général de la société Les Raffineurs de fruits, qui a ouvert son usine dans l'optique de vendre des produits de qualité aux consommateurs. Installé à Saint-Viance, près de Brive-la-Gaillarde en Corrèze, cette jeune entreprise fondée il y a deux ans est spécialisée dans la transformation du fruit, sans additifs, sans conservateurs et sans sucre ajoutés. Que ce soit pour les coulis, les compotées ou les Confruipures (alternative à la confiture), les fruits utilisés sont certifiés sans allergène et sans OGM. Depuis cet automne, une nouvelle gamme bio enrichit l'offre.
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Gilles Recour, directeur de l'Agropole et Laurent Pradeilles, directeur de la société Les Raffineurs de fruits, lors de la table ronde animée par Jean-Philippe Déjean, journaliste de La Tribune Bordeaux (crédit Agence Appa)
De son côté Gilles Recour, le directeur de l'Agropole et du CRT Agrotec dans le Lot-et-Garonne, a présenté l'aide technique apportée aux entreprises de la filière fruits et légumes. La technopole travaille sur les problématiques liées à la recherche et la technologie, mais aussi la création et l'implantation en passant par la formation. 133 entreprises sont implantées à ce jour grâce à ce système. L'Agropole propose aux entreprises de développer une ou des idées novatrices et de les aider à les concrétiser jusqu'à l'implantation. Un soutien qui passe par des tests de viabilité, des études de marchés sur les tendances et les analyses afin de trouver des solutions technologiques qui séduisent les consommateurs.
Et il décide dans tous les secteurs de l'agroalimentation, que ce soit les fruits et légumes, les corps gras, la filière lait ou des produits de la mer.
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Au vu des défis futurs au niveau de l'agriculture mondiale, la France et la Région Nouvelle-Aquitaine peuvent sortir leur épingle du jeu en prenant en compte la santé des agriculteurs et celles des consommateurs qui veulent de plus en plus de transparence notamment sur les produits alimentaires.
Mila Ta ninga