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Agroalimentaire - La Tribune Bordeaux

Euralis, champion de l’agriculture néo-aquitaine, va licencier

Photo de Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean

Publié le 11 janvier 2018 à 14:25 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:28

soja - Euralis

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Euralis

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Le groupe coopératif Euralis se prépare à fermer ses usines de Dunkerque et Brive tout en réduisant drastiquement l’activité de sa filiale Rougié, à Sarlat. 313 suppressions de postes sont au programme.


Groupe agricole et agroalimentaire d'envergure internationale, Euralis, à Pau, l'un des leaders du secteur en Nouvelle-Aquitaine, vient d'annoncer la préparation d'un important plan de restructuration. En réaction, les salariés de sa filiale Rougié (marque de foie gras pour les professionnels de la gastronomie), à Sarlat, en Dordogne, ont reconduit ce jeudi matin un nouveau débrayage de l'usine, après celui d'hier. Les autres marques du pôle alimentaire sont Montfort, Jean Stalaven et Qualité traiteur.

Ce plan de restructuration, qui doit être présenté le 19 janvier prochain aux partenaires sociaux, prévoit la fermeture des sites industriels du groupe à Dunkerque et Brive, tandis que Rougié serait reconfiguré et redimensionné pour assurer la production de petites séries à forte valeur ajoutée. Un changement de format qui devrait entraîner, selon les syndicats, la suppression de 95 des 150 postes de travail chez Rougié ! Officiellement Euralis annonce la suppression globale de 313 postes de travail mais aussi la création de 157 postes (soit la suppression nette de 156 postes), sachant que 44 postes supplémentaires seraient ouverts au reclassement en interne.

Conserver une capacité d'investissement

Ce qui se comprend mieux quand on sait que le groupe coopératif veut développer les usines d'Yffiniac (Côtes-d'Armor), où a été déménagé en 2016 l'unité Jean Stalaven de fabrication de jambon, moyennant 7,5 M€ d'investissement. L'autre usine que veut développer Euralis pour son pôle alimentaire c'est celle de Maubourguet (Euralis gastronomie), dans les Hautes-Pyrénées.

Euralis, qui emploie 4.800 salariés pour 1,4 Md€ de chiffre d'affaires lors de l'exercice 2016-2017, paie l'addition des deux crises de grippe aviaire qui ont ravagé les élevages de palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest en 2016 et 2017, en particulier dans les Landes et la Dordogne.

Mais la crise semble à son tour révéler des faiblesses plus anciennes que le groupe, que Christian Pèes, le président, entend corriger. La direction insiste ainsi sur la fragilisation du pôle alimentaire, qui couvre les activités foie gras et traiteur d'Euralis. Ce pôle, qui génère 40 % du chiffre d'affaires du groupe (475 M€) et emploie 2.571 salariés, a, souligne la direction, enregistré 63 M€ de pertes nettes cumulées sur les cinq dernières années et porte une dette de 186 M€, ce qui freine l'investissement et le développement de ses marques.

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Le pôle alimentaire doit innover

"Malgré l'amorce d'une amélioration, grâce à des mesures de réduction des coûts qui se sont traduites par un retour à un résultat d'exploitation positif d'environ 3 millions d'euros en 2017, les activités et l'organisation du pôle alimentaire doivent être transformées en profondeur pour surmonter efficacement les difficultés internes et externes qui le menacent", considèrePierre Couderc, directeur général d'Euralis.

Ce pôle, qui emploie plus de 50 % de l'effectif du groupe, doit impérativement innover pour survivre laisse ainsi entendre la direction. Parce qu'en plus des deux crises aviaires, qui n'ont pu que saper le volume de ses stocks mais sur lesquelles le groupe n'insiste pas, le pôle alimentaire est pris en tenaille entre la pression sur les prix (à la baisse) exercée en particulier par la grande distribution et un contexte économique jugé atone où les consommateurs se montrent "vigilants". La direction estime ainsi que "le développement des canaux digitaux et l'aspiration à plus de naturalité et de transparence rendent indispensable le renforcement de l'innovation et le développement de productions plus agiles". Malgré les contraintes et le plan de rigueur annoncé, le groupe prévoit tout de même 45 M€ d'investissement sur trois ans.

50 % des capacités de production

Concrètement les deux fermetures d'usines sont motivées par une sous-activité chronique et un taux d'utilisation moyen de 50 % des capacités, qui génèrent à leur tour des coûts de revient logistiques disproportionnés.

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Sans compter que l'activité traiteur pour les marques distributeurs est fortement déficitaire, poursuit la direction du groupe, qui fait état de 8 M€ de résultat net négatif sur ce segment de marché en 2017, "ce qui correspond à la quasi-totalité des pertes du pôle alimentaire" observe-t-on chez Euralis. L'activité canard gras (47 % du CA du pôle alimentaire) doit de son côté faire face depuis 2013 à une réduction de ses besoins en équipements industriels, sans compter les épisodes de grippe aviaire.

Jean-Philippe Déjean

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