Agriculture : 15 M€ de manque à gagner en Nouvelle-Aquitaine

Jean-Philippe Déjean

Reunion a bruxelles des ministres de l'agriculture de l'ue
© Stephane Mahe / Reuters

Jean-Philippe Déjean

Reunion a bruxelles des ministres de l'agriculture de l'ue
© Stephane Mahe / Reuters
Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, a présenté ce lundi matin le dispositif néo-aquitain mis en place pour la participation régionale au Salon international de l'agriculture, qui va se tenir à Paris Expo, porte de Versailles, du 24 février au 4 mars, sous le titre générique "L'agriculture une aventure collective". Alain Rousset était notamment en compagnie de Jean-Pierre Raynaud, vice-président du conseil régional en charge de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de la forêt, de la mer et de la montagne.
Le Salon international de l'agriculture c'est aussi la plus grande vitrine de l'agriculture et du monde rural et cette édition 2018 sera l'occasion, pour la deuxième fois, de valoriser l'élevage bovin néo-aquitain, représenté par quatre races : Bazadaise, Blonde d'Aquitaine, Limousine et Parthenaise.
En plus des bovins, le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a également prévu une bonne place pour les ovins, étant donné que la région est, avec Poitou-Charentes, le numéro un national du fromage de chèvre. Important producteur de beurre dans le Sud-Ouest, l'ex-Poitou-Charentes verra également cette production valorisée pendant le salon.
L'espace Nouvelle-Aquitaine au Salon international de l'agriculture, principalement réparti entre les halls 1 (élevage) et 3 (régions), va se déployer sur plus de 1.600 m2. Avec de nombreuses opérations, dont la présentation en alternance au grand public du cognac et de l'armagnac, grâce à la participation du BNIC (Bureau national interprofessionnel du cognac) et du BNIA (Bureau national interprofessionnel de l'armagnac).
Le Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine (CRTA) sera de la partie et trois départements ont décidé de profiter de cette vitrine pour se présenter. Il s'agit de la Corrèze, de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Comme l'a souligné Jean-Pierre Raynaud, la participation au salon coûte toujours aussi cher et le nombre d'exposants néo-aquitains s'inscrit en baisse pour cette édition 2018 avec 74 participants. L'espace loué est identique à 2017 et le budget prévu pour cette opération est de l'ordre du million d'euros. Alain Rousset a expliqué qu'il fallait passer "d'une agriculture de compensation à une agriculture d'innovation".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Il défend ainsi l'idée de l'expérimentation, à partir de mai 2018, de la création d'un "Agro smart campus" (campus agro intelligent) afin de rapprocher le monde de la recherche, notamment incarné par l'INRA (Institut national de la recherche agronomique) de celui de l'enseignement. Dans ce cadre, Alain Rousset préconise la création d'une formation des élèves et des enseignants sur la diffusion des bonnes pratiques, aussi bien pour une meilleure gestion des fermes qu'une sortie des pesticides. C'est ainsi que le président de la région a cité l'expérience faite à Chizay (Deux-Sèvres), d'un "laboratoire à ciel ouvert" qui mobilise notamment 400 agriculteurs et des lycées.
Si le président de la région entend regarder vers l'avant et miser sur l'innovation, il n'en reste pas moins que le monde agricole fait face à de nombreuses difficultés dont l'adoption d'un nouveau zonage européen des régions agricoles défavorisées n'est pas le moindre.
Cette modification réglementaire représente un manque à gagner de 15 M€ pour les agriculteurs néo-aquitains, somme que la Région ne pourra pas compenser, comme l'a souligné le président régional.
L'ICHN, c'est sans doute ce qui fait son charme made in France, est redéfinie avec la netteté tranchante d'une équation. Ainsi l'indemnité est perdue pour tous les troupeaux qui comptent plus de 1,4 bovin par hectare.
À lire également
Cerise sur le gâteau : au lieu de relever comme jusqu'à présent de la solidarité nationale, l'ICHN pourrait désormais ne plus être payée que par les agriculteurs... dont le pouvoir d'achat est en recul constant... Et puis au lieu de rester dédiée au seul élevage, cette indemnité pourrait être également versée aux céréaliers
Jean-Philippe Déjean